Rahmatou Keïta : La plus tunisienne des nigériennes





Elle rêvait  depuis sa prime jeunesse d’une vie de cinéaste et, de surcroît, d’être parmi les cinéastes présents aux JCC. Et voilà que son rêve se réalise, puisqu’au fil des années et de son rayonnement international, Rahmatou Keïta, cette nigérienne de souche, a vu ses vœux exaucés.
Depuis qu’elle a pris part en 2004 à la vingtième session des JCC, cette cinéaste a laissé une bonne impression auprès de ses organisateurs.
Même si elle n’y a jamais remporté de consécrations, elle a toutefois gagné la confiance de tous ceux qui ont suivi son film documentaire « Al’lèèssi.» projeté pour la première fois en version vidéo aux JCC en 2004. Signe de cette confiance, elle est présente parmi nous pour siéger en qualité de membre du jury dans la section des films longs métrages de cette édition. Cette confiance, elle la doit aussi au succès de son film dans les différents festivals du Continent africain et grâce à sa carrière internationale. Sorti en 2004, "Al’lèèssi", ce documentaire a été projeté pour la première fois à la vingtième session des JCC et retrace la carrière des cinéastes nigériens qui sont en fait les véritables pionniers oubliés du cinéma africain. "Al’lèèssi" va se tailler une superbe carrière artistique avant d’être plusieurs fois primé et rencontrer un grand succès dans les plus grands festivals de la planète : sélections officielles aux Festivals de Cannes (2005), de Berlin, lauréat du Sejourner Treeth Award au festival du film de Los Angeles, Vienne, Prix du meilleur documentaire à Gênes, Prix du Public à la Réunion. Ces consécrations ont suffi pour faire connaître assez bien la cinéaste nigérienne sur le Continent noir. Elle a d’ailleurs participé à des compétitions comme le Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO) et le Festival du Film en Afrique du Sud.
Rahmatou Keïta aime à se définir comme "l’essence du Sahel". Peuhl, sonraï, elle aime également, par son nom de famille, se réclamer mandingue.
Journaliste de formation, elle a travaillé à la télévision nigérienne pendant une décennie, de 1989 à 2000.  
Passionnée d’écriture et de cinéma, elle avait commencé parallèlement à son métier de journaliste à écrire et faire des documentaires. Le livre "SDF" (sans domicile fixe) paraît chez Lattes en 93. Elle réalise une série de documentaires intitulée "d’Afrique", puis un court-métrage intitulé "Le nerf de la douleur", dans lequel elle s’intéresse à un médicament contre le paludisme qui a mauvaise réputation, le «quinimax». Installée à Paris, Rahmatou Keïta, outre les JCC, aime visiter la Tunisie et s’y rend le plus souvent en famille pour passer quelques jours de vacances.


Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com