Washington-Téhéran : Obama prêt à tourner la page?





Selon The Guardian, l'administration américaine travaille à la rédaction d'une lettre que Barack Obama souhaite adresser à la République islamique pour tourner la page de leurs relations tumultueuses. Téhéran se dit prêt à être coopératif... si les Gi's quittent l'Afghanistan.


Le Quotidien — Agences
Trois jours après la «main tendue» de Barack Obama à Téhéran, Washington semble plus que jamais déterminé à rompre avec la politique pratiquée par George W. Bush à l'égard de la République islamique et à relancer un dialogue bilatéral, en berne depuis trente ans.
Selon The Guardian, l'administration Obama plancherait sur la rédaction d'une lettre destinée à apaiser ses relations avec la République islamique et ouvrir la voie à un nouveau dialogue bilatéral.
Ce courrier pourrait être adressé au peuple iranien et envoyé au Guide suprême Ali Khamenei ou encore prendre la forme d'une simple lettre ouverte.
D'après le quotidien britannique, le Département d'Etat n'a pas attendu la nomination d'Hillary Clinton à sa tête pour se mettre à l'œuvre : il a commencé à travailler sur ce texte dès l'élection du nouveau président américain, le 4 novembre dernier, pour répondre au message de félicitations envoyé par le président iranien, deux jours après la présidentielle.
Au moins trois moutures de lettre auraient d'ores et déjà été rédigées.
Selon des officiels du Département d'Etat, Washington y donne notamment l'assurance qu'il ne cherche pas à renverser le régime islamique, sur un ton conciliant. En échange, les Américains réclament tout de même un changement de comportement de la part de l'Iran, et lui demandent de ne plus se présenter comme un Etat sponsor du terrorisme.
Une autre version du texte conseille également à la République islamique de réfléchir à tous les bénéfices qu'elle pourrait tirer en abandonnant son statut de paria aux yeux des Occidentaux.
Pour Téhéran, le prix de la réconciliation est un retrait d'Afghanistan. Un responsable du département d'Etat a précisé que pour l'instant la question de la politique à l'égard de l'Iran faisait l'objet d'un examen et a refusé de faire des commentaires sur le projet de lettre.
Le quotidien britannique ne fait pas mention de référence au problème du nucléaire iranien dans le texte. Ce dossier préoccupe pourtant beaucoup les Américains et leurs alliés européens qui soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous le couvert d'un programme civil, ce que réfute l'Iran.
D'après The Guardian, la reprise des relations diplomatiques revêt d'ailleurs une certaine urgence, dans la mesure où Israël pourrait lancer des opérations unilatérales contre les installations nucléaires iraniennes. Par ailleurs, l'idée d'impliquer l'Iran dans les efforts de stabilisation en Afghanistan gagne du terrain, apparaissant comme un autre moyen d'ouvrir le dialogue.
Une idée qu'a évoquée jeudi au Forum économique mondial de Davos le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki. «Si la nouvelle administration américaine, comme Obama l'a dit, change sa politique, pas dans les mots mais dans les faits, elle trouvera une région (le Moyen-Orient) coopérative, et cela comprend l'Iran». Précisant aussitôt que le prix à payer est le départ des GI's d'Afghanistan : rappelant que Barack Obama avait promis à ses électeurs un retrait américain d'Irak, Manouchehr Mottaki a ajouté : «Nous pensons que cela devrait être étendu à l'Afghanistan».
Cette nouvelle déclaration intervient au lendemain d'un discours assez ferme de Mahmoud Ahmadinejad à l'égard des Etats-Unis. Le président iranien, qui a annoncé mercredi qu'il était candidat à sa succession lors des élections de juin, a notamment énuméré une longue liste de griefs contre le «Grand Satan». Pour autant, le président n'aura pas le dernier mot en la matière : ce sera au guide de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei de décider ou non d'une inflexion de la politique étrangère iranienne.
Face à un dossier aussi complexe, Barack Obama devrait d'ailleurs annoncer la nomination d'un émissaire spécial pour l'Iran, rattaché à Hillary Clinton dans les jours à venir. L'expert du Moyen-Orient et ancien collaborateur Clinton Dennis et de George H.W. Bush, Dennis Ross, semble tout désigné pour le poste.

Trente ans après : L'Iran affirme que la révolution dépasse ses frontières

Les dirigeants iraniens ont rendu hommage hier au fondateur de la République islamique, l'imam Khomeiny, à l'occasion du coup d'envoi du 30e anniversaire d'une révolution dont ils ont affirmé qu'elle dépassait les frontières du pays. "Trente ans plus tard, la révolution est toujours vivante et vivace", a déclaré le président Mahmoud Ahmadinejad en se recueillant sur la tombe du fondateur.
"Nous sommes toujours au début du chemin et des évolutions plus grandes sont à venir. Cette révolution va se poursuivre grâce à Dieu jusqu'à l'instauration de la justice", a-t-il ajouté. "Bien que cette révolution ait eu lieu en Iran, elle n'est pas limitée aux frontières iraniennes", a-t-il ajouté.
Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, le président Ahmadinejad et ses ministres ainsi que des responsables militaires ont assisté dans la matinée aux cérémonies au mausolée de l'imam Khomeiny, dans le sud de la capitale.
Les célébrations durent 10 jours et se terminent le 10 février avec l'anniversaire de la chute du régime du Chah, parti en exil quatre semaines avant le retour de l'imam Khomeiny.
La cérémonie a été marquée par des slogans contre les Etats-Unis et Israël et des slogans pour condamner la récente attaque de l'Etat hébreu contre Gaza.
"Grâce à l'islam, nous avons vu la victoire à Gaza et au Liban", a déclaré Hassan Khomeiny, le petit-fils du fondateur de la révolution, dont les propos ont été accueillis par des slogans "mort à l'Amérique", "mort à Israël".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com