Les jeunes et la fête de fin d’année : Juste pour l’ambiance !





L’année 2008 tire à sa fin. La nouvelle année administrative pointera bientôt du nez. Les jeunes, adeptes de divertissement, profitent de l’occasion pour faire la fête d’autant plus que le réveillon aura lieu durant les vacances d’hiver. Que leur inspire la fête de fin d’année ? Et quel programme envisagent-ils justement pour l’occasion ?

Tunis-Le Quotidien
Plusieurs enseignants demandent aux écoliers de préparer des cartes de vœux et des cadeaux manuels en tant qu’exercices pour les travaux pratiques en arts plastiques. Fête des mères, Aïd, «Mouled»…tout y passe, même les fêtes qui ne sont pas de chez nous. En parallèle, plusieurs fêtes sont célébrées par les foyers tunisiens, notamment le réveillon. Pour le jour de l’an, certaines familles décorent leurs maisons de fleurs et de paillettes et préparent des repas copieux et spéciaux. Le soir, on peut même tirer des feux d'artifice… Grandissant dans une telle atmosphère, les jeunes s’habituent à la célébration de tout ce qui a trait aux festivités. Et comme ils ont la réputation de s’imprégner du «way of live» occidental, les jeunes n’hésitent pas à fêter le nouvel an puisque cela leur permet de s’«éclater». Ils considèrent le réveillon comme une grande occasion. Ils portent donc des vêtements neufs, se font une beauté et s’apprêtent à accueillir le nouvel an dans la joie. Une minorité reste avec la famille, la majorité sort pour faire la fête. Mais, pour les uns comme pour les autres, le réveillon rime avec gaieté et festivités…
Wajdi, 18 ans, voudrait tant passer une soirée… «d’enfer» . «Je compte sortir avec mes amis. Sauf que je dois d’abord avoir assez d’argent. Le réveillon avec la famille a vraiment un goût très fade et insipide. On se réunit, certes, autour d’une table bien garnie, mais il n’y a aucune ambiance spécifique. A vrai dire, ce n’est pas le réveillon en tant que tel qui suscite mon intérêt, ce que je cherche le plus, c’est plutôt l’ambiance festive liée à cette fête. Il faut absolument que je sorte la veille du nouvel an pour pouvoir changer d’air et recevoir la nouvelle année avec des chants, de la danse et de la musique. L’an dernier, je suis allé dans un restaurant aux berges du lac avec mes amis. Nous y sommes restés jusqu’au matin. Nous avons dansé, chanté, crié…la nouba quoi ! Toutefois, je suis foncièrement contre la consommation d’alcool. Je choisis des endroits assez «sains» parce que même si je me permets de m’éclater, je ne dois jamais dépasser les bornes», dit-il.
Mokhtar, 18 ans, a l’habitude de sortir pour célébrer le réveillon. Le jeune homme ne peut pas supporter l’idée que d’autres fassent la fête alors qu’il reste cloîtré entre quatre mûrs. «Je ne rate aucune occasion pour faire la fête. Certains jugent mal ceux qui fêtent le réveillon dans la mesure où c’est une fête essentiellement occidentale. Mais cela fait juste quelque temps que je me suis rendu compte que cela a un rapport avec la naissance du Christ. Moi, je cherche à faire partie de la fête, c’est tout. Ce n’est pas la raison que je célèbre. Cela me permet de finir une année en beauté et de recevoir une nouvelle avec bonne humeur. L’année dernière, je suis allé dans une boîte de nuit à Gammarth avec plein d’amis. L’ambiance y était vraiment bonne. Je n’ai encore rien prévu pour cette année, mais ce dont je suis sûr, c’est que je ne vais pas rester à la maison. Il m’est impossible de rester tranquillement chez moi à regarder la télé en famille alors que mes pairs s’éclatent ailleurs», dit-il.
Amine, 19 ans, n’a également rien prévu jusqu’à présent. Mais il fera en sorte de sortir faire la fête peu importe l’endroit. «Ma famille n’a jamais fêté le réveillon. Mes parents sont très attachés à nos racines arabo-musulmanes. Pour eux, le fait de fêter le nouvel An, Noël ou Pâques, c’est du pareil au même. Ils sont catégoriques sur ce point : rien de spécial pour ce genre de fêtes ! Donc, si j’ai envie de me divertir, je dois bien sortir. L’année dernière, je suis resté au quartier avec une bande de copains. Nous avons fait les fous à l’approche de minuit. C’était juste pour marquer le passage d’une année à une autre. Tout ce que je cherche, c’est une ambiance agréable ! Et il suffit d’avoir une bonne compagnie pour que cela se fasse», dit-il.
Ahmed, 16 ans, préfère sortir avec des copains pour jouir de l’ambiance festive du réveillon. «L’année dernière, je suis allé chez un copain. Ses parents étaient en voyage, on avait donc la maison rien que pour nous. C’était une soirée dansante avec une énorme chaîne stéréo, un dîner copieux, des boissons et plusieurs jeux. Chacun a apporté des plats, des gâteaux, des boissons ou des amuse-gueules… Cela nous a permis de nous éclater. Nous étions nombreux et il y avait une bonne ambiance. On a fait la nouba jusqu’à l’aube… Il suffit que tout le monde partage les mêmes goûts, la même tendance et que les invités s’entendent pour que la soirée réussisse. Les mets ne comptent pas vraiment. Ce qui compte en revanche, c’est que tout le monde se sente à l’aise et dans son élément. Toutefois, il faut aussi se montrer responsable parce que certains jeunes peuvent aller vraiment loin ! Le fait de faire la fête leur fait perdre la tête et ils peuvent faire l’objet de plusieurs dépassements, dont la consommation abusive d’alcool. Or cette fête est juste censée casser la monotonie quotidienne, nous permettre d’enterrer l’année écoulée et de recevoir la nouvelle année avec gaieté de cœur», dit-il.


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com