Les jeunes et la superstition : Charlatanisme…





A priori, la superstition est l’apanage d’une certaine catégorie d’individus. Mais à voir le nombre de ceux qui hantent les cabinets des voyants, il y a de quoi se poser des questions ! Croire qu'un malheur arrivera à celui qui passe sous une échelle ou parce qu’il a croisé un chat noir sont des exemples très courants de l’occultisme. Les jeunes sont-ils justement superstitieux ?


Tunis-Le Quotidien
L’être humain sent souvent un besoin urgent d’expliquer certains phénomènes bizarres et compliqués. Il s’efforce également de trouver réponses à ses échecs. Il lui est nécessaire d’exorciser ses craintes, quitte à ce qu’il jette son dévolu sur le domaine irrationnel et occulte… En effet, dans certaines mentalités peu évoluées, on lie presque tout aux croyances et aux pratiques occultes, notamment, les défaites, les tracas du quotidien et même les…maladies ! C’est surtout en période de stress, de crise ou lorsque les événements échappent à notre contrôle que l’on devient enclin à croire aux choses occultes. Croire qu’on nous a jeté un mauvais sort, ou qu’on a « attrapé » le mauvais œil, est une manière de se dérober à la réalité. C’est ainsi d’ailleurs que la superstition, l’occultisme, les envoûtements et l'utilisation des amulettes ont survécu jusqu'à présent et ressurgissent souvent même chez les plus jeunes personnes…
Ameur, 20 ans, croit que certaines personnes portent malheur. « Si je suis superstitieux ? Pas vraiment. Parce que je ne crois ni aux présages, ni à la magie. En revanche, je crois que certaines personnes portent la poisse. Lorsque je rencontre certains individus, le matin à la première heure, je sais d’avance que je passerais une très mauvaise journée. C’est peut-être injuste de coller une telle étiquette aux gens. D’ailleurs, au départ, je ne le croyais pas moi-même ! Mais à la longue, j’ai fini par en être convaincu! Lorsque de mauvaises choses se reproduisent à chaque fois que je vois une personne bien précise, cela ne peut plus être considéré comme un hasard ! Depuis que je me suis assuré que certains portent vraiment la poisse, je fais en sorte de les éviter, surtout le matin », dit-il.
Alâa Eddine, 20 ans, ne croit pas du tout à l’existence de forces surnaturelles ni au porte-malheur. « Je suis croyant et rationnel. Je suis donc certain que nul n’a le pouvoir de changer ma destinée, ni d’intervenir dans le cours normal de ma vie. Dieu est le Seul à pouvoir nous destiner certains évènements, qu’ils soient heureux ou malheureux. Le reste ne dépend que de moi, de ma propre volonté et de mes propres aptitudes personnelles. Lorsqu’on rencontre quelqu’un réputé porter la poisse, on ne voit plus que le mauvais côté des choses et l’on devient enclin au pessimisme. Donc, on fera ce qu’il faut pour gâcher notre journée sans s’en rendre compte. Oui, je suis certain que la personne, qu’on a rencontrée le matin, n’a absolument rien à voir avec les mauvaises notes qu’on reçoit ! Et ce n’est pas parce qu’on a porté tel pull le jour où un proche décède, que ce pull a contribué… à sa mort! C’est complètement absurde et débile de croire à ces choses. On n’aura jamais ni plus ni moins que ce Dieu nous a réservé. Il suffit d’y croire pour avoir une vie vraiment beaucoup plus facile », dit-il.
Haykel, 19 ans, ne veut même pas penser à ce genre de choses. Il est pertinemment convaincu que le fait de lire des versets coraniques peut procurer une certaine immunité. « Si le Coran dit que la magie existe, c’est que c’est vrai et ça ne se discute pas. Et si la chance et le sort sont aussi des notions évoquées dans le Livre saint, c’est que c’est vrai aussi. Mais Dieu dit que nul n’a le pouvoir de changer notre vie s’Il ne décide pas de le laisser faire… Donc, si on va se compliquer la vie en pensant à cela, on ne va jamais s’en sortir ! Je préfère ne pas trop me pencher sur la question. Je ne crois pas aux personnes de bon ou de mauvais augure parce que cela est considéré comme un péché et je me protège contre tout imprévu en lisant le Coran. Pour moi, c’est une affaire close. Puisque je n’ai pas les connaissances qu’il faut pour expliquer ces phénomènes de l’au-delà, je me contente d’ignorer ces phénomènes. Je considère même la superstition comme signe de sous-développement. Il m’est impossible de croire que le fait de rencontrer quelqu’un de bon matin puisse changer le cours de ma vie », dit-t-il.
Ahmed, 19 ans, raisonne de la même manière. Le jeune homme pense que la superstition est un cercle vicieux et dangereux qui peut nous empoisonner la vie. «Celui qui croit à ces boniments se compliquera vraiment l’existence. Tout ce qui peut arriver comme bien ou comme mal est une œuvre divine et personne ne peut rien y changer. Ce n’est pas parce qu’on a rencontré quelqu’un réputé être de mauvais augure que cela va causer malheur. C’est complètement insensé ! Je ne vais pas me compliquer la vie avec ces croyances aussi aberrantes et débiles. En procédant de la sorte, je risque d’être hanté par l’idée qu’un malheur va se produire… au point de le provoquer ! Par contre, je crois en l’existence de personnes vraiment mauvaises qui peuvent avoir des intentions malsaines et qui sont capables de me faire du mal. », explique-t-il.


Abir CHEMILI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com