Santé: La Tunisie, nouvelle destination à l’assistance à la procréation





Des Allemands et des Français, particulièrement, sont intéressés par la fécondation in vitro en Tunisie pour des raisons économiques, car dans leurs pays respectifs les prises en charge pour de telles opérations sont limitées.

Tunis-Le Quotidien
La Tunisie est en passe de devenir une nouvelle destination à l’assistance à la procréation, et ce, pour diverses raisons. Notre pays a pu au fil des ans acquérir une expérience notable en matière d’assistance à la procréation. En effet, le premier bébé-éprouvette tunisien est né il y a plus de deux décennies. C’était en 1982 que la première expérience a eu lieu à Tunis. Depuis cette date, les techniques ont évolué et la science a accompli des avancées notables. Sur le plan scientifique, la Tunisie, de par ses nombreux professeurs et spécialistes, reste en bonne position pour gagner la confiance des candidats désireux profiter du savoir-faire tunisien.
Sur un autre plan, la Tunisie constitue une destination de patients arabes et européens pour des raisons évoquées ci-dessus, mais également pour des affinités culturelles, pour les uns, et pour des raisons économiques, pour les autres. Les patients européens sont intéressés par le savoir-faire tunisien pour des raisons à la fois économiques et techniques. Les assurés occidentaux, notamment en France et en Allemagne, sont pris en charge dans leurs pays pour les opérations d’assistance à la procréation uniquement durant un certain nombre de fois à l’issue desquelles ils sont tenus de régler la facture. Pour des raisons de coûts, ils optent donc pour la Tunisie. Hassen Chelli, pharmacien et biologiste, spécialiste dans le domaine de l’assistance à la procréation, affirme au cours d’un entretien avec notre journal que la question de la fertilité touche près de 15 % de la population mondiale et presque autant en Tunisie.


Trois méthodes
Selon les statistiques indiquées, l’infertilité touche 30% des hommes, 35% des femmes. Les problèmes de stérilité sont constitués par une absence totale de fécondation pour une raison ou une autre. «C’est dans ces cas qu’intervient le processus d’assistance à la procréation. Nous ne faisons qu’aider la nature en réalisant les conditions favorables à la fécondation», affirme M. Chelli ajoutant : «l’assistance à la procréation se fait selon trois méthodes, à savoir l’insémination avec les spermes du conjoint, la ponction ovocytaire fécondable in vitro et la ponction ovocytaire en vue d’une fécondation in vitro avec micro-injection de spermatozoïdes». Le taux de réussite est de l’ordre de 15 à 20% selon les indications et le traitement adéquat, et ce, d’après les statistiques internationales. En Tunisie, beaucoup de chiffres sont avancés mais il est évident que nous ne disposons pas de statistiques fiables sur la question. Peu d’études sont réalisées à ce sujet.
En prenant en considération toutes ces données, il est temps que la Tunisie renforce le potentiel de biologistes de la reproduction qui sont pour le moment formés à l’étranger. «Le secteur des biologistes de la reproduction, encadré par le professeur Ali Saad, chef du service du laboratoire de reproduction de cytogénétique de l’hôpital Farhat Hached, fournit des efforts notables pour valoriser la profession», affirme notre interlocuteur qui croit fermement que la nouvelle génération de biologistes tunisiens est en mesure de confirmer son savoir-faire et de réaliser des performances comparables à celles réalisées dans des pays précurseurs dans ce domaine.


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com