Vers le «Nouveau Cirque» : Des vols en plein ciel





Comme chaque année et à pareille période - et depuis déjà quelques années -, l’ENAC (Ecole nationale des Arts du cirque) de Tunis organise avec l’ENACR, son aînée de France, une session de stage qui sera tout naturellement  couronnée par une gerbe d’activités et généreusement colorée par des tableaux circassiens. Les adeptes de ces deux écoles jumelées promettent aux amoureux du cirque, deux semaines durant, de petites merveilles et des lumières.
Qui seront comme d’habitude en plein vol et… insaisissables.

Au programme aussi de ce rendez vous annuel - qui a commencé depuis le 26 novembre et se prolongera jusqu’au 7 décembre, entre le Palais de Halfaouine et la salle du Quatrième Art - un vibrant hommage au Français Bernard Turin, sculpteur de renom et père spirituel de ces deux écoles qu’il a de son vivant aimées, parrainées et dont il a suivi les premiers pas. Le fondateur en 1983 de l’ENACR (Ecole nationale des Arts du cirque de Rosny Sous Bois) est, on le sait, décédé le 31 août dernier à l’âge de 68 ans. Il s’agit de cet homme qui a tendu la main à Mohamed Driss pour mettre en 2003 les premiers jalons de cette première école tunisienne de cirque. Et ce n’est pas tout. Car l’homme ne s’est pas tenu à l’écart après la naissance de l’ENAC. Au contraire, il est resté au cœur de la scène et toujours aux côtés de ses élèves tunisiens et français venant de presque le même environnement socio-culturel. Orientant promotion après promotion et tout le monde vers le «Nouveau Cirque», qu’affectionnent de plus en plus les écoles européennes modernes, sans trop tourner le dos à l’âme des vieilles institutions de cet art complet.
Les élèves qui se sont frottés à son talent garderont certainement de leur maître favori cette ligne éditoriale et un trait de son génie créatif, et ils en sont grandement fiers. Les amoureux du cirque qui ont assisté à plusieurs occasions à leurs performances dans divers espaces d’art et de culture en Tunisie ne peuvent qu’apporter leurs témoignages de bon augure. Du côté de l’Hexagone, les critiques ont salué de leur côté il y a à peine deux ans l’art de ces élèves bercés dans le giron qu’il faut. Les jeunes bricoleurs tunisiens de ce genre moderne de cirque, qui ont vite brillé chez eux, ont eu aussi la chance, lors de leur passage dans divers départements de la Seine-Saint-Denis, de figurer même sur la Une de plusieurs journaux et d’en recevoir une mention spéciale d’encouragement.

Il était une fois…
Pour revenir à l’actualité de Tunis, l’ENAC invite dans le cadre d’une collaboration pédagogique étroitement soutenue depuis 1998 son partenaire de toujours de Rosny- Sous- Bois. Tous deux donneront le meilleur d’eux-mêmes pour un travail en pool. Le fruit de cette passion commune sera mis demain au bon parfum. De nouveaux tableaux qui auront lieu à partir de ce 5 décembre au Palais du Théâtre Halfaouine (dans la vieille ville). Sur l’immense scène de la Salle Bernard Turin, espace d’art portant le nom de ce monstre sacré de l’imaginaire créatif, il y aura du bel art à consommer sans modération aucune… A voir et revoir à plaisir. Le lendemain, on change de cadre et on déplace tout le cirque et tout son monde à l’autre bout de la ville. A l’avenue de Paris, la Salle du Quatrième Art sera, elle aussi, bien rythmée avec un éventail d’impressions. Il y aura tout d’abord l’hommage au maître disparu qui sera rendu en présence de Madame Anny Goyer, directrice de l’ENACR, ainsi que Messieurs Claude Capillon et Claude Schmierer, maires adjoints de Rosny-Sous-bois et Julie Turin, la fille de son père défunt et qui a son tour participé, elle aussi, à la pose de la première pierre de l’Ecole tunisienne du cirque. Un hommage qui sera signé en mouvement d’arc-en-ciel de toutes les formes par les élèves de ces deux écoles et devant les officiels et officieux du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine de Tunis. Et certainement en présence des gens de l’Institut français de Coopération qui ont donné à M. Mohamed Driss, directeur général du Théâtre National et président de l’Ecole Nationale des Arts du Cirque de Tunis le premier coup de main pour ouvrir avec les bonnes clés les bases de cette école.
Autre représentation artistique qui fleure bon l’habileté et la présence d’esprit : M. Mohamed Driss, n’a pas oublié de reprendre ce même jour, à partir de 16 heures, et sous son aile l’exposition «Naissance» et à la bien la remettre sous les projecteurs. Les fidèles des JCC se souviennent certainement de ce travail conçu, il y a déjà une année par Bernard Turin. Ce dernier l’a spécialement réalisé pour la 13e session des Journées de Théâtre de Carthage. Dans cette création, l’auteur a passé en revue et avec grand art les différentes étapes ayant précédé la naissance de l’Ecole du cirque tunisien. C’est comme un bel album de photos qu’on caresse du regard et contemple avec tant d’amour. Il était une fois à Tunis…. un cirque. Qui ressemble à un petit conte d’une nuit d(’h)iver(s) à raconter tendrement aux petits avant de s’endormir… C’était sur un simple coup de tête que Mohamed Driss a eu une petite idée à mettre en forme. Il en a parlé en 1993 et en a fait toute une belle histoire à monter de toutes pièces pour le Tunis artistique et c’est la grosse affaire du pape du théâtre de chez nous. Au fil des ans, l’idée est devenue un espoir pour les jeunes, faisant même les inaugurations des grands festivals de chez nous. Une manifestation à suivre…Et toujours avec beaucoup d’attention.


Z. ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com