Patronat: La crise pourrait générer de nouvelles opportunités de développement





La crise financière actuelle touchera, certes,  la croissance économique en Tunisie, mais elle pourrait être aussi une source de nouvelles opportunités, selon les patrons tunisiens.

Tunis – Le Quotidien
L’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA) a tenu, hier à Tunis, la réunion périodique de son conseil national portant, cette fois, sur la situation économique actuelle face au contexte international difficile, marqué notamment par la crise financière internationale.
Cette réunion a été une occasion pour les membres du conseil afin de présenter les éventuels impacts de cette crise sur les différents secteurs d’activité en Tunisie, et aussi de débattre quant aux solutions susceptibles d’aider l’économie nationale à dépasser la conjoncture difficile avec moins de dégâts.
Ils ont affirmé, ainsi, que la crise touchera relativement à tous les secteurs d’activité, et en particulier ceux des industries mécaniques, électriques et électroniques, le tourisme, le textile, ainsi que les exportations tunisiennes essentiellement vers le marché européen.
Les membres du conseil national de l’UTICA ont observé que certains secteurs liés à l’export, le textile et les  composants automobiles principalement, ont même commencé à enregistrer une baisse des activités due à la régression de la demande à l’échelle internationale.
Certains membres ont précisé que la crise financière actuelle et les perturbations enregistrées au niveau des taux de change risquent de toucher la compétitivité de l’entreprise tunisienne et du produit tunisien destiné à l’export et aussi au marché local.
Dans ce contexte, Mme Monia Jeguirim, présidente du CJD, a expliqué que l’impact de la crise sur l’économie tunisienne pourrait être minime, «mais on ne peut pas non plus le nier». «Il faut qu’on se penche sérieusement sur cette question car c’est notre compétitivité qui est menacée», a-t-elle avancé.
Elle a recommandé de mettre en place un plan d’action pour la remise à niveau de l’économie tunisienne pour parvenir à dépasser les conséquences de cette crise actuelle.
D’autres membres du conseil, à l’instar de M. Hichem Elloumi, président de la fédération nationale de la mécanique, ont remarqué que l’impact de cette crise sur l’économie nationale sera global et touchera, variablement,  aux différents secteurs d’activité, mais cela n’empêche qu’elle pourrait, aussi, être à l’origine de nouvelles opportunités pour les investisseurs tunisiens.
M. Elloumi pense, dans ce contexte, qu’il existe aujourd’hui une réelle occasion pour promouvoir davantage le site Tunisie, d’autant qu’il présente encore plusieurs avantages pour les investissements étrangers, mais à condition d’améliorer davantage le climat d’affaires.
* Un pacte social pour que 2009 soit une année sans grèves
Au cours de son intervention, M. Hédi Djilani, président de l’UTICA, a insisté sur l’importance du débat national dans la conjoncture actuelle, et ce pour trouver les solutions nécessaires. Il a noté que cette même conjoncture oblige toutes les parties à multiplier et à unifier leurs efforts afin de dépasser la crise actuelle dont les répercussions commenceront à apparaître réellement à partir de l’année prochaine.   
«L’impact de la crise sur la Tunisie serait, certes, minime, mais il serait bien là», a observé M. Djilani qui a appelé, à cette occasion, tous les hommes d’affaires tunisiens à être plus courageux et à défendre, au moins, les acquis de l’économie tunisienne au cours de l’année 2009, qui serait très difficile.
M. Djilani a rappelé l’engagement de la centrale patronale et la mobilisation de tous ses membres pour préserver les acquis de la Tunisie, notamment en matière de compétitivité de l’entreprise tunisienne. Il a proposé, à ce sujet, de signer un pacte social avec la centrale ouvrière, pour que l’année 2009 soit une année de paix sociale sans grèves ni manifestations ouvrières, et ce renforcer le climat d’optimisme, notamment auprès des investisseurs étrangers.
Il a appelé, dans ce même cadre, les représentants de l’UGTT à faire preuve de responsabilité et de conscience des défis économiques au cours de l’année prochaine, et à faire avancer les négociations sociales en tenant compte des perspectives difficiles pour les entreprises tunisiennes au cours des prochaines années.
Le président de l’UTICA a remarqué, par ailleurs, que la conjoncture économique difficile pourrait ouvrir de nouveaux horizons de développement pour les entreprises tunisiennes, d’autant que plusieurs investisseurs étrangers seront poussés par les difficultés enregistrés sur les marchés traditionnels à investir dans le Sud de la Méditerranée.
«Les opportunités de réussite existent et sont bien là, a-t-il expliqué, mais pour en profiter on doit être unis et assumer nos responsabilités chacun dans son poste».  


Mohamed ZGHAL




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com