LA REVUE HEBDOMADAIRE DES MARCHES au 14/11/2008: BVMT : activité mitigée dans un marché toujours vendeur…





Tahar El Almi
International : En attendant…
du concret du G20..
Tunis : la stabilité financière est confirmée


Activité : Européens et Américains attendent des "résultats" du sommet du G20 des pays industrialisés et émergents organisé samedi à Washington. Mais on assiste ces derniers jours à une poussée de réalisme des deux côtés de l'Atlantique : la grande réforme du système financier et monétaire ne se fera pas en un jour : «Les divergences de fond sont nombreuses et le débat sur les responsabilités de chacun dans la crise pourrait polluer les échanges» estiment les observateurs. Les pays émergents ne seront pas en reste : «ils réclament d'avoir enfin leur mot à dire dans la supervision financière internationale».
Fondamentalement, «les Etats-Unis seront amenés à faire le dos rond sur les responsabilités de la crise» estiment les analystes. Avant le sommet, l'administration Bush a refusé que les Etats-Unis soient pointés du doigt comme les seuls responsables. De l’aveu du secrétaire au Trésor Henry Paulson «pendant des années, des déséquilibres mondiaux persistants et croissants ont alimenté un accroissement spectaculaire des flux de capitaux, des taux d'intérêts bas, une prise de risque excessive et une recherche mondiale d'un retour sur investissement».
Les Etats-Unis, au départ réticents quant à la nécessité d’une telle rencontre sur la crise, souhaitent désormais qu'un "plan d'action" soit adopté à Washington.
Le président américain George W. Bush, qui restera donc aux commandes jusqu’au 20 janvier, a déclaré jeudi que «le sommet à venir du G20 visait à jeter les bases de réformes du système financier», cependant qu’il reste opposé à toute remise en cause fondamentale du système capitaliste : «Nous devons reconnaître que l'intervention gouvernementale n'est pas un remède universel». Mais il suffit de se convaincre que les vraies décisions sur la réforme du système financier devraient attendre l'administration Obama qui pourrait participer à un nouveau sommet début février. Son équipe sera attendue sur la question d'un plus grand multilatéralisme que ses promesses de campagne laissent espérer.
En Europe, Nicolas Sarkozy n'avait pas hésité à suggérer la responsabilité américaine dans l’émergence de la crise. Le président français a, une nouvelle fois, adopté un ton offensif pour défendre l’idée d'une refonte complète du système financier international actuel, né au sortir de la Seconde guerre mondiale. Pour le Président de l’Union Européenne, «le Fonds monétaire international (FMI) doit jouer un rôle central dans la nouvelle architecture mondiale alors que Washington n'accepte qu'un renforcement de la capacité du FMI à prévenir les crises et avertir de possibles déséquilibres».
Les pays émergents, dont notamment les plus grands d’entre eux qui continuent à tirer la croissance mondiale, l’exigence c’est qu’ils soient associés à part entière à la conduite des affaires économiques de la planète. Le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, ne veulent plus être marginalisés lors des grandes rencontres et leur influence se fait sentir avec l'annonce par Pékin d'un plan de relance record de 586 milliards de dollars qui a dopé lundi toutes les Bourses mondiales. Plus qu’un ballon d’oxygène, c’est un message en direction des grands pays argentiers occidentaux.
Activité : La Bourse de New York était en baisse vendredi matin, alors que des indicateurs préoccupants sapaient l'enthousiasme qui lui avait permis la veille d'enregistrer l'une de ses meilleures séances depuis longtemps: le Dow Jones cédait 1,74% et le Nasdaq 2,90%…
Les ventes de détail ont chuté de 2,8% aux Etats-Unis en octobre, selon les données publiées ce vendredi par le Département du Commerce.
Les économistes tablaient également sur un net recul, mais d'une moindre ampleur. Le consensus tablait sur une baisse de 2,2%.
En excluant le secteur de l'automobile, les ventes au détail ont dégringolé de 2,2%, les ventes dans le secteur automobile ayant dévissé de 5,5% en octobre.
Hors automobile et essence, les ventes de détail ont accusé une baisse de 0,5%. Sur un an, les ventes de détail dans leur ensemble reculent au final de 4,1%.
Les Bourses européennes préservent pour le moment leurs gains, après les déclarations faites par Ben Bernanke lors d'une réunion en Allemagne aux côtés de Jean Claude Trichet.
Le Président de la Reserve Federale américaine a expliqué que «les banques centrales pourraient continuer à agir de manière concertée sur les marchés du crédit, ce qui au passage laisse la porte ouverte à de nouvelles baisses de taux».
Taux et Devises : Devises : L'Euro perd du terrain ce vendredi après l'annonce d'une entrée en récession de la Zone euro au troisième trimestre.
A 1,28 dollar en début de séance, la devise européenne a depuis chuté pour s'établir à 1,2672 dollar, en repli de 0,83%, après avoir touché un point bas de 1,2615 en séance.
