Clap : Retour aux sources
«Le retour aux sources est une vertu», dit le vieux dicton arabe.
Les JCC de l’actuelle session semblent s’en être soudain souvenues. Elles semblent surtout décidées à l’appliquer. Tant mieux.
Le retour aux sources, en l’occurrence, est d’abord un retour au sérieux. Cinéma et sérieux, ce n’est pas une contradiction, ni même un paradoxe. C’est possible et c’est même nécessaire.
Rappelez-vous les premières JCC, cette chaleureuse et massive présence africaine, cette vitalité intellectuelle arabe, cette émulation créative…
Rappelez-vous encore ces débats passionnés et passionnants ! qui faisaient se lever tôt les cinéphiles et les faisaient se coucher tard, et qui se traduisaient souvent par des uvres de qualité venant, de session en session, ponctuer et enrichir les JCC.
Et puis, il y a eu comme une lassitude, une hésitation, un froid. Alors on ne savait plus s’il fallait venir en smoking ou en jean’s, en cinéphile passionné ou en fêtard blasé. Le strass et les paillettes ou la réflexion et les échanges ? Les Journées des débats ou les soirées d’apparat ?
On ne savait plus vraiment, on hésitait. Résultat des courses : les JCC stagnaient, reculaient, périclitaient.
On saisit pourtant qu’on n’avait pas les moyens d’un festival de Cannes, qu’on ne les aurait peut-être jamais, même pas peut-être ceux du festival de Dubaï ou de Marrakech. On ne boxe pas dans les mêmes catégories, et c’est tant mieux..
Car si nous n’avons pas les moyens, nous avons les idées. Enfin, on les avait, et il suffit peut-être de les reprendre, de revenir aux sources.
Les sources, c’est de réfléchir, de débattre, d’écrire ou de faire écrire , de publier… C’est surtout de faire ce que les autres ne peuvent pas faire. Ils ne le peuvent pas parce qu’ils n’ont pas l’histoire qu’est la nôtre, ni la géographie et cette vocation d’ouverture qui nous caractérisent, ni cette volonté de vouloir faire de la culture un fondement de progrès et un outil de dialogue avec l’autre et d’insertion dans l’universalité.
Retour aux sources, disions-nous ? Oui, on l’a senti avec cette session des JCC. Nous attendons confirmation dans deux ans. Nous ne nous fierons pas alors seulement à notre impression mais mesurerons l’évolution à l’aune des progrès concrets accomplis.
Tiens, par exemple, l’écrit. Combien de livres sur le cinéma arabe ou africain, de brochures, de plaquettes… les responsables des JCC auront à cur de réaliser pour l’automne 2010, afin que cette fête de cinéma redevienne comme l’avait rêvée ses initiateurs : une nourriture pour l’il et l’esprit.
A.M.

