Les jeunes et la chance : Seul le travail est payant…





Certains jeunes pensent que la poisse leur colle à la peau ! Essoufflés, ils ne font plus aucun effort. D’autres relèvent le défi et tiennent à conjurer le mauvais sort. Ils trouvent que l’homme est capable de maîtriser son destin. Et entre les uns et les autres, il y a de sacrés veinards, ceux à qui la chance sourit tout le temps ! Les jeunes croient-ils justement à la chance ou ont-ils, au contraire, un esprit cartésien ?


Tunis-Le Quotidien
La vie rechigne parfois à sourire à certains. Les uns ne lâchent jamais prise avant de parvenir à leurs fins et font contre mauvaise fortune bon cœur. Les autres finissent par baisser les bras. Le fait d’affronter continuellement des obstacles les pousse à croire qu’ils ne peuvent vraiment rien contre la guigne qui s’obstine à leur coller aux basques. Et entre les uns et les autres, bon nombre de jeunes ont rarement l’occasion de faire des efforts. Chanceux, tout leur réussit ! Ces croyances extraordinaires ne relèvent pas de l’imaginaire. Nombre de personnes y croient dur comme fer, dont les jeunes.
Zied, 16 ans, croit à la chance. Le jeune homme pense que certains naissent avec une cuillère en or dans la bouche et trouvent les portes tout bonnement ouvertes devant eux sans avoir à faire le moindre effort. En revanche, le jeune homme croit que le travail et la patience finissent aussi par donner leurs fruits. «II est vrai que certains sont plus chanceux que d’autres. Ils naissent dans une famille aisée et équilibrée. Ils ont toutes les conditions qu’il faut pour évoluer normalement et réussir dans leur vie sans qu’ils aient à dépenser beaucoup d’énergie. Parfois, l’on remarque que quelqu’un jouit d’une beauté exceptionnelle, il est issu d’un milieu aisé et possède une intelligence qui lui permet de réussir dans sa vie. Cela nous donne l’impression qu’il est vraiment gâté par la nature. Alors qu’un autre peut avoir un physique modeste, une intelligence limitée et des moyens matériels vraiment restreints. On peut même trouver cela injuste. Mais, si l’on a la foi et le sens de la frugalité, on doit croire que Dieu en a voulu ainsi et qu’on n’a pas le droit de chicaner et de se rebiffer. C’est comme ça ! Et quoi qu’on fasse, on ne pourra pas aller contre la volonté de Dieu. Mais cela ne veut pas dire qu’on reste les bras croisés ! Il faut qu’on essaye d’améliorer notre sort. Et puis l’on doit croire qu’un jour ou l’autre nous serons récompensés pour notre patience et notre labeur. D’ailleurs, on ne peut pas tout imputer à la chance. Parfois deux frères, ayant exactement les mêmes conditions de vie, n’ont pas du tout le même sort. Pourquoi ? Eh bien, l’un a fait preuve de paresse et il a fini par échouer alors que l’autre a cravaché dur, a saisi des occasions au vol et fini par monter en flèche. Il ne faut donc pas trop compter sur la chance. Certes ça aide, mais ce n’est jamais suffisant. Il faut savoir forcer le destin», dit-il.
Yacine, 16 ans, croit aussi que la chance existe, mais le jeune homme pense aussi que l’être humain peut créer sa propre chance lui-même. «Certaines personnes sont vraiment chanceuses. Il suffit qu’elles fassent un tout petit effort pour que cela marche. Par exemple, certains élèves qui ne sont pas particulièrement intelligents ou studieux se contentent de réviser un seul cours par pur hasard la veille de l’examen. Et comme par miracle, c’est sur ce même cours que portera l’examen ! Un autre élève, par contre, même s’il est vraiment studieux et sérieux peut rater son examen parce qu’il a eu un trou de mémoire ou parce qu’il a eu un accident la veille. Cela prouve que la chance existe ! Mais ce n’est pas une raison de baisser les bras pour autant ! Je pense qu’on doit faire tout ce qu’on peut et ne rien laisser au hasard. Je crois qu’un travail assidu finit toujours par donner ses fruits. Il est vrai que certains sont chanceux, mais les autres doivent créer leur chance. En ce qui me concerne, je n’ai pas à me plaindre côté chance ! A vrai dire, parfois je me demande même comment est-ce que j’arrive à sortir toujours vainqueur sans faire d’efforts, bref, j’ai fréquemment la chance de mon côté, Dieu merci», dit-il.
Maher 16 ans, pense que le fait de se lamenter sur notre sort ne sert absolument à rien. «La chance ? Oui, certains en ont. Mais je pense que ce n’est pas une raison de croiser les bras en attendant qu’une opportunité vienne frapper à notre porte ! Rien ne se donne gratuitement dans la vie et l’être humain est redevable de travailler et de faire des efforts pour récolter les fruits de son labeur. Je ne crois pas du tout que le fait de porter une amulette ou d’aller visiter un marabout va nous ouvrir des portes ! Les personnes défaitistes sont les seules à justifier leur échec par la malchance ! Il faut qu’on fasse des efforts et qu’on ne se laisse jamais vaincre par les obstacles. Et il faut surtout croire à la justice divine qui récompensera toute personne pour les efforts qu’elle fournit. Parce que même celui qui croit traîner la poisse finira par changer le cours des événements avec sa persévérance et sa foi. J’ai rarement de la chance. Pis encore, parfois tout me semble marcher de travers, mais je tiens bon et un jour ou l’autre, je briserai la poisse», dit-il
Sadok, 20 ans, pense que la chance ne peut être toujours présente. «On peut voir une personne qui semble vraiment réussir sur tous les plans. On va croire qu’elle a beaucoup de chance ! Or, je crois juste qu’elle sait juger et calculer juste et qu’elle sait faire les bons choix et au moment opportun. Si on reste les bras croisés, qu’on fait de mauvais choix et qu’on ne fait pas d’efforts pour s’améliorer, on ne doit pas s’attendre à des miracles ! Et puis on n’a surtout pas le droit de dire qu’on n’a pas de chance. Nous sommes responsables de ce qui nous arrive. Je suis certain que celui qui travaille correctement et qui sait juger juste finira par réussir. Ce n’est pas une question de chance, mais une question de logique et de justice. Il faut croire que l’on finit toujours par avoir ce que l’on mérite. Personne ne doit baisser les bras soi-disant parce qu’il a la poisse ou parce qu’il manque de chance. Cela me révolte et je crois que l’homme est le premier responsable de sa destinée. Dieu nous a dotés d’une raison, il faut donc en faire bon usage. Certes, parfois certaines personnes réussissent sans faire le moindre effort, mais c’est exception. L’année dernière, je n’ai pas du tout étudié et j’ai tout de même réussi. C’était un coup de chance, certes ! Mais, je ne dois pas m’attendre que m’arrive cette année encore, on ne sait jamais», dit-il.


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com