Le mot juste : Le bon commerce





Que pourrais -je offrir à un ami mélomane qui viendrait me demander avant son départ au Japon un souvenir musical tunisien?
Saliha , m’empresserai- je de répondre à mon interlocuteur en ajoutant “C’est bien l’année de la diva tunisienne” dont on vient de fêter le cinquantenaire de sa disparition.
Oui mais où trouverais-je un enregistrement digne de la disparue? Autant que mon invité?
Là, je n’ai pu trouver réponse.
Où justement pourrait-on trouver un bon enregistrement musical en Tunisie? un enregistrement de musique tunisienne s’entend? Eh bien, nulle part. Le bon enregistrement de la bonne musique n’intéresse personne. Les commerçants de la chose musicale ne s'intéressent qu’aux “Mezzaoudia” et accessoirement aux minettes du Liban. Car seul cela est vendable chez-nous. Tant pis pour mon ami je lui ferais un enregistrement piraté “légalement” d’un vieux disque de Saliha.
Je ne peux cependant m’empêcher de réprimer cette question: Pourquoi les autorités culturelles qui organisent un festival de la musique tunisienne et toutes sortes de galas tapageux et qui pèsent lourdement sur nos sommeils d’été et nos budgets ne pensent pas à graver dignement dans les supports les plus respectables notre patrimoine musical, le plus représentatif de notre identité culturelle.
On la fait une fois, me souvient-il, pour le cinquantenaire de Khémais Ternane. Et puis plus rien. Ni Jouini, ni Saliha, ni Riahi, ni Kalaiî...Et doucement mais sûrement, ces symboles perdent leur force et tombent dans l’oubli, cependant que le goût s’abêtit et, forcément les moeurs deviennent moins douces.
Il y a donc du travail à faire pour allumer le bon souvenir, pour imposer le bon goût, pour approfondir la culture. c’est le rôle des autorités culturelles. Non pas, bien entendu de faire de commerce, mais de favoriser celui qui est le plus utile.


A. Y. 




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com