Lait: Les producteurs réclament un nouvel ajustement des prix
En dépit de quatre majorations des prix du lait au cours des dix-huit derniers mois, les centrales laitières ont cumulé des déficits d’un montant global de près de 18 millions de dinars en 2007. Elles réclament, aujourd’hui, un nouvel ajustement des prix pour pouvoir renouer avec les bénéfices et préserver ainsi l’autosuffisance en ce produit de base.
Tunis-Le Quotidien
La production nationale de lait a atteint un milliard de litres en 2007. Ce volume record a permis à la Tunisie d’atteindre l’autosuffisance en ce produit de première nécessité et de dégager des excédents de plusieurs dizaines de millions de litres. Pourtant, la majorité des intervenants dans le secteur ne semblent plus trouver leur compte. Et pour cause : la hausse des coûts de production (alimentation du bétail, prix des génisses, main-d’uvre, transport
) a laminé les marges bénéficiaires des éleveurs, centres de collectes et centrales laitières. «Les quatre ajustements des prix décidés au cours des dix-huit derniers mois qui ont fait augmenter le prix du lait de l’ordre de 170 millimes par litre n’ont fait que couvrir les charges des agriculteurs et des centres de collecte. Les centrales laitières continuent cependant à vendre du lait avec des pertes de 100 millimes par litre», précise M. Habib Jedidi, président de la Chambre nationale des producteurs du lait affiliée à l’UTICA.
Quatre centrales laitières menacées de faillite
Selon M. Jedidi, quatre centrales laitières sur les six existantes sont aujourd’hui menacées de faillite. Ces quatre centrales ont cumulé des déficits d’un montant global de près de 18 millions de dinars en 2007. Les deux autres centrales ont réussi au cours de la même année à réaliser des bénéfices de l’ordre de 0,6 million de dinars.
Le responsable syndical met également en garde contre une possible baisse record de la production laitière consécutive à de très probables dépôts de bilan touchant certaines centrales laitières, estimant qu’un nouvel ajustement des prix du lait est aujourd’hui une «nécessité impérieuse».
A défaut d’une augmentation imminente des prix, la chambre syndicale des producteurs du lait plaide pour la compression des coûts à travers le recours à un emballage moins cher mais ayant une capacité de conservation de 15 jours seulement. Cette solution, selon M. Jedidi, ferait gagner aux centrales laitières quelque cent millions de dinars par an et permettrait de revenir à un prix public de vente à 700 millimes le litre contre 900 millimes actuellement.
Le secteur de la production du lait en Tunisie compte quelque160 mille producteurs, 260 centres de collecte et des 6 centrales laitières.
W.K.

