Souk Moncef Bey des animaux: L’Arche de Noé…





Ils sont des centaines à affluer tous les dimanches vers le souk des animaux de Moncef Bey. Ils sont issus de toutes les catégories socio-économiques et investissent les lieux par curiosité ou pour acquérir un animal de compagnie. Les prix sont en dents de scie…


Tunis – Le Quotidien
Aboiements de chiens, gazouillis des oiseaux, chants de coqs et cris des vendeurs ambulants se mêlent comme tous les dimanches dans ces lieux investis par les amateurs d’animaux de compagnie et les différents commerçants venus proposer à la sauvette leurs marchandises. Nous sommes dans les rues adjacentes du souk notoire de Tunis, le souk Moncef Bey. Les marchands proposent à la vente une variété d’animaux domestiques et de compagnie : canards, oies, coqs et dindes, pigeons de différentes races, hamsters, chiens et chats de race, poissons de décoration et autres animaux qui sont exposés certains dans des cages, d’autres étalés à même le sol indélicatement attachés par des lanières de fortune.
La foule est nombreuse. Les visiteurs, composés d’amateurs et de badauds, sont souvent contraints de se serrer les coudes pour pouvoir se frayer un chemin et admirer les belles créatures animales que certains découvrent pour la première fois. Chaque race d’animaux a ses amateurs. Les nombreux chiens de compagnie et de garde attirent particulièrement une foule nombreuse. Les prix ? Ils sont parfois faramineux. Jugez-en : un pitbull adulte, dont la possession est réglementée, coûte entre 400 et 500 dinars. Les chiots de cette race sont plus sollicités et sont proposés entre 200 et 300 dinars. «Contrairement à ce qu’on croit, les pitbulls ne sont pas des chiens dangereux sauf si on les provoque ou s’il reçoivent l’ordre d’attaquer. Là ils sont coriaces et intraitables», affirme l’un des éleveurs de cette race.


Les pitbulls sollicités
Il nous explique que cette race est sollicitée par beaucoup d’amateurs qui s’adonnent à un «sport» favori. Ce dernier se pratique dans la plus grande illégalité. Il s’agit du combat de chiens. Des sommes énormes sont misées par les parieurs. Souvent, les combats se terminent par la mort de l’un des deux chiens. Cette race est proposée à des prix élevés ; car pour certains «le retour sur l’investissement» est garanti. Les prix des chiens de combat au palmarès brillant peuvent atteindre plus de deux mille dinars.
Outre les chiens de combat et de garde, d’autres, de compagnie issus de races nobles et de croisements divers, attirent une catégorie de clientèle particulière. Des chihuahuas, des caniches, des chiens nains côtoient sur le même trottoir les dalmatiens et autres chiens réputés pour leur férocité. Leurs prix sont relativement plus bas et à la portée de la bourse des amateurs. Une quarantaine de dinars pour les caniches à titre d’exemple.


Le poussin «arabe» à un dinar
Le spectacle continue sur les autres trottoirs transformés pour la circonstance en lieux d’exposition de poissons de décoration et d’oiseaux de chants. Les prix sont abordables. Les perruches multicolores sont proposées à 6 dinars l’unité. Un poussin de poulet «arabe» est proposé à un dinar. Les prix des poissons de décoration, quant à eux, varient entre 3 et 10 dinars selon l’espèce.
Le souk Moncef Bey des animaux reflète une certaine évolution de la mentalité du Tunisien de toutes les catégories socio-économiques, sans distinction. L’espace de fortune réservé aux animaux gagnerait cependant à être mieux structuré pour le bien-être de tous.


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com