L’option du nucléaire civil se précise en Tunisie: Un projet d’extraction de l’uranium dans les gisements de phosphates à l’étude





Un programme de recherche pour l’extraction de l’uranium dans les gisements de phosphates de Gafsa devrait être lancé prochainement en collaboration avec l’un des fournisseurs occidentaux qui bénéficient d’un savoir-faire confirmé dans ce domaine.

Tunis-Le Quotidien
Décidément, la Tunisie est en mesure de satisfaire les besoins en combustible de la centrale électronucléaire qu’elle compte installer à l’horizon de 2020 en comptant sur les richesses de son sous-sol. Un programme de recherche sur l’extraction de l’uranium dans les gisements de phosphates au niveau du bassin minier de Gafsa est actuellement à l’étude au sein du ministère de l’Industrie, de l’énergie et des PME. Ce programme avait été évoqué pour la première fois par le ministère en décembre 2007 lors des débats budgétaires relatifs à l’exercice 2008 avant d’être mis en veilleuse.
La piste de l’extraction de l’uranium dans les gisements de phosphates est aujourd’hui d’autant plus envisageable que le leader mondial du nucléaire, Areva, aurait même été approché pour un «package» qui comprend l’extraction de l’uranium du phosphate et la construction de la centrale nucléaire ainsi que la formation d’ingénieurs tunisiens dans ce domaine. Ce groupe français est d’ailleurs l’un des rares à contrôler l’ensemble de la filière nucléaire (mines, exploitation de centrales, distribution d’électricité, traitement des déchets nucléaires).
Au Maroc, Areva a signé récemment un protocole d’accord impliquant un programme similaire de recherche et développement sur l’extraction d’uranium dans les gisements de phosphates.
L’uranium peut être extrait en tant que minerai seul ou en tant que sous-produit dans les gisements de certaines autres matières premières comme l’or, le cuivre et les phosphates. Cette opération, jugée naguère très coûteuse, est devenue commercialement rentable pour les pays producteurs de phosphates (ndlr : la Tunisie est le 3ème producteur mondial avec 8 millions de tonnes par an en moyenne) compte tenu de la flambée des prix des hydrocarbures et de l’uranium sur le marché international.
Selon un rapport publié en 2006 par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), les réserves des gisements traditionnels d’uranium suffisent pour 85 ans de consommation au rythme actuel, sans compter l’uranium contenu dans les phosphates, qui porterait les réserves à 675 ans. La production de ce métal gris est extrêmement concentrée, bien plus que le pétrole. Actuellement, seize pays exploitent l'uranium, mais 80% de la production se concentre en Russie, Namibie, Kazakhstan, Australie, Niger et Canada.
Depuis 2001, le prix de l’uranium s’est multiplié par dix, passant de 7 dollars la livre à plus de 75 dollars en 2007.
Pour mémoire, le pic historique du prix de la livre d'uranium se situait autour de 43 dollars vers la fin des années 70 en raison de la conjonction de la demande militaire et de l'essor du nucléaire civil.  


W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com