L’Octobre musical : Edua Zadory / Raluca Stirbat : Un duo de charme

Comme précédées d’une sorte de magnétisme, les deux jeunes musiciennes Edua Amarilla Zadory au violon et Raluca Stirbat au piano, ont réuni un grand public sensible à l’ambiance de l’Acropolium. Calme et discipliné.
Les deux jeunes talents qui ont tout de même une appréciable carrière de solistes ont littéralement magnétisé le public.
En première partie, elles ont joué comme un dialogue entre confidentes la sonate pour violon et piano en cet op mineur 30-2 de Beethoven, captant l’attention, tout en concentration. Zadori au violon, blonde dans sa robe violet clair en satin joue avec passion, se pliant au mouvement, elle déploie des gestes tantôt courts tantôt amples, elle plie les genoux, se hisse de côté suivant le mouvement, sa campagne Stirbat pousse les pédales, joue de la tête, le public vole déjà dans les cieux romantiques.
De Beethoven, le duo attaque le Rondo brillant en si mineur de Schubert l’enchanteur. Là, on est en pleine atmosphère céleste, la langue de l’âme immortelle qui respire du violon, du piano, de la gestuelle.
La violoniste est dans la passion, les yeux fermés, les mains accrochées à l’archet dont une des cordes casse, qu’importe ! Les mouvements montent lents, chutent longs, le violon entame la phrase, le piano répond, tout communique dans la solennité. Le silence fait le reste. Le public devine sans difficulté qu’il y a des paroles derrière, «Schubert est le maître incontesté du lied (chant populaire d’amour)».
Après ce Rondo Brillant, brillamment exécuté, les deux artistes se penchent sur une sélection de chants sans paroles de Mendelsson-Bartholdy, on est encore dans un répertoire allemand romantique, cinq mouvements émotifs, joués avec aisance et entrain, Edua Zadory au violon est encore dans les nues de sa passion, elle vit dans sa bulle, dans sa musique. On frémit tant elle fait communiquer les phrases et les mouvements. Et pause.
Après ces chants sans paroles de Mendelsson, le duo change de registre et invite le compositeur norvégien Edvard Grieg (1843-1907), dont il interprète la sonate pour violon et piano en ut mineur op.45 un morceau mélodique, volontairement poétique, lent, illustratif. Les quelques 400 spectateurs sont manifestement séduits, ils applaudissent à tout rompre. Zadory et Stirbat, sur son insistance, reviennent bisser avec un extrait d’une suite de Christian Sinding. Rideau!

Hamma Hannachi




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com