«10 courts-métrages… 10 regards»: Ils sont déjà là, les jeunes prodiges du cinéma !

Parce qu’ils ne doivent rien à personne, les jeunes réalisateurs innovent. Ils sont les jeunes prodiges du cinéma. Ils sont les créateurs de demain qui feront la pluie et le beau temps du grand écran. Ils nous donnent de l’art, du vrai et c’est surtout sans fard.
Une belle idée est celle de ramener un groupe de jeunes étudiants du cinéma et de leur donner les moyens de se distinguer, rien que par leur talent. Rien que par leur mérite. Car, cette fois il est question d’un privé Ibrahim Letaief et son compagnon de route Riadh Thabet qui a donné l’année dernière à Cannes, la première session de la manifestation. Il s’agit, en fait, d’une véritable pépinière de l’art qui se conçoit dans un esprit d’équipe, faisant fi de toute complaisance. Chose qui devient monnaie courante dans nos murs. Les jeunes en question ont quasiment 24 ans et ont travaillé dans le cadre de deux ateliers, l’un concerne le scénario et l’autre le découpage. Cela permet à qui le souhaite bien, de découvrir des jeunes cinéastes qui promettent un avenir meilleur pour notre cinéma, intellectuellement asphyxié.
Comment va alors notre jeune cinéma des jeunes ? A priori, il se porte bien. Car parmi les dix projets projetés, dans la salle archicomble du Théâtre municipal, vendredi 31, on a pu retenir quelques noms qui nous ont procuré du bonheur de par la sincérité de leurs œuvres, conçues tout en finesse, en profondeur et en intensité.
A commencer par l’œuvre de Emna Bouyahia «Rite» où se produit Mohamed Ali Ben Jomâa. Le  court-métrage s’attaque aux phobies qui guettent notre société et qui, poussées à l’extrême, rendent la vie impossible à celui qui en est atteint, comme c’est le cas du protagoniste de l’histoire. Dans le même esprit, «Cinésiesta» de Alia Nakhli est une œuvre hilarante qui fait la satire de notre société malade de son temps. Elle nous montre la situation actuelle des salles de cinéma, devenues un lieu de rencontres sociales d’une masse bigarrée jamais cinéphile.
Sensations et frissons avérés, c’est ce que garantit le court-métrage de Sawssen Saya, «Fée/mal» qui se met au vitriol d’une société superficielle qui ne peut surpasser ses complexes liés à la détermination du mâle et de la femelle. «Maman est une étoile» le  court-métrage de Marwan Trabelsi est, à la fois touchant et émouvant. Il nous parle de la souffrance d’un père qui a du mal à expliquer la mort à son fils qui vient de perdre sa maman. Pas mal aussi la trouvaille du scénario dans « Lazhar » de Bahri Ben Yahmed. Lazhar est un jeune homme à qui on a volé des basquets qui lui ont coûté des mois de travail. Des courses poursuites haletantes aux trousses du voleur lui ont valu d’hypothéquer des baskets qui ne sont pas les siens ! Des voleurs qui courent aux voleurs : c’est ce qu’illustre le  court-métrage de Tarak Ibrahim, «A moins un» qui traite de l’escroquerie. Un polar trempé à la sauce tunisienne. Il faut saluer aussi «Zarbout» de Anis Ben Younès, «Le saut de l’ange» de Tarak Khalladi et «Envol» de Insaf Arafa.  Car, il est un élément à signaler : dans cette collection, une denrée rare par ailleurs, on travaille sur un support vidéo, qui avec peu de moyens permet de donner libre cours à l’imagination… de ceux qui en ont, évidemment.

Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com