Hafedh Zallit: Langage du temps





De retour en Tunisie, après un séjour de trois ans à Dubai, Hafedh Zallit, ne rentre pas les mains vides. Il nous concocte «Wasm» (Stigmate) un spectacle de danse contemporaine qu’on verra, pour commencer, au Théâtre d’art Ben Abdallah, samedi à 17h.
Hafedh Zallit est de ces artistes qui croient vraiment en l’art et en sa portée esthétique en son sens le plus noble. Danser pour lui ne veut pas dire, forcément, dire quelque chose. « On danse pour danser, pour donner libre cours à son corps qui s’exprime autrement que par les signes et les paroles», nous confie-t-il. De là est venu son projet de l’an 2006, qu’il a mené à bien au Centre culturel de la ville de Tunis, là où il a été appelé à former un groupe de jeunes. Dans la même foulée, ‘’Wasm’’ qui sera donné au Théâtre d’art Ben Abdallah, à 17h, apporte un langage nouveau à la scène artistique. Le principe consiste à épurer la scène de tous les stigmates qui peuvent l’entailler. Cette fois, Hafedh Zallit se produira sur scène avec Mohamed Ben Yahmed Bahri dans une prestation de 25 min. Sur scène les artistes tentent de prendre conscience de leurs corps, qui parlent sans dire un mot. Ils se déplacent en mouvement synchrone au ralenti comme en accéléré marquant, des temps d’arrêt et de mobilité. Ceux qui ne connaissent pas encore Hafedh, auront à découvrir un danseur chorégraphe, en mouvement ayant cumulé une expérience artistique de plus de 15 ans. Car dans le domaine de l’art contemporain, Hafedh Zallit n’est pas un novice. Petit rappel de ses principales escales artistiques :
Après une formation en Modern Jazz, danse contemporaine et classique au Centre national de la danse Borj Elbaccouche jusqu’en 1997, Hafedh a suivi divers stages à l’Académie nationale de la danse à Rome (Italie), Compagnie Balletto di Roma (Italie), et au centre Danças na Sidade (Portugal). Il intègre ensuite le Ballet national tunisien (Production 1997).
En 1998, Hafedh complète sa formation classique avec Nawel Skandrani au centre Ikâa où il a travaillé en tant que danseur et chorégraphe.
Depuis 2002, il fait partie de la compagnie «Théâtre de la Danse» comme interprète aux langages artistiques de Imed Jemaa. En Août 2003, il a été invité par la Compagnie Noname-Radar (Espagne) pour une nouvelle création de Rafael Linares.
Son expérience chorégraphique débute en avril 2000 avec les deuxièmes rencontres de danse contemporaine dans la Méditerranée arabe (Tunis) «N’importe où», puis Danças na Cidade, rencontre internationale de danse contemporaine (Lisbonne) en Août 2000. Il crée «Direction», une œuvre de 15min.
Au début de 2004, Hafedh a créé sa propre Compagnie Haraka qui donne “Pieds nus” dans le cadre de la 5e édition du Festival Dama à El Teatro. L’année suivante, il crée “Stress” (2005). De retour de Dubai après un séjour de trois ans durant, Hafedh a aujourd’hui, la tête sur les épaules et les idées plein la tête. «C’est une expérience très importante dans ma carrière artistique. Elle m’a amené à confronter mes idées à celles des autres. Et surtout à découvrir l’Autre, cet homme arabe qui parle notre langue mais qui réfléchit d’une manière différente de la nôtre». Le langage de l’art aurait pu rétablir la communication, même si cela ne dure que le temps d’une prestation.


Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com