e-Commerce : Les deux gros chagrins des investisseurs !





Des professionnels des technologies de l’information et de la communication viennent d’interpeler le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Technologies de la communication, chargé de l’Informatique, de l’Internet et du Logiciel libre. Parmi eux, M. Faouzi Zaghbib, le président de la Fédération Nationale des TIC (organe de l’UTICA)… et ils ont deux gros chagrins sur le cœur : la plupart des opérateurs du e-Commerce ciblant le marché étranger sont obligés d’héberger leurs plateformes à l’étranger et les opérateurs locaux de e-Commerce émettant de la Tunisie sont dans l’incapacité de réaliser des opérations en devises. Leurs revendications ? Tout simplement de lever une telle restriction alors que la Tunisie fait tout pour promouvoir ses exportations.

Tunis-Le Quotidien
Les e-mails échangés dernièrement entre certains acteurs des TIC et le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Technologies de la communication, chargé de l’Informatique, de l’Internet et du Logiciel libre ne laissent aucun doute quant au malaise des professionnels.
L’un d’entre-eux en est presque émouvant : ‘‘J'ai une conviction profonde dans le potentiel que l'économie tunisienne peut tirer du commerce électronique pour augmenter les volumes d'exportation. Pour moi, le web présente particulièrement une chance et une opportunité pour les jeunes et pour la petite entreprise tunisienne’’, tient-il à assurer. Puis il va au fond du sujet. Il a profité de la réussite de son neveu en Mastère de finance de CERAM à Sophia Antipolis France pour envisager le lancement d'un projet de vente de mosaïques romaines en B-to-C. ‘‘Je n'avais, en prenant cette initiative, aucune contrainte de revenus ou de travail. C'était uniquement pour le plaisir de construire quelque chose dans laquelle je croyais profondément’’, assure-t-il.
Le neveu étant emporté par la même passion, la société Thyna Global Company est née en juillet dernier en tant que société tunisienne résidente tournée vers l'export. L'ambition est d'en faire un vecteur de diffusion dans le monde de l'image de la mosaïque romaine de Tunisie. ‘’J'avais la certitude que cette partie du patrimoine tunisien devait être mieux connue qu'elle ne l'est actuellement et que l'arrivée du web constitue une grande chance pour réaliser cette diffusion. Nous avons établi un plan stratégique sur 5 ans. Dans le court terme, nous avons fait le choix de commencer par proposer 8 reproductions d'œuvres romaines, d'une même taille et d'un même prix de vente. Nous offrons un produit haut de gamme qui cible les gens d'un certain niveau de revenu et qui ont besoin d'offrir un cadeau décoratif sans délai. Ce choix nous a contraint à nous doter d'un stock conséquent et à avoir une équipe de 15 personnes qui produit exclusivement pour nous. Cet effort de stockage et la recherche d'une qualité de produit parfaite nous a mobilisés pendant les 5 derniers mois et a nécessite l'immobilisation de moyens financiers importants.’’ Bravo ! Mais c’est là que les ennuis commencent !!
‘’Notre rêve a été gravement secoué avant hier lorsque «Tunisie monétique» nous a appris que le prix en dollars à spécifier sur les produits ne sera qu’indicatif. De ce fait, si le prix de vente (qui doit donc être en dinars) est de 2000 DT et si nous affichons un prix indicatif de 1564 USD, cela pose deux problèmes majeurs: 1/Le client verra qu'il est facturé et qu'il va être débité pour la contrevaleur de 2000 DTU sans savoir ce que cela allait lui couter en dollars (le problème est psychologique sachant que le dinar n'est pas une monnaie forte). 2/ Dans le cas où il confirme la commande, il se verra débité par sa banque de 1557 USD ou 1570 USD... avec une chance que ce montant supporté soit supérieur a celui affiché’’, expose-t-il.
Et l’explication se poursuit : Il y a une vraie barrière psychologique qui fera que beaucoup d'acheteurs iront choisir un tapis ou un lustre affichés à un prix certain en dollars, en euros ou en yens au lieu de s'embarquer dans un produit nouveau provenant d'un pays dont ils entendent parler pour la première fois et avec une monnaie qu'ils ne connaissent pas. ‘’Je suis réellement très inquiet pour la suite et pour la survie de la société’’, commente-t-il ?
Son réflexe est de tout arrêter : ‘’Tout est bouleversé dans notre programme. J'ai donné, par exemple, instruction ce matin d'arrêter le deuxième moyen d'intermédiation de paiement qui est PayPal. Ceci est regrettable compte tenu de la confiance incomparable dont jouit PayPal auprès d'un nombre de plus en plus grand d'internautes. En effet, PayPal n'accepte de prendre en charge qu'une liste précise de 14 monnaies. Aussi, le budget sponsoring devra être multiplié afin de contrecarrer l'abandon par les internautes de leur acte d'achat en voyant cet affichage bicéphale du prix.’’
Il faut comprendre que cet investisseur tunisien aurait pu loger la société en dehors de la Tunisie étant lui-même non-résident. Il aurait pu choisir un intermédiaire de paiement sécurisé en dehors de la Tunisie. Par ailleurs, il tient absolument à faire savoir qu’il a prévu que tout le chiffre d'affaires rentre dans le compte en dinars à sa banque en Tunisie.
Et c’est là que M. M. Faouzi Zaghbib, le président de la Fédération Nationale des TIC (organe de l’UTICA), monte au créneau. Dans une brève missive, il expose les deux points majeurs soulevés par les professionnels :
- La plupart des opérateurs du e-Commerce ciblant le marché étranger hébergent leurs plateformes à l’étranger et disposent d’entreprises écrans facilitant le groupage logistique et la facturation en devise et ce à l’instar de Doremail, Pâtisserie Masmoudi, …
- Les opérateurs locaux de e-Commerce émettant de la Tunisie, sont dans l’incapacité de réaliser des opérations en devise et ce en conformité avec les dispositions de la SMT (semble t-il imposées par la BCT), intermédiaire indispensable de paiement.
‘’Dans le cadre de la promotion des exportations, il serait opportun de lever une telle restriction sachant que les transactions classiques d’exportation passent par une facturation en devise, une ouverture de titre en précisant la contre-valeur en dinars, une comptabilisation et une fiscalisation en dinars. Et, dans tous les cas, l’opérateur est seul à supporter les coûts des risques de change. De plus, nos prospects sont beaucoup plus sensibles aux devises d’usage (dollar US, euro). Nous gagnerons aussi certainement à améliorer notre compétitivité par une politique de prix de frêt plus agressive et un meilleur groupage.
Sans commentaires !!


Manoubi AKROUT
manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com