STEG : Deux nouvelles centrales électriques et un regret pour le solaire !





En 2013-2014, deux centrales électriques entreront en service en Tunisie et tous ceux qui croient aux questions d’environnement et de maîtrise d’énergie ne peuvent réfréner un petit pincement au cœur en se demandant si la consolidation des cycles combinés ne fragilise pas nos choix en matière d’énergies renouvelables et surtout solaire.


Tunis-Le Quotidien
Deux annonces, coup sur coup ! Presque 1000 Mégawatts de plus à ajouter à la puissance déjà installée en Tunisie et qui est de l'ordre de 3314 MW.
D’abord le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des PME qui vient ainsi de lancer un appel d’offres de pré-qualification pour la réalisation (en concession) d’une centrale électrique à cycle combiné 350 à 500 MW, incluant l’exploitation de la centrale pendant 20 ans et, en option, une deuxième tranche de même puissance. La centrale sera mise en service au cours du deuxième trimestre 2014, et sera située dans la zone de Bizerte.
Et puis la Société Tunisienne de l'Electricité et du Gaz (STEG) qui se propose de lancer un appel d'offres relatif à la réalisation d'une centrale électrique à Sousse comprenant un groupe à cycle combiné mono arbre (dit «SINGLE SHAFT») d’une puissance totale comprise entre 380 et 450 Mégawatts électriques aux conditions ISO. L'entrée en exploitation de la centrale en question a été programmée pour la fin du premier trimestre 2013. Le contrat pour l'entretien de la centrale devra être signé en même temps que le contrat de réalisation, et portera sur une période de 12 ans à compter de la mise en service.
C’est une concrétisation de la stratégie de la STEG dans le domaine de la production de l'électricité. Dans les années à venir, ses efforts seront orientés essentiellement vers le développement des énergies renouvelables, l'adoption des technologies utilisant le gaz naturel pour la production de l'énergie électrique et la préparation des énergies de substitution des combustibles fossiles. C’est que la STEG a la vocation de produire l'électricité à partir de différentes sources (thermique, hydraulique, éolienne, …).
La STEG dispose aujourd’hui d'un parc de production diversifié et réparti en 23 unités de production (turbines à gaz, turbines à vapeur, cycles combinés, hydrauliques, éolienne) d'une puissance installée de l'ordre de 3.314 MW en 2007.
Certes, les choix technologiques adoptés par la STEG s'expliquent par son souci permanent de trouver un meilleur compromis entre les exigences de fiabilité, de disponibilité, de maîtrise des coûts et du respect de l'environnement. Mais les vecteurs des énergies renouvelables ressemblent malheureusement à des parents pauvres, surtout le solaire.
Nous savons tous que la STEG a intégré la technologie éolienne parmi ses choix de production. Une première centrale de 20 a été mise en service en 2000 à Sidi Daoud au Nord Est du pays. Elle a connu une première extension de 35 Mégawatt (MW) et une nouvelle extension de la même puissance est en cours. Un projet de réalisation d'une centrale éolienne de 120 Mégawatt (MW) est en cours sur trois sites au nord du pays. L’éolienne décolle, dites-vous ? Il est vrai que la STEG a beaucoup investi et s’est donné beaucoup de mal pour concrétiser cette orientation de notre politique en matière d’énergie. Malheureusement, la part de l’éolien dans la production nationale est un iota insignifiant jusqu’à présent. Et c’est peut-être cet exemple qui nous laisse en retrait par rapport au solaire alors que la Tunisie est un pays bénéficiant de plus de 300 jours de plein soleil pas an. Les technologies photovoltaïques ont beaucoup évolué ces dernières années et les expériences qui ont déjà réussi en Tunisie pourraient en tirer grand profit et donner des exemples viables à ceux qui hésitent.


Manoubi AKROUT
manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com