Selon un nouveau rapport de Fitch Ratings : Une bonne tenue du système bancaire tunisien face à la crise financière





Le secteur bancaire tunisien reste largement isolé de la crise financière actuelle qui aura un impact très limité en Tunisie, selon l’agence Fitch Ratings.


Tunis – Le Quotidien
L’agence internationale de notation Fitch Ratings vient de publier un nouveau rapport sur l’exposition des banques nord africaines aux répercussions de la crise financière mondiale. Le rapport étudie la situation des systèmes bancaires marocain, tunisien et algérien.
Pour ce qui est de la Tunisie, l’agence observe que le système bancaire tunisien demeure peu exposé aux éventuelles répercussions négatives de la crise actuelle, et s’attend même à une bonne résistance de la part des banques locales.
Selon ce nouveau rapport, la mise en place des mesures strictes en matière de contrôle des changes a permis de limiter l’exposition des banques résidentes aux marchés financiers internationaux. Les banques non-résidentes, soumises à une réglementation moins sévères et à la supervision de la Banque Centrale de Tunisie, ne représentaient qu’une petite partie du total des actifs bancaires et ne risquent pas d’affecter le système bancaire local par le syndrome de cette crise, selon l’agence.
Par ailleurs, Fitch ne s’attend pas à ce que les banques résidentes subissent des pertes résultant d’éventuels engagements envers des établissements en difficulté ou de banques nord-américaines en faillite, d’autant que leur activité est majoritairement nationale et leur exposition au travers des filiales à l’étranger est faible.
En ce qui concerne le passif, la liquidité est soutenue par des dépôts clientèle en  hausse, ceux-ci représentant l’essentiel des sources de financement. Fitch estime que les dépôts des clients non-résidents, susceptibles d’être plus volatils, ne représentent pas plus de 12% du total des dépôts clientèle. De plus, la liquidité sur le marché interbancaire en monnaie locale reste confortable et le refinancement en devises issues de sources étrangères est faible. Les dépôts en devises étrangères (clients et interbancaire) représentaient 12% du total de bilan à fin avril 2008.
Le montant des ressources à moyen et long terme des banques tunisiennes résidentes émanant des banques étrangères est faible (moins de 10% des ressources des banques) et concerne exclusivement les ressources en devises étrangères fournies par les institutions multilatérales ou supranationales. Ainsi, le financement des banques ne dépend en aucun cas des marchés de dette internationaux.
L’agence précise, également, qu’elle reste convaincue que les banques françaises maintiendront leurs investissements sur le marché bancaire tunisien dans le cadre de leur stratégie consistant à développer leur activité de détail. Une décollecte sur les marchés actions aurait des conséquences limitées en Tunisie où les investisseurs étrangers stratégiques et non stratégiques représentaient une part modérée et plutôt stable de 22% du total du marché actions à la date du 17 octobre 2008.
Toutefois, les investisseurs locaux montrent des signes de nervosité depuis le mois d’octobre, et les cours des actions ont globalement suivi une tendance baissière depuis lors, avec l’indice boursier tunisien «TUNINDEX» en chute de 11,6% sur les trois premières semaines d’octobre, bien qu’il reste en hausse de 18,1% par rapport à octobre 2007.
Ceci, constate l’agence Fitch, est la conséquence directe d’un recul excessif de la confiance de la part des investisseurs résultant de la déprime des marchés financiers dans le monde plutôt que de l’anticipation d’une détérioration des fondamentaux des entreprises et des institutions financières locales. En effet, les entreprises cotées ont, pour la plupart, publié des résultats en hausse au 3e trimestre 2008, avec des estimations comparables pour l’ensemble de l’exercice. Cependant, cela pourrait être le signe que des doutes apparaissent sur la capacité de l’économie tunisienne à résister à un ralentissement plus prononcé et plus prolongé de l’économie mondiale.
Fitch conclut que l’économie tunisienne reste résistante, et estime que  la croissance moyenne du PIB devrait se situer autour de 5,5% en 2008, de même que pour 2009. Cette croissance ne devrait subir que modérément les effets de la récession en Europe.


M.Z.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com