Hamid Karzaï: «Si je pouvais, j’abattrais les avions américains»





Le président Hamid Karzaï a déclaré que s'il le pouvait, il abattrait les avions américains qui bombardent les villages afghans. Ces propos dénotent la tension croissante entre l'Afghanistan et les puissances occidentales qui le soutiennent face à une insurrection taliban de plus en plus confiante.

Le Quotidien - Agences
Alors que les Occidentaux dénoncent la corruption et l'inefficacité du gouvernement afghan, le chef de l'Etat, qui briguera sans doute un nouveau mandat l'an prochain, réplique en dénonçant les raids alliés qui ont fait des dizaines de morts parmi les civils.
Ces dernières semaines, Hamid Karzaï a imputé aux Occidentaux l'aggravation de la situation dans le pays, en jugeant l'Otan incapable de s'attaquer aux sanctuaires des insurgés taliban et djihadistes au Pakistan et en réclamant que la coalition cesse de frapper les localités du pays.
"Nous n'avons pas d'autre choix, nous n'avons pas les moyens d'arrêter ces avions. Si nous pouvions, si je pouvais (...), nous les arrêterions, nous les abattrions", a déclaré Hamid Karzaï au cours d'une conférence de presse.
"Si nous avions un chelak (une sorte de lance-pierres), nous le jetterions pour arrêter les avions américains. Nous n'avons pas de radars pour les arrêter, nous n'avons pas d'avions. J'aimerais pouvoir intercepter les avions sur le point de bombarder les villages afghans, mais je n'en ai pas les moyens."
Malgré la présence de 65.000 soldats étrangers épaulant les 130.000 hommes des forces de sécurité afghanes, les insurgés taliban ont consolidé cette année leur assise dans leur bastion traditionnel du sud et de l'est du pays et ont aussi étendu leur influence aux alentours de la capitale, Kaboul.
Pourpalers
Hamid Karzaï a déploré trente ans de conflits et de misère, depuis l'invasion soviétique de 1979.
"Nous n'avons pas eu l'occasion de nous préserver du Mal, nous faisons donc de notre mieux pour chercher une solution à travers des pourparlers de paix", a-t-il ajouté en tendant à nouveau la main au chef de taliban, le mollah Mohammad Omar.
Le président afghan a proposé à nouveau de garantir personnellement la sécurité du mollah s'il acceptait de se rendre et de respecter la constitution afghane.
Des responsables afghans ont pris contact en septembre avec d'anciens dirigeants taliban, sous l'égide de l'Arabie Saoudite, mais les spécialistes jugent peu probable que la direction des taliban s'engage dans un dialogue sérieux alors qu'ils perçoivent le désarroi de leurs ennemis et sentent que le conflit pourrait basculer en leur faveur.
En visite à Kaboul, le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a répété que les forces internationales faisaient tout leur possible pour épargner les civils. Il a estimé que c'était au gouvernement afghan de décider ou non d'engager des pourparlers de réconciliation avec les taliban.
Hamid Karzaï a indiqué qu'il avait demandé à la communauté internationale de dire aux Afghans quand pourrait se terminer l'insurrection des taliban et des combattants d'Al Qaïda.
"J'ai demandé un calendrier pour l'élimination du terrorisme dans cette campagne militaire. Je n'ai pas demandé un calendrier de retrait des troupes étrangères", a-t-il précisé.
"Nous demandons à la communauté internationale de venir en Afghanistan pour améliorer la situation, pas pour l'aggraver. Nous ne voulons plus la guerre, nous voulons un bel avenir."


Kaboul: Attentat près de l'ambassade US


Au moins quatre civils afghans ont été tués hier à Kaboul dans un attentat suicide à la voiture piégée revendiqué par les talibans, qui disaient viser des soldats des forces internationales, non loin de l'ambassade des Etats-Unis.
Le corps de ce qui semblait être le kamikaze gisait à proximité d'une voiture détruite, sans doute le véhicule piégé, a rapporté un journaliste sur place.
"Quatre personnes ont été tuées dans cet attentat suicide", a déclaré un responsable de la police de la capitale, le général Alishah Paktiawal. Dix-huit blessés ont été hospitalisés, selon le ministère de la Santé.
L'attaque a été perpétrée en début de matinée à une centaine de mètres de la représentation américaine, protégée en permanence par un imposant dispositif de sécurité. La cible semblait être un convoi de militaires des forces étrangères, qui combattent l'insurrection des talibans, a indiqué un responsable du ministère de l'Intérieur à la presse.
Cependant, des témoins ont assuré qu'aucun convoi militaire ne passait à proximité au moment de l'explosion.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com