Section ateliers : Avant de délibérer, le silence est grand
Afin d’approfondir un peu plus leur écriture et peaufiner le style de leur travail, les jeunes scénaristes africains et arabes trouvent tout le soutien des organisateurs des JCC 2008. Des ateliers qui se déroulent à huis clos sont à leur disposition afin de leur permettre un fonds de réalisation. Les décisions seront proclamées lors de la soirée de clôture du 1er novembre.
Au 4e étage d’un hôtel de la place, il y a eu hier matin un silence religieux. Sur la porte fermée de la seule salle à notre gauche, on a placardé une affiche géante illustrant le sigle et la date des JCC. Impossible donc de déranger le monde qui discute derrière les murs. Dans le hall, quelques tables peuplent l’espace et trois ou quatre personnes tout au plus, devant leur «ordi», murmurent entre eux.
Deux jours entiers de discussions à propos des projets d’une foule de cinéastes du Sud qui souhaitent avoir une bourse au développement par des organismes internationaux et avoir accès au fonds de développement filmique qui n’est attribué qu’à la crème des crèmes de nos cinéastes en herbe. Les membres du jury réunis sous la houlette de Tarak Ben Chaabane de Tunisie en ont la tâche un peu délicate avant la décision finale. «Ils ont déjà lu les scénarios. Mais on en discute sur tous les plans. Et au terme de ces ateliers, on choisit les meilleurs. Ceux qui se défendent le plus
», nous a lancé au sortir de l’hôtel un cinéphile averti. Et qui connaît comme sa poche le domaine. Au total, dix auteurs ont été auditionnés les 28 et 29 octobre. Dans ce nombre, il y aura six sélectionnés. Ces derniers bénéficieront d’une bourse offerte notamment par ARTE (Prix des Relations internationales), le Centre national de la Cinématographie (CNC), le Göteborg international Film Festival Fund (GIFFF), l’Institut français de Coopération (IFC) / Sud Ecriture, LTC Tunis, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et TV5. Dans cette liste, on n’a pas vu le nom de l’Institut Goethe, une institution très active dans le cinéma. Dommage!
Que racontent les 10 travaux en lice ?
«Dix scénarios qui disent la multiplicité des regards, qui font la richesse du cinéma africain et arabe. 10 scénarios qui nous racontent des histoires de métropoles, de villages, de routes et parfois même de petits chemins. Ces lieux où se nouent de grands et de petits drames, mais là aussi où les visages s’éclairent de bonheur et d’où montent des chants et des rires. Des lieux où bat le pouls de la vie
Dix scénarios qui dépeignent le quotidien d’êtres ordinaires, ancrés dans le présent, mais qui disent les liens et la réconciliation avec le passé (parfois personnel, parfois historique). 10 scénarios où perce, fait assez remarquable, une tendance à penser les dispositifs narratifs, à questionner les formes
10 scénarios qui, nous l’espérons, parviendront à passer cette difficile course d’obstacles qu’est aujourd’hui la production d’un film
», pense à haute voix Tarak Ben Chaabane, responsable de ces projets d’écriture dans la 22e session.
Z. ABID

