Bilan de la qualité de l’air en Tunisie en 2008 : Dépassements des normes et situations critiques





Les mesures prises par le réseau national de la surveillance de la pollution atmosphérique dans les principales villes du pays ravivent les craintes quant la dégradation de la qualité de l’air en Tunisie. Le bilan du premier semestre de 2008 fait état de plusieurs cas de dépassements.


Tunis-Le Quotidien
Les données statistiques collectées par le biais des stations du réseau national de surveillance de la qualité de l’air, durant la période qui s’étale entre janvier et juillet 2008, sont venues ressusciter les inquiétudes à propos de la montée de la pollution de l’air en Tunisie.
Les résultats d’un semestre de surveillance ont été analysés dans un dossier publié dans le bulletin spécial du ministère de l’Environnement et du développement durable. Selon le document, le traitement des données collectées a été fait à travers une technique (appelée boîte à moustaches) qui permet de bien déceler les taux polluants dans l’air.
La surveillance de la qualité de l’air consiste en fait à comparer le taux de certains polluants qui existent dans l’atmosphère par rapport aux normes tunisiennes.
L’intérêt est particulièrement porté sur quatre types de polluants, dont l’effet sur la santé et sur l’environnement est considéré plus ou moins néfaste. L’ozone, le dioxyde de soufre, le dioxyde d’azote et les particules en suspension sont en effet les principales substances que les spécialistes surveillent avec une grande attention.
Dans leur bilan relatif aux six premiers mois de 2008, les surveillants du réseau national de la qualité de l’air ont conclu, à propos de l’ozone, que de toutes les valeurs enregistrées à travers la république, les valeurs collectées au niveau de la station de Manouba, s’avèrent élevées et ont dépassé la norme tunisienne en la matière. Toujours à propos de l’ozone, les observations effectuées au cours de la même période au niveau de la station du Pôle El Ghazala ont montré que 75% des valeurs dépassent la moyenne empirique enregistrée à la Manouba.
S’agissant de dioxyde de soufre, l’autre polluant nuisible, les observations ont fait ressortir que les valeurs les plus élevées sont signalées à Gabès et Sfax. La comparaison des moyennes sur trois heures en dioxyde de soufre a permis de constater plusieurs dépassements dus aux activités industrielles très intenses dans ces deux villes. A Sfax, les valeurs les plus élevées sont observées pendant les mois de février et mars. A Gabès, c’est durant les trois mois de mars, avril et mai que le dioxyde de soufre atteint les niveaux les plus élevés.
Enfin, les particules en suspension (ou les poussières) qui sont classées parmi les substances dangereusement polluantes, les observations faites par le réseau national de surveillance de la qualité de l’air ont permis de repérer des situations critiques dans certains emplacements. Des dépassements ont été en fait enregistrés entre janvier et juin 2008 au niveau des stations de Sfax et de Bab Alioua (à Tunis). 
Les spécialistes, qui considèrent que les résultats obtenus confirment la corrélation entre l’évolution des activités polluantes et la montée de la pollution atmosphérique, estiment en revanche qu’il est impératif que les dépassements enregistrés dans certaines villes soient étudiés avec une plus grande attention.

Hassen GHEDIRI

* Les 4 polluants qui dérangent

1- L’ozone. Bien qu’il soit un polluant secondaire, l’ozone est un composé chimique qui provoque les toux. Comportant 3 atomes d’oxygène (O3) lorsqu’il est respiré en grande quantité, l’ozone devient toxique. Il peut induire des altérations pulmonaires et des irritations oculaires. Sur l’environnement, il a un effet néfaste sur certaines cultures et contribue à l’effet de serre.


2- Le dioxyde de soufre est un composé chimique constitué de deux atomes d'oxygène et d'un atome de soufre (SO2). C’est un gaz dense, incolore et toxique. Son inhalation est fortement irritante. Ses effets sur la santé sont l’irritation des muqueuses de la peau et des voies respiratoires supérieures en agissant en synergie avec les particules fines. Sur l’environnement, le dioxyde de soufre se transforme en acide sulfurique au contact de l’humidité de l’air et participe au phénomène de pluies acides. Il contribue aussi à la dégradation des bâtiments.


3- Le dioxyde d’azote : il s’agit d’une molécule composée de deux atomes d'oxygène et d'un atome d'azote. Ses effets sur la santé se manifestent à travers l’irritation des bronches, l’augmentation des crises et de leur gravité chez les asthmatiques. Enfin il favorise les infections pulmonaires chez les enfants.


4- Les particules en suspension. Elles pénètrent selon leur taille plus ou moins profondément dans les poumons pour y provoquer l’irritation des voies respiratoires. Certaines particules peuvent parfois devenir cancérogènes. L'OMS a estimé que le taux actuel de particules dans l'air est un facteur de diminution de l’espérance de vie. En Europe, ce sont environ 348 000 morts prématurées par an qui sont attribuées à cette pollution.


H.G.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com