Exposition : Maalel entre le vide et le plein





De toutes les expositions abritées par la Maison de la Culture Ibn Rachiq depuis le début de la saison culturelle en cours, celle de Abdelaziz Maalel constitue une véritable innovation. Elle se distingue des autres par la technique utilisée par le peintre.
Son principe artistique consiste en une recherche sur le contraste entre le vide et le plein. L’artiste apporte en effet une véritable innovation par rapport aux précédentes expositions. Ses œuvres, grâce à la technique qu’il utilise, sortent des sentiers battus. Le peintre n’est pas tombé dans la tautologie de nombreux artistes de la place accolés, pour la plupart, à l’usage des techniques traditionnelles, comme la peinture à l’huile, l’acrylique, la peinture sur soie, entre autres, mais opte pour les bas-reliefs, une technique peu utilisée par les artistes de la place.
Après avoir dessiné la figure ou la figurine, il utilise ensuite comme principales matières l’aluminium et le cuivre. Il les fond avant de les couler sur un support indépendant en bois ou en métal sur lequel sont sculptés soigneusement des petits trous. Le cuivre et/ou l’aluminium fondus, il les fait couler autour des trous pour former, en dernier lieu, les figures. A l’aide d’un marteau, il finalise soigneusement les figures qu’il désire reproduire. Les trous sculptés sur ses œuvres représentent, selon l’artiste, le vide, tandis que les figures, au-dessus de ces trous, symbolisent le plein. Par cette démarche, il veut rester toujours fidèle à son principe artistique.
Pour le peintre, ce qui importe le plus c’est le fait que la matière soit visible dans toutes les figures de ses toiles. C’est la seule façon de faire dégager, à son avis, le contraste entre les deux entités, le vide et le plein. Mais l’originalité de Maalel ne se limite pas à cette seule démarche. Contrairement à de nombreux peintres de la place, il n’a pas opté aussi pour le mélange traditionnel des couleurs. Il choisit par hasard plusieurs ingrédients comme le citron, la teinture et le savon. Il les mélange sobrement. Ce qui donne lieu à des couleurs tantôt sombres tantôt même inqualifiables. Mais c’est la couleur sombre qu’il préfère le plus. «Je me sens sombre au fond de moi-même. C’est triste de le dire», nous lance-t-il.  «C’est pourquoi, ajoute-t-il, j’ai opté parfois pour des sujets tristes dans mes œuvres».
Abdelaziz Maalel traite aussi
des sujets d’une brûlante actualité comme «Le travail», «Dépassement», «Recyclage», entre autres. Il exprime cependant la tristesse dans d’autres
toiles comme «Brouillard», «Déchirement», «Contraste» etc. Ses 42 œuvres, au-delà du contraste entre le plein et le vide, sont une invitation à découvrir une autre forme de peinture et surtout, une technique rarement utilisée par les artistes de la place.


Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com