Propos dominicaux: Les beaux gestes de Bhar et Lahouar





Par Kamel ZAIEM

On a évoqué il y a quelques jours le cas Anis Zitouni, un gardien de but parmi les meilleurs mais qui risque de compromettre sa carrière à cause de son indiscipline et sa volonté de ne briller que par ses écarts de conduite.
Deux jours après, la réponse n’a pas tardé du côté de Hammam-Lif.
M. Mongi Bhar, le président du CSHL a insisté pour faire comparaître son joueur devant le conseil de discipline, lequel a convoqué Zitouni et annoncé son verdict : deux matches de suspension et deux mille dinars d’amende. L’essentiel, c’est que la réaction a eu lieu et même si la sanction paraît assez clémente, elle demeure acceptable. Zitouni est bien suspendu et les deux matches ne sont pas assortis de … sursis. Le montant de l’amende a été révélé et tout s’est fait dans la transparence. Du côté du CSHL, on a surtout cherché à imposer la discipline et M. Mongi Bhar, préoccupé par les résultats en dents de scie de son équipe et de la nécessité de disposer de tous ses atouts, dont Zitouni notamment, n’a pas cédé aux solutions de facilité. Dieu sait à quel point compte l’absence d’un titulaire, surtout un gardien de but, mais le problème se trouve ailleurs. Si, aujourd’hui, on permet à Zitouni de semer la zizanie et de manquer de respect à ses coéquipiers, ses dirigeants et ses supporters, que va-t-on faire lorsque d’autres cas d’indiscipline se présentent et touchent directement la notoriété du club? Le président hammam-lifois s’est même déclaré prêt à faire jouer son quatrième gardien de but plutôt que de fermer les yeux devant l’acte de Zitouni. Il a agi en véritable président, responsable et éducateur à la fois. Il n’aura pas à le regretter car en agissant de la sorte, il a fait comprendre aux autres joueurs que tout acte d’indiscipline sera sérieusement réprimé et que le fair-play sur le terrain fait partie du jeu.
Autre geste significatif, celui de M. Hédi Lahouar, président de l’ES Hammam-Sousse. On se rappelle tous que ce club a rétrogradé en Ligue 2, il y a deux saisons, suite au match nul concédé au S.T. sur le terrain de Béni Khalled. Ce jour-là, l’égalisation stadiste aux dernières secondes du match a condamné l’ESHS à la relégation et c’est le CAB qui en a pleinement profité. Depuis, les supporters sahéliens n’ont pas oublié ce coup de pouce stadiste aux bizertins. Dimanche dernier, le S.T. rendait visite à l’ESHS à Hammam-Sousse. Plusieurs supporters locaux, plus rancuniers que d’autres, ont voulu réserver aux Stadistes un accueil qui leur rappelle leur … “trahison” à Beni Khalled. Ils ont même incité quelques joueurs et proches du club à maltraiter les hôtes aussi bien sur le terrain que dans les vestiaires. M. Hedi Lahouar, le président de l’ESHS, a eu vent de ce qui se préparait dans les coulisses et il a tenu à couper le chemin devant ceux qui voulaient imposer une revanche qui n’a rien à voir avec le sport et ses principes. Ainsi, il a tenu à contacter la délégation stadiste et à l’entourer de toute son attention, avant, durant et après le match.
Les dirigeants stadistes ont été très touchés par ce geste et cette attention qui contraste avec l’ambiance morose tout autour. Dès le coup de sifflet final, une petite réception a eu lieu et la “réconciliation” a été en quelque sorte imposée par M. Lahouar.
Ces deux exemples qui viennent de présidents de clubs de second plan  qui se trouvent souvent affrontés aux exigences financières et de résultats, traduisent la volonté de servir le sport et de préserver l’esprit fair-play.
Bhar et Lahouar n’ont rien d’exceptionnel par rapport à leurs collègues de la ligue 1 qui, il faut le dire, font de leur mieux pour ne pas décevoir. Mais quand il faut frapper fort et imposer une ligne de conduite, on ne peut plus reculer ni avoir peur d’agir. Les dirigeants du Club Africain ont tremblé au moment de sanctionner Dhaouadi à cause du derby et de l’éventuelle réaction des supporters. A cause de cette légèreté, ils ont manqué une belle occasion pour adresser aux autres joueurs un message clair et avertissant. C’est que, pour bien agir et servir le sport et l’esprit de jeu, il ne suffit pas d’être président d’un grand club. Ça passe avant tout par la mentalité et la conviction que les valeurs du sport valent beaucoup plus que les résultats immédiats.
Pourtant, ce qu’a fait un Bhar ou un Lahouar ne relève pas de l’exceptionnel, mais il faut, tout simplement, oser le faire.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com