IPEST : «Nous avons des devoirs envers les ingénieurs de demain !»





Que se passe-t-il à l’Institut préparatoire aux études scientifiques et techniques (IPEST) ? La fine fleur des étudiants tunisiens qui vont devenir les ingénieurs de demain méritent une explication claire et définitive sur les bourses d’études en France auxquelles ils tiennent tant pour prendre le train de l’excellence.

Tunis - Le Quotidien
Comme s’ils étaient synchronisés, les problèmes des aspirants ingénieurs de l’IPEST ont émergé au moment où un Tunisien, le Pr Mounir Hamdi, a été nommé à la tête du Département d’Engineering des Sciences de l’Informatique à l’Université de Hong Kong à partir du 1er juillet 2008, succédant ainsi au Pr Lionel Ni, un Américain.
Il y a à peine quelques mois, nous avions été pris à témoin de ce que l’Institut préparatoire aux études scientifiques et techniques (IPEST) venait de signifier à ses élèves en fin de ‘‘prépa’’ que seuls 30% d’entre-eux pouvaient décrocher une bourse d’études en France.
Pour saisir le sens de la situation, il fallait rappeler ce que disait l’IPEST lui-même : ‘‘…pour avoir une meilleure adaptation du profil des ingénieurs aux besoins d’une industrie qui se modernise, il faut susciter une dynamique et une compétition entre les différentes écoles d’ingénieurs. Faire en sorte que les meilleurs étudiants choisissent les écoles en fonction du niveau de formation qu’elles peuvent offrir, c’est ce qui a motivé l’institution d’un concours national d’entrée aux écoles d’ingénieurs, à l’image du système français’’. Profession de foi fort honorable que les étudiants ont évidemment pris au pied de la lettre. Ils travaillent donc d’arrache-pied pour partir en France concrétiser cette adaptation de leur profil d’ingénieur aux plus hauts standards de l’excellence.
C’est donc dire leur déception en ayant connaissance de cette décision. Et l’épisode n’est pas encore fini puisque, encore une fois, l’un de ces jeunes gens nous a confié son dépit de ce que les étudiants de l'IPEST étaient déroutés pour la énième fois !
Selon lui, ils préparaient dans la sérénité leur concours d'accès aux grandes écoles françaises, mais voilà que l'administration leur fait le classique coup de lapin : Pas d'inscriptions aux concours français. Les étudiants ont alors interrompu les cours et se sont adressés au ministère pour des explications (avec toutes les pertes de temps et d’épisodes douloureux que cela suppose).
Les étudiants de l’IPEST sont entrés encore une fois dans un dialogue de sourds avec leur administration (pour la 4e fois en deux ans) à propos de la prise en charge de leur participation aux concours des grandes écoles françaises ainsi que de leurs bourses d'études dans ces établissements.
Certains ont cru comprendre que cette question avait été définitivement résolue en juin dernier lorsqu'une source officielle a assuré que la circulaire objet du litige ne concerne que la prochaine promotion de l'IPEST, celle qui sera orientée à cet institut pour l'année universitaire 2008-2009. Quant aux promotions qui poursuivent actuellement leurs études à l'IPEST (la 1ère et la 2e année), elles ne seraient pas concernées.
Il y eut un peu de cafouillage en août dernier lors de l'attribution des accords de bourses mais, finalement, tous les étudiants de la 2e année de l'IPEST ont obtenu leurs bourses. Le conseil des classes du 15 décembre dernier a continué dans cette démarche et a accordé la prise en charge de l'administration à tous les 157 étudiants de l'IPEST pour participer au Concours Commun de Polytechnique en France. Les meilleurs éléments ont obtenu, en plus, la possibilité de participer aux concours de l'Ecole Nationale des Mines, de l'Institut National des Télécommunications et du concours X.
Mais alors que les étudiants continuaient à préparer dans la joie leurs concours, coup de théâtre ! A deux jours de l'expiration des délais de participation aux concours français (15 janvier 2009), les groupes de la 2e année ont été informés que seuls 53 (sur 157 étudiants) seront éligibles aux concours français. Les autres devront compter sur leurs propres moyens et que le reste a été affecté au Concours Commun Polytechnique (CCR).


Manoubi AKROUT
manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com