J.C.C. 2008: Quand les souvenirs se fanent

Quel souvenir peut-on garder des Journées Cinématographiques de Carthage? Presque rien. Peut-être un bout de billet, le livret du programme sinon on risque de rentrer les mains vides en l’absence d’une activité parallèle, surtout promotionnelle et commerciale, qui aurait dû accompagner cette manifestation culturelle.
Le commerce suit-il la culture en Tunisie ? Absolument non. Car nos commerçants et même la direction des Journées Cinématographiques de Carthage n’ont pas trouvé le bon filon pour créer un vrai dynamisme commercial autour de cette manifestation. Installer un stand de vente des affiches ou des copies des affiches des précédentes éditions, des photographies dédicacées par les stars… cela aurait pu donner plus de tonus à cette manifestation. On aurait dû penser à publier des catalogues spéciaux retraçant l’histoire de cette fête du cinéma avec des témoignages et des photos des artistes qui ont été de passage dans les JCC et les mettre en vente, au bonheur des collectionneurs, des étudiants en cinéma, des cinéphiles… bref, du grand public qui cherche à garder des souvenirs matériels de cette importante manifestation. Ali Badoui, photographe professionnel, a choisi de lancer son stand personnel sur une petite table à l’entrée de l’hôtel Africa où résident de nombreux invités des JCC. Des photos de la cérémonie d’ouverture, des portraits des artistes immortalisant les moments forts de cette manifestation sont à découvrir. Les artistes passent devant cette mini- exposition, s’arrêtent, contemplent les photos, glissent des commentaires amusants puis continuent leur chemin. «Déjà une journée avant la clôture, je ne vous cache pas que je n’ai pas fait de gains. Trois artistes uniquement m’ont fait la commande de leurs photos», nous précise ce photographe qui suit le festival depuis treize éditions et qui espère organiser une exposition avec le soutien, bien sûr, du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine. Et si ce photographe a essayé de faire bouger les choses à sa façon, la direction des librairies Clairefontaine a réfléchi à marquer sa présence durant les JCC en lançant un stand, juste à côté du centre de presse et organisant en parallèle des séances de dédicace. «Nous avons lancé un programme qui suit presque les grands axes de la programmation des JCC. Nous sommes partis du principe que les cinéphiles, avant de partir voir un film ou de retour après avoir assisté à une projection, ont des besoins spécifiques. Comme on cherche un café, on cherche à garder un souvenir. Ici, on peut acheter le livre et puis assister à la séance de dédicace pour découvrir l’auteur de près et avoir un autographe ou prendre avec lui une photo», explique Mme Gamoudi, chargée de la communication des librairies Clairefontaine. Des livres d’art, d’autres retraçant l’histoire du cinéma tunisien ou présentant quelques figures du cinéma mondial, des romans tunisiens, des CD de Ismail Lo… sont bien exposés dans ce stand. «On a des titres épuisés surtout les livres sur le cinéma. Le livre le plus vendu durant les JCC 2008 est «Ce que le jour doit à la nuit», un roman de Yasmina Khadra. Nous avons organisé diverses séances de présentation et de dédicace en présence de l’auteur qui est le président du jury et c’était vrai réussi», souligne Mme Gamoudi, débattant avec une jeune lectrice de « L’erreur est humaine » de Woody Allen. Un dernier exemplaire sollicité que nombreux jeunes rêvent d’acquérir. Sur ces notes littéraires, on clôt notre tournée avec l’espoir de voir dans les prochaines manifestations culturelles, des commerçants et des directeurs intelligents qui savent comment accompagner le commercial avec le culturel.

Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com