Billet : El Teatro,l’école de l’art et de la vie

Les vacances se terminent aujourd’hui. On a eu le temps de réfléchir à une question primordiale : Que peuvent faire les jeunes quand les écoles ferment leurs portes durant les congés scolaires ? Vers quelle destination peut-on les orienter ? Où peuvent-ils mélanger les couleurs s’ils sont doués pour les formes et les variations chromatiques ? Où peuvent-ils aller s’ils sont tentés par la boiserie, la menuiserie ou autres travaux manuels ? Vers où peut-on tourner la tête si l’on veut faire de la vocalise ? Malheureusement, dans le Tunis des mille et un cafés, les jeunes ne trouvent rien à faire aujourd’hui pour rendre utile et bénéfique les heures et les journées creuses. Les stages accélérés qui leur permettraient de se découvrir une passion ou un don n’existent pas. C’est le désert ou presque.
El Teatro est le seul point d’où jaillit encore de la lumière… et de l’espoir. Car Taoufik Jebali a trouvé le bon filon, proposant aux passionnés du 4e art des cycles de formation. Des ateliers de théâtre et de danse sont organisés dans le cadre d’un programme bien ficelé pour les jeunes, les adolescents, les adultes, sous la direction des artistes professionnels comme Malek Sebai, Sondess Belhassen, Khaoula El Hadef, Houssem Zoghbani etc. Dans cet espace, on apprend à travailler et à réfléchir en groupe, à chercher et à créer, loin des sentiers battus. On apprend à connaître l’autre, à l’écouter et à communiquer avec lui. On est là à la recherche de l’être afin de se retrouver soi-même.
A El Teatro, outre cette passion artistique qu’on nourrit et ce don qu’on affûte sous la direction d’un grand maître comme Taoufik Jebali, on apprend la vie.
La mission suprême de l’art ne consiste-t-elle pas, comme disait Friedrich Nietzche dans «Ainsi parlait Zarathoustra», à libérer nos regards des terreurs obsédantes de la nuit, à nous guérir des douleurs convulsives que nous causent nos actes volontaires ? Dans cet espace artistique, les jeunes apprennent à s’exprimer loin des préjugés, des idées consumées et consommées, à exprimer la vraie vie.
Pourquoi ne réfléchit-on pas à lancer des sessions de formation accélérée dans une discipline artistique ou des ateliers de boiserie ou de menuiserie dans chaque quartier durant les vacances - comme il est le cas dans plusieurs pays européens ? Cela aiderait nos jeunes à se retrouver et à se découvrir sans être dans l’obligation de tuer le temps dans un café ou de s’enfermer des heures ou même des journées entières devant leurs ordinateurs ?
A méditer…!

Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com