Les jeunes et le perfectionnisme : Un peu, beaucoup, pas du tout…





La majorité des jeunes ont une apparence soignée. Normal, les apparences comptent tellement de nos jours ! Mais plusieurs ne se contentent pas de soigner leur paraître, ils font en sorte de tout parfaire. Entiers, ils ne font pas les choses à moitié. D’autres lâchent prise très vite. Le perfectionnement est leur pire ennemi. Justement, les jeunes sont-ils perfectionnistes ou cultivent-ils au contraire l’art du laisser-faire, laisser-aller?

Tunis - Le Quotidien
Avant de sortir, nombre de jeunes sont prêts à galérer pour ôter un poil superflu par-ci ou un bouton disgracieux par-là. Ils tiennent à avoir un aspect irréprochable. Paradoxalement, la majorité des jeunes gens vivent dans un vrai fourre-tout. Si l’on entre dans leur chambre, l’on peut croire qu’une tornade a dû passer par là tellement les lieux sont désordonnés. Ceci mène à croire que les jeunes ne seraient perfectionnistes qu’en ce qui concerne l’aspect apparent des choses. Mais poussé à l’extrême, le perfectionnisme peut ressembler à une maniaquerie. Dès lors, un jeune se met en quête d’une image parfaite de soi et du monde qui l’entoure. Or, il risque de se heurter à une vie quotidienne morne et peu satisfaisante. Il peut donc perdre son enthousiasme et devenir partisan du moindre effort. Toutefois, certains jeunes ne se montrent pas perfectionnistes par besoin de bien faire les choses. Cela émane plutôt de la crainte d’affronter le déplaisir des autres. Croyant que le regard des gens importe plus que la réussite en elle-même, ils ne fignolent un travail que lorsqu’ils sont sous contrôle. Le cas échéant, ils préfèrent ne rien faire ou très peu à faire. D’ailleurs nombreux sont ceux qui aspirent juste au passage d’une classe à une autre. Rares sont ceux qui ont pour ambition d’atteindre l’excellence. Ce qui compte le plus pour eux, c’est de pouvoir réussir peu importe le degré d’appréciation.
Haykel, 19 ans, appartient à ceux qui s’investissent à moitié en ce qui concerne les études. Pour le reste, le jeune homme est assez méticuleux. Il se montre perfectionniste s’agissant de causes communes ou de travaux qui impliquent les autres. «Je ne vais pas prétendre être vraiment perfectionniste. De temps à autre, je me montre vraiment paresseux et partisan du moindre effort. Surtout en ce qui concerne les études. Mais je ne me permets cette paresse que lorsque je suis le seul concerné. Toutefois je ne peux pas non plus sortir sans soigner mon look. Je ne peux pas non plus manger n’importe quoi, quitte à ce que je reste sur ma faim. Mais je peux négliger le rangement de ma chambre. Et je ne tiens parfois pas compte de la révision de certaines matières. L’essentiel pour moi c’est que je réussisse, peu importe la manière. Après tout, ce qui compte, c’est le résultat. Par contre, si je rends service à quelqu’un d’autre, je fais en sorte de bien faire les choses. Il faut que mon vis-à-vis soit totalement satisfait. Je trouve ignoble de mal servir les autres. D’ailleurs, ce serait comme les prendre pour des ignorants et c’est une marque d’irrespect envers autrui, chose dont je suis incapable de faire», dit-il.
Rabîi, 20 ans, ne se montre fignoleur et minutieux que lorsqu’il fait quelque chose qu’il aime. «Je n’aime pas toutes les matières que j’étudie. Ce sont les matières que je préfère que j’essaye de perfectionner. Et même si j’essaye, je n’y parviens pas. Je me dis à quoi bon me dépenser si de toute façon le résultat est le même ! Je ne fais donc pas de grands efforts. Par contre, je pratique le sport avec grand amour. Je m’y adonne entièrement. Je pense que je ne perfectionne que les choses que j’aime vraiment. D’ailleurs, même s’agissant de relations, je crois que c’est envers ceux qu’on aime profondément que l’on se montre vraiment dévoué. Pour le reste, cela dépend des jours et de mon état d’âme. Il m’arrive d’avoir parfois envie de bien faire les choses. D’autres fois, il suffit que je sois contrecarré pour que je ne mette pas la main à la pâte. Certes, je sais que le moyen le plus sûr d’atteindre nos objectifs est de soigner ce qu’on fait. Mais certains plaisirs de la vie et certaines tentations nous poussent parfois à bâcler et à ne pas faire les choses avec soin. Il m’arrive d’avoir une grande énergie et cela m’aide à bien faire les choses. Mais de temps à autre, je laisse aller les choses. Certes, je voudrais tant faire partie de la crème, mais il est difficile de faire durer la flamme de l’enthousiasme. Toutefois, même si je néglige certaines choses me concernant ou concernant mes devoirs et mes études, je tâche de ne présenter aux autres que des choses dignes. Par exemple, je n’offre qu’un cadeau qui a de la valeur et je fais en sorte de parfaire mes services. Dans ce domaine, les choses ne doivent pas être faites à moitié», dit-il.
Ahmed, 20 ans, n’est pas très perfectionniste. Le jeune homme peut se contenter du peu. Il ne fait bien les choses que lorsqu’il est dans un état psychologique qui le lui permet. «Mon état psychologique influe sur ma manière de procéder. Lorsque je me sens bien dans ma peau, je fais bien les choses. Mais si je suis vraiment mal, je laisse traîner certaines choses. Ma chambre devient un vrai fourre-tout et même mon allure reflète mon état d’âme. Je sais que je suis redevable de parfaire ce que je fais parce que cela maximise mes chances de réussite, mais cela me dépasse parfois», dit-il.
Mohamed, 18 ans, est en plein dans la phase idéaliste. A présent, il ne va pas vraiment au fond des choses. Look soigné, habit fashion et l’affaire est faite. «Je pense avoir une apparence soignée. Je reste un bon bout de temps devant le miroir pour soigner mon allure. Cheveux, barbe, senteur, habit, chaussures: tout doit être parfaitement représenté. L’apparence est la première chose qui se met en valeur. Si on est bien dans sa peau et que les autres apprécient notre apparence, beaucoup de portes nous seront ouvertes. C’est ma première devise dans la vie surtout par ces temps où la matière fait loi. Cela dit, en ce qui concerne les études, je me contente de passer d’une classe à une autre», dit-il.


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com