L'euro est également en berne face à la devise japonaise, s'échangeant à 122,86 yens, soit un recul de 1,8% en cette veille de week-end.
Pour la première fois de son histoire, la Zone euro est ainsi entrée en récession au 3e trimestre 2008, avec un repli de 0,2% de son PIB, après une baisse équivalente au deuxième trimestre 2008.
Rare exception à ce sombre tableau, la France affiche une maigre hausse de son PIB de 0,1%, selon les données préliminaires publiées par l'Insee. L'Allemagne, l'Italie et l'Espagne sont par contre techniquement en récession, avec deux trimestres consécutifs de baisse.
Les cambistes devraient suivre avec une attention particulière la réunion du G20 ce week-end à Washington, dont l'objectif est de lancer une réforme du système financier international.…
Inflation : Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, a appelé mercredi à de nouvelles baisses de taux d'intérêt dans les pays développés, où la croissance s'annonce presque partout "nulle ou négative" et plaidé en faveur d'allègements fiscaux "ciblés" pour soutenir l'activité.
«L'inflation ralentit maintenant rapidement, grâce au recul des prix des matières premières. Alors que les attentes en matière d'inflation sont solidement ancrées et qu'un ralentissement économique substantiel devrait se développer, il reste une latitude pour de nouvelles baisses de taux», a-t-il déclaré lors d'une conférence à Bruxelles.
En Europe en particulier, "les taux d'intérêt peuvent encore baisser", a-t-il ajouté.
La BCE a annoncé la semaine dernière une baisse d'un demi-point de son taux directeur, la deuxième en un mois, et n'a pas exclu de devoir prochainement poursuivre sur cette voie. La Banque d'Angleterre a diminué le sien le même jour d'un point et demi.
Ce mouvement n'est pas limité à l'Europe. Partout dans le monde, les banques centrales rendent le loyer de l'argent meilleur marché pour faire face au très net ralentissement économique provoqué par la crise financière, en particulier aux Etats-Unis, au Japon ou en Chine.
Dans la première économie mondiale, la Réserve fédérale américaine (Fed) a baissé fin octobre son taux directeur de 0,5 point, le ramenant à son plus bas historique de 1,0%.
Pour le secrétaire général de l'OCDE, "alors que les Etats-Unis et de nombreux pays européens connaissent déjà des ralentissements sévères", presque tous les pays développés dans le monde "vont connaître une croissance nulle ou négative en 2009".
L'OCDE doit à ce sujet publier jeudi de nouvelles prévisions conjoncturelles pour le monde développé.
"Des politiques macroéconomiques bien pensées peuvent aider à réduire les effets du ralentissement économique", a-t-il estimé, soulignant que, outre les baisses de taux, certains gouvernements peuvent aussi prendre des mesures de relance fiscales "ciblées".
Pétrole : Les prix du pétrole ont rebondi jeudi à New York, après être tombés à des niveaux plus vus depuis près de deux ans, soutenus par l'annonce d'une réunion d'urgence de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) en réaction à la chute des cours. Le marché reste en effet focalisé sur la détérioration de l'économie mondiale, qui se traduit par un ralentissement de la demande, voir une chute dans les pays riches
Dans son rapport mensuel, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a abaissé sa prévision de consommation mondiale de pétrole: pour 2008 elle ne prévoit plus qu'une infime croissance de la demande, de 100.000 barils par jour (mbj) seulement, suivie en 2009 d'une toute petite hausse, de 400.000 bj. Aux Etats-Unis, le département américain à l'Energie a révélé jeudi une baisse de 6,6% de la consommation de produits pétroliers, sur un an.
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a confirmé vendredi la tenue d'une réunion extraordinaire de ses ministres le 29 novembre au Caire, selon un porte-parole au siège du cartel à Vienne. "Nous confirmons la réunion du Caire", a indiqué ce porte-parole. Le cartel va examiner la réponse à apporter à la poursuite de l'effondrement des cours du brut, malgré la décision lors de la réunion du 24 octobre à Vienne de réduire la production de 1,5 millions de barils par jour.
A Tunis : Le diagnostic de la BCT est que «l’évolution de la conjoncture nationale marquée par la poursuite du rythme de l’activité dans la plupart des secteurs, comme le reflète la progression des échanges extérieurs, avec l’accroissement des exportations et des importations dans les secteurs productifs hors énergie de 21,7% et 21,6%, respectivement, au cours des deux premières décades d’octobre 2008».
La BCT avait adopté plusieurs mesures immédiates sur le plan financier, dont notamment : le recours aux marchés financiers internationaux en 2008 et 2009 et l’orientation des placements des devises de la BCT vers les outils d’investissements les plus sûrs, à savoir les bons du trésor en euro ou encore en dollar issus des principaux pays industrialisés ayant une notation financière “AAA”.


