Oussama Ben Laden … mensonges et vérité





C’est la dernière enquête-choc sur Ben Laden, prénom Oussama. Ian Hamel, un journaliste d’investigation franco-suisse particulièrement averti décortique les données de cette «Enigme Oussama Ben Laden».
Il ne s’est pas contenté de quelques entretiens menés dans ses territoires habituels, Genève et Paris. Il a pris son «bâton de pèlerin», il s’est embarqué depuis plusieurs années dans une longue odyssée. Khartoum, Douchanbé au Tadjikistan, Sanaa au Yemen. L’Arabie Saoudite et le Pakistan. Le Liban, la Suisse, la France.
Il voulait savoir si Ben Laden existe vraiment ou s’il est une fabrication de toutes pièces. Est-il ce qu’il paraît, colle-t-il à son portrait de diable surgissant de sa boîte brossé par les Services de renseignement américains, et après eux tous les médias du monde ?
Ou bien est-il un pantin entre les mains des Services américains et saoudiens, agité pour… terroriser l’opinion mondiale, et justifier certaines actions sans rapport avec lui ? Comme la guerre contre Saddam Hussein en Irak, dont il est aujourd’hui certain que le Président n’avait rien à voir avec Ben Laden. Est-il le «Deus ex machina» d’une puissance sans borne, ou un petit chef de guerre local ?
Sur ce point, Ian Hamel répond de façon plutôt formelle. S’il vit toujours, ce qui n’est pas sûr, Ben Laden n’a jamais disposé, aujourd’hui moins qu’hier, d’aucun moyen réel, d’aucune arme sophistiquée dépassant le niveau de la kalachnikov qu’il aime tant brandir.
Et en dehors de ses évidentes capacités de propagande intelligente, surtout pas d’arme de destruction massive. Tout juste de la mort aux rats ! Son groupe est rustique, limité, sans envergure. Au mieux bloqué dans les zones tribales du Pakistan, à la frontière de l’Afghanistan, paralysé. En tout cas à l’opposé de sa silhouette fantomatique étendue sur le monde.


Terroriste planétaire ou fanfaron ?
Nombre d’experts ont écrit sur Ben Laden, sans sortir de leur bureau. Sans aller vraiment au fond des choses, comment peut-on aujourd’hui porter un regard sur Ben Laden ? Il est possible de tracer à main levée son portrait simplifié et en creux par quelques questions, qui risquent de rester longtemps sans réponse faute d’obtenir des aveux circonstanciés de l’individu.
Est-il bien le leader du «terrorisme international», ce concept élaboré par l’administration Bush pour justifier les immenses efforts pour le neutraliser ? Est-il un chef de guerre charismatique qui s’inscrirait dans la lignée des maîtres secrets qui des Esséniens aux Soufis émergent parfois de l’Orient compliqué ?
Ou un fanfaron ? Un modeste personnage qui a fini par croire à la réputation qu’on lui a fabriqué ? L’image de ce « terroriste planétaire» a été forgée par les services spéciaux américains, comme le croient à juste raison de nombreux musulmans ? Un épouvantail agité de façon récurrente pour permettre à des généraux de justifier les énormes budgets militaires nécessités par la guerre en Irak et en Afghanistan ?
Ben Laden et Al-Qaïda ne seraient que des affiches, des « franchises » en quelque sorte, utilisées par les gouvernements les plus réactionnaires du Proche-Orient pour dévaloriser, pour mater, pour détruire leurs oppositions.


La tribu familiale
Tout concourt à démontrer que le personnage, et l’organisation Al-Qaïda sur laquelle il est censé s’appuyer ne sont que des outils de propagande. Une propagande que l’on est bien obligé de prendre au sérieux, compte-tenu des méfaits commis sous cette bannière de l’Islam radical.
En quelque sorte une construction publicitaire, dont la véritable capacité de nuisance est sans doute fort éloignée du faisceau de circonstances qui lui a permis avec ses hommes de réussir presque par hasard un des coups terroristes les plus stupéfiants de l’histoire.
Le propos central de Hamel part d’un constat : la monarchie saoudienne a été horrifiée par les incidents survenus pendant le pèlerinage de la Mecque le 20 novembre 1979. Des centaines de personnes sont prises en otage à la grande mosquée Al-Masjid al Haram par un groupes de cinq cents fondamentalistes qui se sont introduits clandestinement dans les lieux.
Dans l’organisation de ce coup de force et dans son dénouement la famille Ben Laden, considérée comme proche de la famille royale, joue un rôle peu clair. Cette tribu familiale apparaît pour la première fois dans l’histoire pour ne plus quitter l’avant-scène pendant trente ans.
Pour redorer l’image des Saoudiens comme protecteurs du monde musulman, le prince Turki, chef des services de renseignements saoudiens décide d’aller prêter main forte aux Afghans en lutte contre les Soviétiques.
Faute d’obtenir le soutien d’un prince royal, il demande aux Ben Laden d’assumer cette tâche. C’est ainsi qu’Oussama se trouve engagé auprès des Afghani. Avec l’appui logistique massif des Américains, les troupes de Moscou sont contraintes de se retirer. Selon le récit de Ian Hamel, Ben Laden aurait alors conclu que cette victoire lui était totalement due.
La complexité de l’itinéraire impose l’idée que ce grand gosse de Ben Laden ne serait rien en lui-même, il n’existerait que dans le regard de ceux à qui il est utile. En bref, il n’y aurait pas de Ben Laden, seul son pantin virtuel aurait une forme de réalité.
Nous voici totalement à l’opposé du mythe agité par l’administration Bush pour justifier la « guerre au terrorisme ». Une guerre qui multiplie à l’infini les ennemis des Etats-Unis : ce sera au nouveau président américain de percer cet abcès, sans doute sans victoire militaire possible.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com