4 cimenteries tunisiennes sous haute surveillance : L’inévitable contrainte de «polluer plus pour produire plus»





Lancées dans une course contre la montre pour produire le ciment nécessaire à la réalisation de «La Porte de la Méditerranée», «La Ville des roses», «Tunis Sport City» et l’Aéroport d’Enfidha , les cimenteries du pays tournent aujourd’hui à plein régime. Quitte à dépasser les limites d’émissions de polluants !

Tunis-Le Quotidien
Le numéro de septembre 2008 du bulletin d’information mensuel sur la qualité de l’air en Tunisie diffusé par le ministère de l’Environnement et du développement durable a été consacré aux cimenteries en tant qu’industries responsables d’une grande partie des émissions de polluants atmosphériques en Tunisie.
Selon le document, le secteur se trouve aujourd’hui dans l’obligation de développer sa production pour satisfaire la demande additionnelle générée par les mégaprojets qui seront réalisés en Tunisie au cours des années à venir. On y indique en fait que suite à la grande demande engendrée par les projets de «La Porte de la Méditerranée», «L’Aéroport d’Enfidha», «La Ville des Roses» et «Tunis Sport City», le secteur a augmenté sa production, ce qui produit un impact direct sur la pollution atmosphérique de la Tunisie.
Selon les estimations faites à ce sujet, la croissance de la demande en ciment pour les années futures devrait passer de 5% cette année à 6% en 2009-2010 pour atteindre 7% en 2011 pour revenir à 6% en 2014.
Composées de 7 unités dispersées un peu partout dans le pays (Bizerte, Djebel Djeloud, Djebel Oust, Enfidha, Feriana, Om Leklil et Gabès), les cimenteries sont considérées comme de grands pollueurs. Une étude engagée, en 2007 par le réseau national de surveillance de la qualité de l’air (RNSQA) dans le cadre d’un projet de gestion de l’environnement industriel et urbain en Tunisie financée par l’Agence Française de Développement (AFD) et réalisée par le Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (CITET), a démontré que le secteur des cimenteries est responsable d’une grande partie des émissions des polluants atmosphériques sous formes de poussières et de gaz.
Certaines émissions de gaz tel le monoxyde de carbone (CO) sont toxiques par inhalation pour l'homme alors que les oxydes de soufre et les oxydes d’azote provoquent des affections des voies respiratoires, des dommages multiples aux plantes et écosystèmes sensibles.
Pour atténuer l’impact et la quantité des rejets dus à la fabrication du ciment, une mise à jour des réglementations est à l’ordre du jour. La commission technique de normalisation se penche d’ores et déjà sur la révision de la norme tunisienne NT 106.05. Homologuée en avril 1997, ladite norme, qui limite les valeurs tolérées d’émissions des cimenteries tunisiennes, n’est plus adaptée à l’évolution du secteur. Parallèlement, l’intervention consiste à renforcer le contrôle et la surveillance des émissions du secteur. L’Agence Nationale de Protection de l’Environnement veille aujourd’hui sur le suivi en temps réel des émissions à la source grâce au raccordement des cimenteries au poste central du réseau national de surveillance de la qualité de l’air (RNSQA). Aujourd’hui, quatre des sept cimenteries en service sont raccordées au réseau ; en l’occurrence la cimenterie de Djebel El Oust, celles de Gabès, d’Enfidha, et depuis septembre dernier, la société tuniso-andalouse de ciment blanc (SOTACIB) installée à Fériana (Kasserine).


Hassen GHEDIRI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com