Obama-Téhéran: Les hostilités sont lancées





Le président du Parlement iranien, Ali Larijani, a critiqué hier les déclarations du président élu des Etats-Unis Barack Obama qui a affirmé que la fabrication d'armes nucléaires par Téhéran était "inacceptable".

Le Quotidien-Agences
Interrogé sur les déclarations de Obama sur le programme nucléaire controversé de l'Iran,  Larijani, cité par l'agence officielle Irna, a déclaré : "Cela signifie poursuivre le même chemin erroné que par le passé.
"Si les Etats-Unis veulent changer leur situation dans la région, ils doivent envoyer les bons signaux", a-t-il ajouté.
"Obama comprend que le changement ne signifie pas changer seulement de couleur et apporter des changements superficiels, le changement doit avoir une base stratégique", a ajouté Larijani.
Ces critiques sont formulées alors que Téhéran avait réagi sur un ton plutôt positif jusque-là à la victoire du candidat démocrate noir à la présidentielle américaine mardi.
Deux journaux conservateurs ont également critiqué la nouvelle équipe de Obama.
Le quotidien conservateur Kayhan a titré: "les hommes d'Obama sont partisans d'Israël". Il affirme que Rahm Emanuel, choisi par Obama pour être secrétaire général de la Maison-Blanche est le fils d'un ancien dirigeant "de l'organisation terroriste sioniste Irgoun".
Pour sa part, le quotidien conservateur Jomhouri Eslami titre: "Feu vert d'Obama au régime sioniste".
Lors de sa première conférence de presse depuis son élection, Obama a déclaré à Chicago que "la fabrication par l'Iran d'armes nucléaires est inacceptable. Nous devons organiser un effort international pour empêcher que cela puisse se produire".
Selon l'agence Irna, Larijani a également ajouté qu'en raison de l'existence de multiples centres de décision aux Etats-Unis, le pays ne changerait pas facilement de politique.
Larijani a ajouté que les dirigeants iraniens ont choisi de poursuivre le programme nucléaire "après avoir calculé" les risques et sachant qu'il y aura "des pressions".
"Mais cela était nécessaire pour l'avenir de l'Iran", a-t-il ajouté, signifiant une nouvelle fois que l'Iran n'est pas prêt à suspendre son programme nucléaire et en particulier l'enrichissement d'uranium, malgré une série de résolution du Conseil de sécurité imposant des sanctions.
Les Etats-Unis et les pays occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir fabriquer l'arme atomique sous couvert de nucléaire civil. Ce que Téhéran a toujours démenti.
Lors de sa conférence de presse, Obama a également demandé à l'Iran de "cesser" son soutien aux "organisations terroristes".
Obama avait proposé au début de sa campagne électorale d'engager un dialogue sans conditions préalables avec l'Iran. George W. Bush a toujours soumis un tel dialogue au respect par Téhéran des injonctions du Conseil de sécurité.
Obama a depuis durci sa position. Il estimait en septembre que "la menace posée par le programme nucléaire iranien est grave", et jugeait qu'il était "temps désormais pour les Américains de se rassembler sur le fait que de fortes sanctions sont nécessaires pour accroître la pression sur le régime iranien".
Il avait notamment évoqué des sanctions sur les importations d'essence par l'Iran, qui achète une bonne partie de ses besoins en essence de l'étranger.
Jeudi, dans un geste sans précédent, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, avait félicité Obama pour son élection, tout en lui demandant un changement radical de la politique des Etats-Unis.
"On attend en principe que vous répondiez rapidement et clairement aux demandes de changement fondamental et approprié de la politique américaine intérieure et étrangère", avait-il écrit.
Obama a affirmé prudemment avant-hier qu'il allait répondre à cette lettre de "façon appropriée".
Téhéran et Washington n'ont plus de relations diplomatiques depuis près de 30 ans et s'opposent sur une série de contentieux.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com