Contemp Arabic Jazz Ensemble : Tous complices !
Ils sont arrivés en troupe qui de Suisse (la plupart), qui de France, pour rencontrer de nouveau la Tunisienne Samiha Ben Saïd au qanûn (cythare) à l’Acropolium de Carthage.
Le groupe s’est constitué il y a plus de 10 ans et s’appelle Contemp Arabic Jazz Ensemble, suisse et travaillant sur la musique arabe.
Leur réunion semble d’apparence éclatée, hétéroclite, il a la percussion (darbouka), une basse, un saxophone, une flûte (naï) et une guitare classique que maîtrise Stephan Athanase, le chef du groupe et évidemment Samiha Ben Saïd, tunisienne qui habite El Jem et enseigne la musique à Sfax.
Il y avait eu ce dimanche comme une ambiance de soirée (parmi les meilleures) du Festival de la Médina, une atmosphère nimbée de malouf, avec la voix de Ben Saïd qui fend l’air ; les instruments se relayaient en solo long, le naï qui déchire l’air laisse place au saxo qui cède le pas à la guitare et la voix qui s’élève au ciel reprenant les standards du malouf avec entrain.
Le public, une bonne partie du public, avait soif d’écouter Farid El Atrach, annoncé.
C’était du Férid recomposé, revu, rejoué à travers les instruments de Jazz, les musiciens jouaient juste, dialoguant les uns avec les autres, le public accroche, plongé dans l’atmosphère nostalgique des années Farid El Atrech.
Il faut désormais distinguer dans ces expériences de mélange de musique, celles qui sont franchement un fatras de sons de différents instruments et celles qui sont mûries par l’exercice, qui donnent sa place à chaque instrument d’une façon juste et adaptée. Le standard des musiques arabes et de jazz exécuté par le Contemp Arabic Jazz Ensemble est fait sans doute de cette deuxième catégorie. Pour preuve, les innombrables invitations qu’ils reçoivent de partout dans le monde.
H. HANNACHI

