Projection de dernière minute: Goha, cinquante ans après…

Mercredi dernier, on a fermé les portes du CinémAfricArt à 21 heures pile après avoir affiché complet à l’entrée de la salle.
Et tant pis pour les retardataires, y compris les journalistes et autres cameramen, restés dehors et qui ont raté la projection de Goha, un film tourné dans un pays fraîchement indépendant.
Avant de proposer «Goha» aux amoureux de cinéma, cinquante ans après son tournage, deux courts métrages ont été projetés. Le premier baptisé «Visite» de Hassen Daldoul qui ne durera que 12 minutes et le second, «Prologue pour un film sans vedettes» de seulement neuf minutes et qui a rendu hommage à l’auteur de Goha, Jacques Baratier.
Pour cet événement greffé à la dernière minute au programme des JCC 2008, et qui n’a pas eu la chance d’être annoncé à temps, les cinéphiles ont quand même répondu à l’invitation et sans aucune hésitation. Car pour eux c’est une occasion de voir un film d’un autre temps. Un temps où les dinosaures du cinéma arabe et africain barbotaient encore dans leur océan d’essais. Dans cette «fable», faite de poésie et d’humour, les Omar Sharif et Claudia Cardinale et autres figures emblématiques qui continuent à briller sur le grand écran, n’en étaient qu’au début de leur carrière. Mais ils ont démontré leur talent dès les premières séquences. Dans leur manière de jouer, il y avait déjà de la maturité et beaucoup d’entrain. Goha est un film universel qui décrit l’amour spontané, la douleur de la séparation et le bonheur des retrouvailles. Ainsi que son époque de par son scénario fluide et aimant. Un film qui a joué aussi le beau rôle en participant à l’écriture de l’histoire, pas seulement du cinéma, mais aussi de l’histoire du monde qui s’est dégagée via les ombres et les lumières du texte et de l’image. Nous ne pouvons que remercier les organisateurs qui se sont rattrapés pour proposer ce petit coup de cœur en dernière minute et le présenter aux nouvelles générations.
«Goha» est un des premiers films cultes tournés en Tunisie par le réalisateur Jacques Baratier. Sa nouvelle version arabe, qui  lui a donné une autre épaisseur, poussera sans aucun doute les passionnés du cinéma à réfléchir. 
On regrette tout de même de ne pas voir le premier bricoleur du film dans la salle. Il a été impossible au réalisateur Jacques Baratier, âgé aujourd’hui de 90 ans d’art et de talent, de se déplacer jusqu’à son pays d’accueil. «Sa santé fragile ne le lui a pas permis», raconte t-on dans les couloirs des JCC.

 Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com