Le charme «indiscret» du derby E.S.T.- 2C.A.- 2: Un moindre mal, un moindre bien

Encore une fois, le derby a été, à défaut de beau jeu, intense, disputé et riche en rebondissements au grand plaisir des amateurs de sensations fortes.
Dans l’histoire des derbies, rares sont les fois où les événements se succèdent aussi rapidement. Le CA qui a su tirer profit des hésitations des défenseurs sang et or et de l’absence de couverture adéquate a frappé vite et bien. (2 à 0) après seulement dix-huit minutes de jeu. Les Clubistes étaient aux anges mais très vite, ils sont revenus sur terre car l’EST a remis les pendules à l’heure en quatre minutes. Eneramo sur penalty et Darragi de la tête ont  répondu au Togolais Tchala. Une première mi-temps à couper le souffle malgré le football approximatif développé par moments. C’est que les nerfs des joueurs étaient à fleur de peau, sans dépassement, heureusement. Au CA, la tactique basée sur le pressing au milieu et des ouvertures vers Dhaouadi, Messaâdi ou Tchala a bien réussi au début, mais deux fautes du jeune Ifa (que Ben Chikha va qualifier d’impardonnables) ont été fatales. L’avance de deux buts s’est vite évaporée. L’ascendant clubiste à l’entrejeu s’est poursuivi en seconde mi-temps, mais la réussite a fait défaut car des insuffisances techniques n’ont pas aidé l’équipe à reprendre l’avantage. On avait même l’impression que les Rouge et Blanc tenaient à ne pas perdre tout en cherchant le coup de grâce à chaque attaque. Ben Chikha a usé de toutes ses cartes en incorporant Maâmeri, Bouchaâla et Hadhria vainement. Il était écrit quelque part que le CA ne devait pas faire mieux que le nul.
Entrejeu, mon doux souci
A l’Espérance, le problème de l’entrejeu s’est posé de nouveau. Avant-hier avec le seul Hammi, la récupération et la couverture ne pouvaient réussir. Souissi et Teyeb étaient portés vers l’attaque et l’axe central de la défense, assez lourd, et peu inspiré, a connu beaucoup de situations critiques. Quant à Darragi, il continue à alterner le bon et le moins bon. Il ne restait plus que Eneramo. Janvier et Bienvenu pour créer le danger et les balles arrêtées mais aussi et surtout cette force de caractère qui a permis à l’équipe de revenir vite au score et ce, en quelques minutes. Pourquoi demandait-on à Cabral n’a-t-il pas reconduit les jeunes Chammari et Ben Ouannès pour faire confiance à Badra et à Bekri (ce dernier manquait terriblement de compétition).
Le Brésilien a donné la priorité au métier et à l’expérience aux dépens de la jeunesse et du talent, devait-il rétorquer. Quand on voit le rendement des Badra et Bekri on pourrait discuter son choix mais quand on sait que le jeune Clubiste Ifa a commis deux erreurs fatales à son club on pourrait lui donner raison. Comme quoi le football reste un sport tellement complexe qu’il est souvent très difficile d’en maîtriser tous les paramètres. Et Ben Chikha, le coach du CA, l’a bien souligné lors de son point de presse: «c’est ça le foot, c’est ça la magie du derby». Nous y reviendrons.

Jamel BELHASSEN

Leurs impressions

Abdelhak Ben Chikha: «Notre équipe n’est pas parfaite»

«Ce fut un vrai derby, intense, spectaculaire et riche en buts et en rebondissements. Les gens n’ont sûrement pas regretté leur déplacement. Au CA, on voulait réussir un bon match, on a mené par deux à zéro, mais suite à deux fautes impardonnables sur balles arrêtées on s’est faits rattraper au score. La stratégie mise en place prenait en considération le profil de l’EST. En football, il y a toujours des erreurs, on a cherché à «sortir» l’axe central adverse de sa zone pour mieux le contourner comme ce fut le cas sur l’action du premier but.
L’Espérance, elle, a fait le match qu’il fallait.
A (2 à 2), le partage fut à mon avis équitable, même si on avait l’occasion de tuer le match à (2 à 0). Il faut s’y faire, ce sont les aléas. On n’est pas parfaits.? C’est la magie du derby. Le jeune Ifa a commis deux erreurs fatales mais il ne faut pas le condamner car il représente l’avenir du club».

Cabral: «Mauvaise synchronisation»

«J’ai vu un derby plein d’émotions. Mon équipe n’a pas été bonne surtout en première période. Elle a semblé perdue à l’entrejeu, sans repères et sans ressorts. L’application était approximative et les consignes étaient comme oubliées. Il y a eu une réaction salutaire grâce à la force mentale du groupe pour égaliser à (2 à 2), mais les lignes n’étaient pas toujours bien serrées et la synchronisation presque absente.
Finalement, le résultat était juste, malgré tout, car nous aussi on avait l’occasion de l’emporter à un certain moment de la deuxième mi-temps. Je suis convaincu que j’ai fait les meilleurs choix possibles  et je ne compose pas mon onze rentrant pour plaire au public. Pour s’améliorer, il faut seulement continuer à travailler».

J.B.

Un homme dans le match: Jérôme Laperrière

Dirigé par un trio arbitral suisse mené par Jérôme Laperrière, le derby de la capitale a connu aussi certaines erreurs arbitrales comme on en voit presque tous les week-ends chez nous. Mais si Laperrière a fait preuve de beaucoup de calme et d’autorité, il a commis quand même deux erreurs criardes. Une première fois, il a omis de siffler une faute de Ifa sur Bienvenu, qui aurait été synonyme de second avertissement et d’expulsion (il était en position de dernier défenseur) puis il  n’a pas décrété le penalty pour faute de Zied Derbali sur Bouchaâla en pleine surface de réparation en fin de match. Une décision qui a provoqué l’ire de la galerie clubiste. Comme quoi l’arbitrage parfait n’est pas de ce monde.

J.B.




Articles Similaires:




Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com