Basket…Ridha Labidi (Entr. E.S.S.): «Un magma de fierté et de frustration»





L’ESS, qui peut s’enorgueillir d’avoir été la première équipe tunisienne à avoir organisé une phase finale de CACC, a raté d’un souffle la consécration continentale. Retour sur cette prestigieuse joute avec Ridha Labidi, le premier responsable technique de l’équipe et l’un des principaux artisans de ce haut fait.
Avant tout, une idée générale sur le niveau technique de cette phase finale
Hormis les équipes du Congo et de la Guinée, les autres ont exhibé un niveau assez appréciable, avec, bien entendu, une mention spéciale pour les Angolais. Les Africains sont, en général, très forts physiquement et se prévalent d’une grande agressivité aussi bien offensive que défensive ainsi que d’un basket d’inspiration. Tactiquement, ils sont tout juste moyens, si l’on excepte les Libyens d’Al Chabab qui se sont bien renforcés, avec notamment le recours d’un Américain et d’un Sénégalais, et bien sûr les deux équipes angolaises, à la maturité tactique consommée, je ferai aussi, volontiers, allusions aux Nigérians de Kano Pillars, une équipe qui force le respect.
Toujours est-il que, globalement, le niveau de mise lors de ce tournoi reste en deçà de ce que l’on appréhendait.
Toujours à propos de niveau, comment évaluez-vous celui de l’arbitrage ?
Nous avons été, à vrai dire, assez pris de court par l’arbitrage africain. Celui-ci autorise le contact et tolère une relative marge d’agressivité, une caractéristique à laquelle nos basketteurs ne sont pas habitués. Je n’avais d’autre alternative que d’exhorter mes joueurs à s’adapter à cette donne, ce dont ils se sont prévalus au fur et à mesure, finissant par lutter à armes égales avec nos antagonistes.
Venons-en à l’ESS. Estimez-vous que cette deuxième place constitue une performance de taille ou laisse un arrière-goût d’amertume ?
Un peu les deux à la fois. Avant le démarrage du tournoi, nous nous sommes assignés comme objectif, l’accession au dernier carré d’as. Mais arrivés à l’apothéose finale, nous nous devions, dans nos murs et devant notre valeureux public qui est venu en masse nous soutenir, de remporter le titre, quand bien même notre adversaire serait Primero Agosto, la meilleure équipe du continent. A la clé, un mélange de fierté et de frustration.
Qu’est-ce qui a justement fait défaut au cours de la finale ?
D’abord l’expérience de ces grands rendez-vous. En effet, c’est la première fois que mes joueurs se trouvent emballés dans une aventure aussi pointilleuse. A titre indicatif, un garçon comme Mejri, qui n’a pas du tout démérité, n’a que quatre petites années de basket comme vécu sportif. En outre, au cours de cette finale, la réussite au niveau de tirs, notamment à 3 points, nous a cruellement fait défaut. Avec notre Américain, Hardy Jamar malheureusement blessé, nous aurions trouvé d’autres solutions, particulièrement offensives. C’est ainsi que les intérieurs angolais seraient sortis de leur zone et nous aurions alterné jeu périphérique et jeu intérieur (offensif), dans lequel nous n’avons pu rivaliser avec les Angolais.
Toutefois, et sur l’ensemble du tournoi, l’ESS a réalisé une grande performance, à la lumière des statistiques qui révèlent que la meilleure attaque et la meilleure défense ont été l’apanage de l’Etoile.
Un mot pour abréger...
J’espère que l’ESS, ainsi que le SN qui a réalisé un parcours tout aussi probant que le nôtre, sont parvenus à baliser le chemin menant à la conquête de l’Afrique. «Mon vœu est que cette 23e édition aura constitué un tournant dans notre basket avec la démystification de l’Afrique, considérée comme une forteresse inexpugnable. Sur un autre plan, je remercie de tout mon cœur la JSK ainsi que l’ESR, qui ont administré une belle leçon de solidarité et de patriotisme en cédant leurs atouts majeurs en pleine compétition nationale. D’autres clubs tunisiens, ont fait un geste tout aussi chevaleresque, à l’instar de l’USM, qui a proposé la cession de Zied Jaâfar. Ces clubs ont prouvé que quand il s’agit de la défense du drapeau national, tous les paramètres autres que ceux cristallisant l’osmoc et la communion nationales, deviennent totalement cadcus. Au nom de la famille étoilée élargie, je réitère à leur adresse toute ma reconnaissance.


Propos recueillis par Wahid SMAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com