Exposition : La calligraphie à l’honneur





Bien plus qu'une représentation de la réalité, la calligraphie de Khaled Feki, qu’on pourrait visiter au Centre culturel de la ville de Tunis, permet de communier intimement avec l'univers en s'imprégnant de son harmonie. Son art se définit comme le fruit d’un entrecroisement entre le passé et le présent, entre tradition et modernité.
«Lignes, lettres et expressions» est le titre de l’exposition de Khaled Feki qui se tient actuellement au centre culturel de la ville de Tunis. Universitaire enseignant l’art de la calligraphie, entre autres, à l’Institut supérieur des Beaux-Arts de Tunis, Feki exprime ici sa volonté de s’éloigner de la tradition calligraphique pour se lancer dans une recherche esthétique où la calligraphie et la peinture ne font qu’un. Il épure son trait, tend vers une grande simplicité de la ligne et introduit la couleur et le mouvement à son œuvre qui gagne en légèreté. Dans «Lignes, lettres et expressions», on accompagne l’artiste dans un surprenant voyage à travers un espace où les lettres s’enchevêtrent, s’entrelacent, se mêlent et s’entremêlent en mouvement ‘’tout en cadences’’. «Le chuchotement des lettres», leur «musicalité», la «profondeur» qu’inspirent les lettres arabes interpellent l’artiste calligraphe qui en use pour créer des titres de tableaux. Toutefois l’artiste ne rompt pas entièrement avec la tradition de la calligraphie. Il garde l’esprit noble des lettres Koufi, Diwani, et Naskhi tout en échappant aux techniques classiques de leur représentation. Autre caractéristique de la calligraphie que Khaled Feki transgresse : l’emplacement des lettres qui échappe à toute logique codifiée.
L’artiste travaille également sur le rapport entre le plein et le vide, le concret et l’abstrait, pour donner des particularités à son œuvre qui s’inscrit véritablement dans l’art contemporain. C’est peut être bien une nouvelle manière d’imaginer l’art calligraphique en dehors des moules traditionnels. Un art qui conçoit la tradition comme clé de la modernité, nous procurant un réel plaisir à le contempler. Et c’est l’essentiel.


Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com