A la BVMT : au 14/11/2008.
On retiendra de la semaine, trois séances de hausse contre deux de baisse.
Globalement, les comportements éclectiques et irrationnels des opérateurs, continuent de tasser les cours boursiers au plus bas.
Le marché reste crispé et très fortement baissier. Les rallyes baissiers semblent se tasser. Les effets de la crise financière internationale qui avait amplifié psychologiquement les délestages de portefeuille, semblent se réduire, pour céder la place à des belles prises de position sur les panneaux jugés les plus performants qui offrent le meilleur rapport rendement/risque spécifique.


INDICES SECTORIELS au 14/11/2008.
Au cours des 25 dernières séances de bourse, la volatilité s’est tassée relativement. Le Tunindex reste sous-tendu per des forces de vente fortes, très sensibles à la liquidité des agents.


La configuration de semaine au 14/11/2008, suggère une légère phase de repli dans la zone basse du couloir à 50 jours de bourse, avec des petits rebonds et de petites reprises baissières qui semblent tirer les cours en deçà de la ligne à 3100 points, pour se positionner dans la zone basse de son couloir à 2900-3450 points.


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N.B. Les informations et analyses diffusées par «LE QUOTIDIEN – PERSPECO» ne constituent qu'une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité du «QUOTIDIEN – PERSPECO» ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l'utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les DIAGNOSTICS DIFFERENTIELS DES TITRES sont téléchargeables sur le site:www.perspeco.com
http://www.perspeco.com/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=20&Itemid=36


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Au niveau des cours, la semaine a révélé un certain nombre de panneaux à surveiller, au 31/10/2008 (diagnostic: Aïda Chérif).


* ATB : conserver/accumuler/achat sur repli/


Le diagnostic différentiel suggère :
* une nette amélioration, des fondamentaux de la société ATB, depuis 2005 qui semble soutenir le comportement des investisseurs,
* le repli récent des cours de ATB est sous-tendu par des forces de vente de type «prises de bénéfices», que les corrections de hausse semblent pouvoir réduire ; 
* cette tendance est d’autant plus remarquable que le titre jouit d’une bonne visibilité et des perspectives à moyen terme, prometteuses.


* ATL : Achat/accumuler/


* BNA : conserver/accumuler
Le diagnostic différentiel suggère :
* une amélioration toute relative, des fondamentaux de la société BNA, depuis 2005 qui ne semble pas soutenir le comportement des investisseurs, qui auraient tendance depuis le mois d’aout, à délaisser le titre BNA au profit d’autres panneaux jugés plus porteurs ;
* la tendance baissière des cours de BNA est sous-tendue par des forces de vente de type «prises de bénéfices», que les corrections de hausse ne semblent pas pouvoir réduire ; 
* le titre reste dans une zone de surachat et ce positionnement est d’autant plus remarquable que le titre jouit d’une visibilité et des perspectives à moyen terme, moyennes.


* MNP: conserver/accumuler/achat sur repli/
Le diagnostic différentiel suggère :
* une amélioration remarquable, continue, des fondamentaux de la société MONOPRIX, et qui semble soutenir considérablement sur le comportement des investisseurs,
* le repli des cours de MONOPRIX est sous-tendu par des forces de vente de type «prises de bénéfices», que les corrections de hausse semblent réduire; 
* cette tendance est d’autant plus vigoureuse que le titre jouit d’une très bonne visibilité et des perspectives à moyen terme, remarquables.


* SOKNA: conserver/accumuler/achat sur repli/


Le diagnostic différentiel suggère :
* une amélioration remarquable, continue, des fondamentaux de la société ESSOUKNA, et qui semble soutenir considérablement le comportement des opérateurs,
* le repli des cours de ESSOUKNA est sous-tendu par des forces de vente de type «prises de bénéfices», que les corrections de hausse semblent réduire; 
* cette tendance est d’autant plus vigoureuse que le titre jouit d’une très bonne visibilité et des perspectives à moyen terme, remarquables.


* TAIR: Achat/accumuler/conserver/
Le diagnostic différentiel indique :


* une amélioration remarquable et continue des fondamentaux de la société TUNISAIR, qui semble soutenir amplement l’intérêt des opérateurs,


* le rebond des cours de TUNISAIR est sous-tendu par des forces d’achat de type «achat sur repli/accumulation», que les corrections de baisse ne semblent pas pouvoir réduire ; 


* cette tendance est d’autant plus vigoureuse que le titre jouit d’une excellente visibilité et de perspectives remarquables à moyen terme.


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* Traitement des données et diagnostic Aïda Chérif, analyste au «Laboratoire Euro-Méd. d’Analyses Economiques» www.perspeco.com
* Analyse : «LE QUOTIDIEN» : http: //www.lequotidien-tn.com/
* * Tahar El Almi : tahar.elalmi@perspeco.com


On retiendra de la semaine:
Au niveau international :
* Le monde attend les résultats du G20 ;
* Le risque de dépression se précise pour certains pays de la zone euro;


Au niveau national :
* Les fondamentaux macroéconomiques et financiers de la Tunisie confirment la stabilité économique et financière de la Tunisie;
* Le marché boursier est toujours en zone de survente;
* La mise en place du plan de relance de l’activité pour doper la croissance s’accélère.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com