Tibet : Paris ne se laissera pas dicter sa conduite





C'est ce qu'affirme Bernard Kouchner, qui regrette la décision du régime chinois d'annuler le sommet avec l'Union européenne pour cause de rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï lama.

Le Quotidien-Agences
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a affirmé que Paris ne se laisserait pas "dicter" sa conduite, disant regretter la décision de Pékin d'annuler le sommet entre l'Union européenne et la Chine.
Pékin a reporté le sommet entre la Chine et l'Union européenne, prévu lundi à Lyon, afin de protester contre une rencontre entre le dalaï lama et le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, prévue pour le 6 décembre.
"Nous regrettons cette décision. Nous la comprenons mal", a déclaré Bernard Kouchner, interrogé sur Canal+.
"On ne peut pas se laisser dicter, même par des amis, la conduite de la France", a-t-il affirmé. Interrogé sur une éventuelle modification de l'agenda du président Sarkozy, il a répondu: "il ne peut pas être changé".
"J'espère que nos rapports avec les Chinois en général, le peuple chinois, seront maintenus comme ils le sont, fraternels et très proches, en réalité", a déclaré Bernard Kouchner.
Il a expliqué qu'il ne s'agissait pas "d'une rencontre particulière entre le chef de l'Etat français et le dalaï lama", soulignant que Nicolas Sarkozy devait rencontrer "le dalaï lama comme d'autres prix Nobel" de la paix présents.
Le leader spirituel des Tibétains en exil, âgé de 73 ans, doit rencontrer le 6 décembre Nicolas Sarkozy à Gdansk (Pologne), à l'occasion des cérémonies commémorant le 25e anniversaire de la remise du prix Nobel de la paix à l'ex-président polonais Lech Walesa.
La Chine s'est toujours opposée aux contacts entre des dirigeants étrangers et le dalaï lama, qu'elle accuse de tout faire pour obtenir l'indépendance du Tibet.
Dès l'annonce de cette rencontre il y a deux semaines, Pékin avait mis en garde la France sur l'impact négatif qu'elle aurait sur les relations franco-chinoises, qui avaient déjà connu de vives tensions après les émeutes de mars au Tibet.
Pékin a rejeté sur la France la responsabilité du report du sommet entre l'UE et la Chine, appelant Paris à faire "des efforts pour respecter ses engagements et ne pas faire des choses qui heurtent les sentiments des Chinois ou sapent les fondations de la coopération entre les deux pays".
Daniel Cohn-Bendit a enfoncé le clou, hier matin, sur RMC et BFM-TV, en déclarant que Nicolas Sarkozy ne faisait que "payer le prix fort" pour s'être rendu à Pékin lors des jeux olympiques. "Le problème c'est qu'on a tout faux", Nicolas Sarkozy et l'Union européenne "n'ont pas osé autour des Jeux Olympiques poser les bonnes questions", ils "se sont mis à genoux", a-t-il déclaré. "On fait maintenant comme si c'était un acte de courage extraordinaire d'aller à Gdansk".


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com