Marchés: L’Afrique, futur Eldorado pour les entreprises tunisiennes ?





La première chose à dire est que ce dossier très particulier (l’état de l'intégration régionale en Afrique) est suivi de près par l’Organisation des Nations-Unies. Cela veut dire que l’organisation la plus représentative de la Communauté internationale estime que ce sujet a une portée planétaire. Un sujet qu’elle décrit comme grave, autant pour l’Afrique que pour ceux qui s’y intéressent (y compris les investisseurs, de toute évidence). Elle se repose en cela sur un nouveau rapport de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), qui sera publié le 21 novembre 2008 conjointement avec l'Union africaine. Celui-ci estime que «les pays africains éprouvent d'énormes difficultés à appliquer les critères de convergence macroéconomique établis par les communautés économiques régionales». Et ceci est d’autant plus grave que sévit actuellement la crise financière la plus grave du siècle.
Intitulé Etat de l'intégration régionale en Afrique ce rapport est le troisième du genre qui présente des données empiriques sur les progrès accomplis et les perspectives du processus d'intégration en Afrique, en évaluant le niveau et le taux de convergence sur les plans macroéconomique et financier sur le continent.


Taux à un chiffre
D'après le rapport, les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) et de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), notamment, sont parvenus à maintenir un taux d'inflation à un chiffre, tandis que les autres affichent des résultats médiocres, en partie à cause des chocs extérieurs négatifs, des déficits budgétaires importants (la dette extérieure de certains pays atteint 70% du produit intérieur brut), du manque de statistiques fiables et de la faible croissance. Les critères de convergence établis par les communautés économiques régionales (CER) comprennent des objectifs arrêtés d'un commun accord concernant notamment l'équilibre budgétaire, la réduction de l'inflation et la dette publique.
Le rapport évalue également dans quelle mesure les engagements en faveur de l'unification monétaire et de la création de monnaies communes régionales sont respectés. Il fait en outre le bilan des actions visant à créer des marchés de capitaux et des marchés financiers, ainsi que d'autres instruments d'intermédiation financière, notamment les arrangements concernant la cotation transfrontière des titres et des valeurs mobilières, en vue d'accroître les capitaux et les investissements au profit des activités économiques. L'harmonisation, aux niveaux régional et sous-régional, des politiques dans les domaines monétaire, budgétaire et des paiements. La plupart de communautés économiques régionales ont prévu dans leurs traités.



Critères de convergence
La création de l'Union africaine, qui met l'accent particulier sur l'approfondissement et l'accélération de l'intégration régionale, souligne qu'il est important et urgent de réaliser la convergence des politiques macroéconomiques et l'intégration monétaire et de mettre en place les mécanismes et les institutions nécessaires propres à faciliter ce processus. Les communautés disposant de critères de convergence sont évaluées dans le rapport sur la base de leurs résultats en la matière. Toutes les autres sont évaluées en tenant compte des besoins de la convergence macroéconomique. Les critères de convergence sont, notamment, de faibles taux d'intérêt et d'inflation, de faibles déficits budgétaires et des taux de croissance élevés.
Le rapport montre que la tendance générale et les divers éléments de celle-ci varient considérablement d'une communauté économique régionale à l'autre. Il en est de même, s'agissant des résultats des pays. Le rapport montre que, dans l'ensemble, les communautés économiques régionales africaines ont mieux réussi à maîtriser l'inflation et le déficit budgétaire qu'à réduire la dette extérieure. Par ailleurs, les taux de croissance économique sont, de manière générale, encourageants sur l'ensemble du continent. Les groupements d'intégration déjà en place, comme les unions monétaires, s'en sortent généralement mieux, en matière de convergence des politiques macroéconomiques. Dans l'ensemble, les pays africains s'investissent beaucoup en faveur d'une solide convergence des politiques macroéconomiques, dans des domaines comme l'inflation, le déficit budgétaire et la croissance économique. Certaines CER œuvrent activement pour des approches graduelles de l'intégration régionale en leur sein ou dans leur sous-région. Le rapport abonde en exemples de programmes et activités dignes d'éloge.
On trouve dans le rapport les principales recommandations ci-après: il faudrait que les pays africains intègrent des objectifs monétaires et macroéconomiques dans leurs stratégies nationales de développement; les autorités nationales devraient avoir une claire vision de leurs propres objectifs de développement; elles devraient, conclut le rapport, faire preuve de plus de sens des responsabilités dans l'élaboration de leurs politiques macroéconomiques et définir leurs propres priorités en matière de taux de change, de politique budgétaire et de taux d'intérêt.
Tout cela est à méditer avec une grande attention de la part des entreprises tunisiennes parmi lesquelles nombreuses sont celles qui estiment que l’Afrique est un Eldorado vierge et porteurs de toutes les possibilités !


Manoubi AKROUT
manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com