Myriam Makeba n’est plus : Adieu Mama Africa !
La voix légendaire du continent africain, Myriam Makeba, s’est éteinte dans la nuit de dimanche à lundi, près de Naples, suite à une attaque cardiaque
En quittant la scène, après un concert de soutien à l’écrivain italien Roberto Saviano, auteur d’un best-seller sur la Camorra, Mama Africa s’est effondrée.
Symbole de l’Afrique et de la lutte anti-apartheid Myriam Makeba est une vraie légende de la planète musique et de l’Afrique. Une vraie artiste qui a mis tout son art et son talent de grande artiste engagée, au service de la lutte pour la liberté et la justice en Afrique et principalement dans sa terre natale l’Afrique du Sud. Née à Johannesburg, le 4 mars 1932, d’une mère Swazi et d’un père Xhosa, Myriam Makeba s’est fait vite remarquer lors d’une tournée aux Etats-Unis d’Amérique en 1959 avec le célèbre groupe sud-africain «Manhattan Brothers». Une année plus tard, en voulant retourner pour assister à l’enterrement de sa mère, l’Etat sud-africain la déchut de sa nationalité. Plus d’une trentaine d’années en exil entre la Guinée et les Etats-Unis d’Amérique, Myriam Makeba n’a pas pu oublier sa culture d’origine, ses racines
De retour dans les années 1990, suite à la libération de Nelson Mandela, et juste six ans après, elle a donné le jour à son disque «Homeland» où elle chante sa terre natale et sa joie d’y revenir. Première artiste noire à avoir le Grammy Award et à connaître un succès international, Myriam Makeba a su rester durant plus de quatre décennies au sommet de la gloire grâce à des tubes qui ont cartonné et où elle est devenue non seulement la voix de son peuple mais celle des opprimés dans le monde entier. «Ma vie, ma carrière, chaque titre que je chante et chaque concert sont liés au destin de mon peuple», écrit-elle dans son autobiographie intitulée «Makeba, My Story», paru en 1988.
Peignant avec sa voix l’image de l’Afrique et de son peuple, dénonçant le système de ségrégation raciale qui dominait dans son pays natal, Myriam Makeba a su assumer son rôle de combattante. Figure familière en Tunisie, la diva a été pour la première fois en Tunisie en 1969 où elle a donné deux concerts très réussis à Carthage et à Hammamet. En 1978, elle a choisi de faire un retour en Tunisie pour se produire à Tabarka. Le succès a été encore une fois au rendez-vous et des liens intimes entre cette voix sud-africaine et la Tunisie se sont tissés. Une année plus tard, elle est revenue pour deux concerts à Sfax et Carthage.
Apôtre d’une Afrique libre et indépendante, Mama Africa - comme on la surnommait - a été distinguée à plusieurs reprises dans le monde entier pour son engagement et pour son art. D’ailleurs, le Président Zine El Abidine Ben Ali a décoré l’artiste sud-africaine Myriam Makeba, le 5 avril 1995, promue au grade de Commandeur de l’Ordre du Mérite culturel, en hommage à sa contribution à la promotion de l’art africain et à son combat pour l’émancipation de son peuple. Artiste militante, Myriam Makeba a annoncé son désir de se retirer, entamant en 2005 une tournée d’adieu, qui l’a conduite encore une fois à Tunis où elle a donné en 2006, son dernier concert d’amour et de reconnaissance à un peuple qui l’a tant aimée et soutenue. L’été 2006 restera certainement gravé dans la mémoire des fans de cette diva comme d’ailleurs les paroles de ses chansons qui résonneront toujours là où on continue de lutter pour le bien et le mieux-être.
Adieu Mama Africa !
Imen ABDERRAHMANI

