Les livres des Journées : Ahmed Baha Eddine Attia : Ma vie est un film
Vient de paraître dans les éditions Rives Productions un livre précieux de format moyen qui raconte «Ahmed Baha Eddine Attia : une vie comme au cinéma». Hamid Miduni, l’auteur, a le mérite de rassembler tout ce qui a un lien avec le courage et la passion de cet homme qui vient de quitter le monde, en 2007, et tout son cinéma.
Au total : on compte dans les 168 pages scellées dans une belle jaquette reproduisant le portrait de «Hmaied» (comme on aime le nommer dans son proche milieu) griffonné en noir et blanc et signé par l’artiste Chadly Belkhamsa. Des pages qui passent en revue la vie de l’homme ou plutôt une belle tranche de l’histoire du cinéma en Tunisie. 168 pages réparties en neuf chapitres généreusement illustrés de photos souvenirs, peuplés de témoignages et grandement rythmés de grands moments.
L’auteur, Hamid Miduni, a suivi la trace de cette personnalité entreprenante et déroutante depuis qu’il était dans le giron de ses parents, tout petit, entouré de ses frères et surs. Ensuite sur sa trace au collège. Puis sur la trace de ce footballeur dans les rues de Sousse sa ville natale et ses clubs de sport. Jusque là, Hmaied était presque comme tout le monde. C’est-à-dire, il vivait dans l’anonymat avant de faire une escale de deux ans à l’ESS. Mais à partir des années du lycée Alaoui et un peu avant, avec la mort de son père et la prise en main des choses familiales par sa mère, une grande dame digne mais conservatrice, ce fut le grand réveil. Après un bac littéraire qui lui a valu le Prix présidentiel, c’est une autre sorte de fuite en avant qui s’est profilée dans son horizon. L’homme s’est vu tenir tête à sa maman et glisser dans un autre virage. Et c’est le tournant de sa vie qui sera par la suite constellée de ses idées. Mais derrière les projecteurs, Hmaied était ce faiseur d’idées. Pas dans les Lettres ou le Droit à Paris comme souhaité par son entourage. Mais dans son monde préféré, le ciné qui l’a mené tout d’abord à Rome, ensuite ailleurs. Avec dans ses valises, un bon bagage pour intégrer le cinéma tunisien avec une foule de ses camarades. Le nom de Baha Eddine Attia figure partout. Il n’y a pas un établissement qui ne soit pas tatoué du souvenirs sur son passage. Pas un livre sur le cinéma qui ne parle pas de lui. Pas d’interview sur le domaine sans évoquer son nom, son courage, ses compagnons de route et surtout ses réalisations légendaires. Dans ce livre très touchant et attachant de l’homme, Hamid Miduni a forcé le trait de Hmaied, l’agitateur d’idées, Hmaied comme un acteur sur le plateau de tournage. La tête haute, en bon orateur, fervent communicateur, il s’est moqué, sa vie durant, royalement des obstacles et n’a jamais reconnu les barrières qu’on lui imposait à l’époque et a refusé les monologues et la langue de bois avec un rare courage. Un livre qui se lit d’un seul trait. Et qu’on relit tendrement, savourant séquence après séquence ce long métrage
Le livre sorti à l’occasion des JCC 2008 est un autre hommage vibrant à l’homme aux mille et un symboles.
Chez nos libraires. Prix : 15DT.
Z. ABID

