Exposition : Des portraits racontant l’histoire





 Ali Bergaoui expose actuellement à la Maison de la Culture Ibn Khaldoun une série de portraits de personnalités ayant marqué l’histoire ancienne et contemporaine de la Tunisie depuis l’ère carthaginoise à l’ère nouvelle.
Ce travail de longue haleine et de «fourmi», selon l’expression de l’artiste aura duré toute une année. En effet, l’exposition se tient dans sa deuxième partie et réunit 31 portraits. «Portraits racontant l’histoire» thème choisi par l’artiste pour cette deuxième partie qui se tient jusqu’au 26 décembre en cours témoigne de la richesse même de son contenu. Ali Bergaoui a réussi, ou presque, avec une certaine fidélité à reproduire les figures des grandes célébrités dont les noms ont marqué la mémoire collective nationale et dont l’apport à la construction de l’Histoire de la Tunisie est indéniable. En tête de liste, on trouve naturellement le Président Ben Ali, artisan du Changement qui a ouvert pour la Tunisie les portes du changement synonyme de l’entrée dans l’ère nouvelle et du développement économique et social. Ensuite, le portraitiste consacre son ponceau pour immortaliser d’autres personnages qui ont marqué également d’une pierre blanche l’histoire ancienne et moderne de la Tunisie. Parmi ces figures de proue, on cite Ali Belahouane, Farhat Hached, Mohamed Ali El Hammi, Ali Bach Hamba, Mohamed Moncef Bey, Bchira Ben Mrad, Mohamed Tahar Ben Achour et la liste est encore longue. Des hommes politiques aux syndicalistes en passant par les savants les artistes, tous issus de bon nombre des catégories socioculturelles et politico-économiques, ont été immortalisées par le peintre. «Pour reconstruire ces figures, je me suis servi de la contribution des historiens qui m’ont aidé à répertorier ces célébrités grâce à des recherches pointues. Ce qui m’a permis d’immortaliser même des figures historiques les plus lointaines comme Hasdrubal, Juba 1er», explique le peintre. Mais l’artiste a-t-il réussi à reproduire tous ces portraits avec la fidélité requise ? La réponse à cette question semble mitigée. «Pour peindre les portraits des personnages comme Hannibal le Bracide, Jugurta ou Hamilcar, par exemple, je me suis basé sur des pièces de monnaie découvertes dans certains sites archéologiques et sur lesquelles sont gravés leurs portraits qui sont parfois en piètre état» reconnaît avec regret le peintre. Lui qui utilise la technique de la peinture à l’huile pour immortaliser ces figures de proue de l’histoire de la Tunisie est convaincu toutefois qu’avec les matériaux utilisés, il faut faire preuve de beaucoup de minutie pour reproduire avec fidélité ces portraits. Toutefois, avec l’évolution technologique, certains personnages ayant vécu sous l’ère contemporaine et dont la disparition ne date que de quelques années ou de trois ou quatre décennies sont les plus favorisés, puisque leurs photographies ou clichés susceptibles d’être reproduits sont trouvables dans leurs familles respectives. C’est le cas des clichés de Midani Ben Salah, Kaddour Srarfi, Ridha Kalai, Farhat Hached, entre autres facilement gardés soigneusement dans les archives tunisiennes.
Toutefois, on peut se demander comment Ali Bergaoui a pu reproduire des portraits des savants comme Ahmed Ibn Abi Dhiaf, Ibn Al Jazzar, surtout qu’ils ont vécu pendant une période où il n y avait pas d’appareils photo et non plus de grands portraitistes au Maghreb. C’était surtout l’époque du sommeil de la science arabe après la chute de Grenade. En revanche, si on devenait moins exigeant vis-à-vis du peintre qui ne peut, comme d’ailleurs bon nombre d’artistes, imiter avec toute la fidélité appropriée les portraits de ces grands noms ayant marqué l’histoire de la Tunisie, on peut néanmoins lui reprocher d’avoir omis dans sa liste d’autres grandes célébrités que l’histoire n’a pas oubliées. Dans les soixante et un portraits reproduits, on aurait bien voulu voir d’autres noms à l’instar de la reine Didon et des savants comme Okba Ben Nafaâ, le conquérant aghlabide, Al Imam Sahnoun, l’auteur de la «Moudawanat Al Ahkem», Abou Mohamed Ben Abi Zeyd Al Qairawani, auteur de la «Rissala», Ibn Arafa, auteur de «Al Mokhtassar Al Kébir» (le Grand Abrégé ), tous étaient des jurisconsultes de référence du rite malikite au Maghreb. On s’étonnerait aussi de ne pas voir parmi les figures immortalisées, les portraits comme ceux de Habib Bourguiba, l’ancien président et père de l’indépendance tunisienne, mais également Salah Ben Youssef et de nombreux sportifs qui ont signé pour la Tunisie des pages inoubliables de son histoire sportive et bien d’autres grands noms dont les plus rompus aux arcanes de l’histoire de la Tunisie reconnaîtront la contribution à la construction d’un un pan entier du passé de la Tunisie.


Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com