Un précédent gravissime

L’incursion de l’armée américaine en territoire syrien limitrophe de l’Irak, de surcroît soldée par la liquidation de neufs ouvriers, constitue un précédent fâcheux et une violation manifeste de la souveraineté des Etats membres de la communauté internationale.
Qui plus est, l’armée n’a pas manqué de confirmer paradoxalement le raid et de souligner qu’il s’agissait là d’un «succès» dans la lutte contre les combattants opérant en Irak.
Sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, l’Administration américaine se permet d’agir unilatéralement et d’entreprendre des actions militaires contraires à la loi qui régit les relations entre les pays membres de l’ONU. Il s’agit tout simplement de l’instauration de la loi de la jungle qui tire sa légitimité de la loi du plus fort.
Par cette action, Washington a voulu adresser plusieurs messages à la fois au régime syrien et le contraindre à s’impliquer davantage dans la gestion du dossier irakien, à couper les ponts avec l’Iran mais également à lâcher du lest dans les éventuelles négociations avec l’Etat hébreu en consentant à faire des concessions sur des questions stratégiques.
Par cette expédition militaire, les Etats-Unis ont voulu faire d’une pierre plusieurs coups mais également lancer un message aux Etats non «rangés» pour les contraindre à changer de stratégie et les pousser notamment à épouser la vision américaine de la reconfiguration de la région.
En adoptant cette nouvelle manière de la gestion des affaires de la région, l’Administration Bush verse dans une politique à gros risques qui menace la sécurité de la planète en offrant aux jusqu’auboutistes de tout bord un prétexte pour mener le monde vers le chaos.
Il appartient à l’organisation onusienne de mettre en œuvre ce qu’il lui reste de crédit pour s’opposer à cette politique, du moins refuser que la loi de la jungle régisse désormais les relations entre les pays membres de l’ONU.

Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com