«A cinq minutes de chez moi» de Nahed Awwad (Palestine) : Le poids de la nostalgie

La réalisatrice Nahed Awwad semble habitée par le traitement documentaire de ses sujets, elle a beaucoup travaillé sur des sujets concernant la Palestine.
«A cinq minutes de chez moi» est une chronique douce-amère, plutôt amère que douce qui raconte l’histoire d’un aéroport, celui de Jérusalem, situé à quelques kilomètres de Ramallah et occupé depuis 1967 par l’armée israélienne. Les personnages âgés, qui ont connu et fréquenté l’aéroport relatent les beaux jours de leurs voyages, il fut un temps où un avion de la Middle East Airlines partait 2 fois par semaine chercher des livres au Caire, le beau temps où la culture circulait sans freins. Un ancien voyagiste raconte son passé, les réservations qui pleuvent, les voyages fréquents, des images fixes montrent des avions en miniature, il est plein de nostalgie. Ah ! les temps heureux! Une femme téléphone à sa sœur résidant à quelques enjambées de chez elle et qui a besoin d’une autorisation pour se déplacer (un important check point bloque la route). Une vieille bourgeoise, ayant connu les beaux jours du trafic à l’aéroport commente des photos délavées des années 50 et 60. Des images défilent dans la lenteur, comme pour arrêter le temps. Awwad s’attarde sur ses personnages, se complaît à les écouter pour remonter la pendule d’un temps à jamais révolu. Nostalgique, la caméra se fixe longuement sur les visages, accompagne en douceur les faits et gestes des personnages. En dépit de ce tempo, le spectateur accroche et malgré la douleur (douce) des personnages plonge dans un passé où les Palestiniens pouvaient voyager où et quand bon leur semblait.

Hamma HANACHI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com