Humeur : Insubordonné adjoint





* Par Wahid Smaoui
Un certain phénomène, dont nous ne saurons dire présentement s’il est réellement inquiétant, est en train de prendre de la consistance et de s’ancrer dans nos mœurs footballistiques, à savoir la nouvelle mentalité des entraîneurs-adjoints.
Ces derniers, en effet, parmi lesquels nous citerons, à titre indicatif, les plus exubérants et les plus extravertis, tels que Kanzari, Zaâboub et Guermiti, se comportent dans la guérite, tout au long d’une rencontre, comme s’ils étaient les vrais patrons de l’équipe.
Passe si, ce faisant, ils sont chargés par les entraîneurs en chef de transmettre des consignes précises aux joueurs. Il s’agirait, dans ce cas, d’une forme de collaboration et d’une ligne de conduite dûment tracées.
Nous assistons, cependant, à une attitude, de la part de ces entraîneurs-adjoints, qui trahit une volonté délibérée de voler la vedette à leurs chefs hiérarchiques. Ils vont même, dans leurs déclarations, comme l’a si bien explicité Zaâboub il y a une dizaine de jours, jusqu’à se sentir vexés et offusqués de tenir un rôle subalterne. Faisant l’amalgame entre diplômes dont ils se prévaudraient et tâche réellement assignée et dévolue, ils crient à qui veut bien les entendre qu’ils sont indignés et frustrés jusqu’à la substantifique moelle, de n’être ni écoutés, ni consultés. Sonnante et trébuchante illustration en a été faite par Guermiti durant l’intérim qu’il a assuré. Concernant Kanzari, tout un chacun sait qu’en guise de consolation, un blanc seing, une sorte de carte blanche, lui a été offert sur un plateau d’or (autant lui avoir confié officiellement et une bonne fois pour toutes les rênes techniques de l’équipe). Revers de la médaille, l’entraîneur en chef a été totalement éclipsé et effacé. Et Do Moraïs a compris le protocole à respecter. Le Portugais ne rate, du reste, aucune occasion pour féliciter son adjoint, pour «la qualité du travail effectué», comme s’il en était complètement exclu. Certains soutiendront que c’est la cuisine interne du club et que, de ce fait, aucun «intrus» n’a le droit de s’y immiscer. Soit, mais lorsque ce phénomène fait tache d’huile, s’infiltre insidieusement dans nos divers clubs, entraînant dans son sillage un total embrouillamini au niveau de la répartition des rôles, préjudiciable à la teneur qualitative du travail entrepris, notre devoir est de crier haro sur pareilles pratiques. L’une des innombrables facettes du professionnalisme, auxquelles entorse est faite au quotidien, c’est aussi le respect de la hiérarchisation rigoureuse et draconienne du travail, n’excluant pas la saine et transparente collaboration.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com