Les jeunes et le budget familial : Ils se montrent compréhensifs et responsables





Les exigences d’une jeune personne gonflent jour après jour. Plusieurs choses, considérées autrefois comme subsidiaires, sont devenues à présent essentielles. Et cela désempare les parents qui ne savent plus comment subvenir à tous les besoins de leurs enfants… Les jeunes tiennent-ils justement compte des conditions matérielles de leurs parents ?

Tunis-Le Quotidien
Fournitures scolaires, parascolaires, photocopies, cartes de recharge, café et…tabac ! Devant ces multiples charges à couvrir, les parents peuvent carrément perdre les pédales. Modernisme et évolution obligent, plusieurs frais s’inscrivent d’ores et déjà dans la liste des priorités les plus absolues. En effet, pratiquement tous les jeunes possèdent aujourd’hui un téléphone portable et des outils informatiques. Le maintien du fonctionnement de ces outils coûte de l’argent. De plus, nombre d’élèves, ayant quelques difficultés scolaires, ont besoin d’assistance et de cours particuliers, qui peuvent à eux seuls, coûter les yeux de la tête. Toutes ces charges ne sont plus considérées comme des extras. Et n’oublions pas qu’un jeune a absolument besoin de se nourrir, renouveler continuellement sa garde-robe et se divertir. Les géniteurs sont totalement désemparés parce qu’ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts face aux exigences des enfants, et ce, sans parler de leurs autres charges : loyer, crédit, carburant, factures…
Khalil Souissi, 16 ans, reçoit, selon ses besoins, entre un et dix dinars par jour. Le jeune homme sait que cela pèse sur le budget familial d’autant plus qu’il a d’autres frères et que ses dépenses ne s’arrêtent pas à l’argent de poche qu’il reçoit. «D’abord, je dois dire que mon argent de poche arrive à peine à couvrir mes frais quotidiens. Je suis fumeur, je dois m’acheter au moins un café par jour et je prends mon déjeuner dehors. Il suffit que je m’achète des cigarettes, un café et un sandwich pour que je reste sans aucun sou. Il ne faut pas oublier aussi que j’ai fréquemment besoin d’argent pour recharger le solde de mon téléphone, pour faire des photocopies… Ce sont des choses essentielles et cela…se chiffre ! Il est vrai que j’éprouve un certain sentiment de culpabilité à voir le mal que se donnent mes parents. Il m’arrive souvent d’avoir honte de leur demander encore plus d’argent pour aller au stade ou pour sortir me divertir les week-ends. Mes parents ont d’autres charges et je sais qu’ils font vraiment de leur mieux pour subvenir à tous nos besoins. Il faut au moins leur être reconnaissant et arrêter de penser de manière égoïste», dit-il.
Jalel Mouelhi 17 ans, reçoit deux à trois dinars comme argent de poche quotidien. Le jeune homme arrive à peine à s’en sortir avec cette somme. Mais il se montre compréhensif parce que ses frais, à lui seul, dépassent les 250 dinars par mois. «La vie coûte vraiment cher. Même si les parents se donnent beaucoup de peine, ils ne peuvent pas subvenir à tous nos besoins ! Mon argent de poche ne couvre que les extras. De plus, je suis inscrit dans un lycée privé, on paye 65d par mois pour mes études, sans oublier les autres frais : polycopies, séries, fournitures, recherche sur Internet, compact disc… Et je ne suis pas un enfant unique, j’ai des frères et sœurs et ce n’est pas du tout évident de couvrir nos frais à tous. Nous avons aussi besoin de manger, de nous soigner, de porter des habits neufs etc. Cela sans compter le coût des loisirs: nos sorties au stade, nos soirées, nos rencontres au café, les parties de cinoche… Ce n’est pas du tout facile de pouvoir tout avoir surtout si les parents ont un budget modeste. Je comprends que mes parents soient parfois dans tous leurs états face à nos demandes interminables. Je suis très compréhensif et je ne leur demande jamais des choses qui dépassent leurs capacités. Je fais en sorte de réduire mes demandes pour ne pas les déranger. Je suis certain que s’ils avaient les moyens, ils n’hésiteraient pas une seule seconde à me procurer tout ce que je veux. Et c’est justement la raison qui me pousse à faire preuve de frugalité», dit-il.
Yasser, 16 ans, «coûte» plus de 300d par mois à ses parents. Le jeune homme reçoit entre 2 et 5 dinars quotidiennement en tant qu’argent de poche. Mais il arrive à s’en sortir même avec cette somme qu’il juge infime. «Je n’ai pas à me plaindre parce que mes parents essayent de ne me priver de rien. Mais la vie coûte cher ! Toutefois, je considère l’argent comme un simple moyen de vivre. Il ne faut pas en faire une raison d’être ! Celui qui fait preuve de frugalité et qui sait gérer un budget peut s’en sortir facilement. Par contre, il est tout à fait normal que d’autres éprouvent une grande peine s’ils veulent dépenser le double de ce qu’ils reçoivent ! La famille est une seule cellule, si chacun ne pense qu’à ses propres intérêts sans prendre en considération le budget familial, c’est toute la «barque» qui chavirera! Certains jeunes sont vraiment capricieux et égoïstes. Ils tapent du pied pour assouvir leurs envies impérieuses sans éprouver la moindre compassion à l’égard de leurs parents», dit-il.
Houssem Boughanemi, 17 ans, se montre très compréhensif lorsque ses parents ne peuvent pas assurer certaines de ses dépenses. Le jeune homme leur coûte déjà plus de 300d par mois et il pense que c’est déjà beaucoup. «Je dépense mon argent pour manger quelque chose, jouer aux jeux vidéo, recharger mon téléphone etc. Mes parents font de leur mieux pour subvenir à nos besoins. Mais parfois, il leur est totalement impossible de satisfaire tout le monde. Je sais pertinemment bien que mes parents sont incapables d’exaucer tous nos caprices. Il faut donc que je fasse preuve de responsabilité et de compréhension en mettant des limites à mes exigences. Le fait de demander, de consommer et d’exiger ne peut prouver qu’une chose: mon égoïsme parce qu’ils se plient déjà en quatre pour nous», dit-il.


Abir CHEMLI  




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com