E.N. : Coelho avait-il raison de jouer la prudence ?





Tunisie - Hollande disputé le 11 février a suscité divers commentaires. On n’a guère apprécié le «visage» défensif de la sélection nationale particulièrement en première mi-temps. Les uns estiment que Coelho a été trop prudent, les autres, en revanche, pensent qu’il avait raison d’opter pour cette tactique.
Pas de bonne équipe sans une bonne assise défensive. C’est un adage, une logique irréfutable enfootball. L’équipe de Tunisie a, encore une fois, montré sa solidité défensive mercredi dernier contre la Hollande. Sous la conduite de Coelho, la sélection a déjà fait échec au Ghana à Accra (0-0) et le Burkina Faso à Ouagadougou (0-0)
Le sélectionneur était satisfait, mercredi, des bonnes performances du quatuor défensif et du duo de récupérateurs Saihi-Ragued. C’est vrai que ces deux joueurs ont été bons, ils ont empêché, dans leur zone, les Néerlandais à développer efficacement leur jeu, mais avec un troisième milieu défensif, Demai, on a remarqué qu’ils ont pratiquement le même registre et que l'un des trois est de trop. Nous pensons qu’il faudrait associer en duo suscité un joueur dont la maîtrise du ballon pourrait en faire la rampe de lancement du jeu offensif des Tunisiens. Car au niveau de l'animation offensive, il n’y avait, par contre, pas grand-chose à souligner. Le but de Saihi (frappe lointaine) témoigne de l’incapacité de la sélection nationale de combiner pour jouer les coups autrement que sur des inspirations (par définition inconstantes) de ses éléments offensifs de base.
Quoiqu’il en soit, c’est tout de même un milieu de terrain purement défensif qui a été aligné sans doute pour faire face au gros potentiel offensif néerlandais. En attaque, Chermiti à droite, Ben Khalfallah à gauche, en soutien de Selliti. Comme les deux premiers ont constamment fait l’effort de se replier défensivement, les balles longues sur Selliti, escorté la plupart du temps par deux défenseurs, ne peuvent pas lui procurer des occasions. Surtout qu’entre les mauvaises passes et les ballons perdus, Selliti a, sans doute, trouvé le temps long devant.


Le talent offensif existe
Depuis l’avènement de Coelho, le grand chantier de l’Equipe de Tunisie concerne essentiellement l’attaque. En six rencontres, sous l’ère du Portugais, les Tunisiens n’ont marqué si l’on excepte le 5-0 infligé à la modeste équipe des Seychelles, que 3 buts. Le potentiel défensif du Ghana, du Burkina et de l’Angola (1-1) est pourtant loin d’être «costaud».
Humberto Coelho cherche en tout cas toujours la formule idéale en attaque. La recette miracle. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais, il n’a pas mis les doigts sur les joueurs qu’il fallait en tenant compte à la fois de leur valeur et de leur complémentarité.. La priorité du sélectionneur est de dégager une hiérarchie. Le plus rapidement possible. Pour créer des automatismes et dégager l’assurance et la sérénité qui font défaut à l’attaque tunisienne. Et pour redonner confiance à un secteur qui fragilise l’équipe.


Souissi, Saihi et d’autres encore
Et pourtant, comme dirait Charles Aznavour…Le talent ne manque pas. Toujours est-il qu’il faudrait trouver la bonne combinaison. La classe des avants dont on dispose-nous pensons également à ceux que le sélectionneur n’a pas retenu- doit permettre à la Tunisie de s’imposer à Nairobi le 28 mars prochain et entamer, ainsi, victorieusement ce tour décisif pour la qualification au Mondial 2010. Toutefois, l’équipe de Coelho ne pourra remporter sa double confrontation avec le Nigeria que si elle fait preuve d’audace et d’intelligence sur le plan offensif, que si ses hommes de l’avant, évoluant dans un contexte favorable, trouvent le juste choix. On fera plier les « Green Eagles » si, par exemple, il y a plus d’implication des latéraux et des milieux défensifs. Il faudra également accélérer le jeu un peu plus, être plus en mouvement, demander plus le ballon, se créer davantage d'occasions, tout en restant concentré et costaud derrière.
La sélection nationale-reconnaissons-le- a démontré, par moments, à la reprise qu’elle savait jouer au football lorsque Coelho a ajusté le tir en rééquilibrant sa formation. On vit alors l'équipe de Tunisie jouer un peu plus vite, les milieux collés à leurs avants qui tentèrent, particulièrement Jemaâ, de bouger, de permuter et de venir inquiéter assez souvent la défense néerlandaise. «On a gagné deux joueurs ce soir (Ndlr : mercredi 11 février), Saihi et Souissi qui ont montré toute leur classe», a souligné le sélectionneur national après ce match. Il y a, sûrement, d’autres qui piaffent d’impatience de montrer leur talent ou d’avoir une nouvelle chance…


Hassen EL MEKKI


* Nabil Maâloul : «A Naïrobi, un autre match et d’autres hommes»


«En tenant compte de la valeur technique individuelle et collective de la Hollande, Coelho a opté pour une tactique très intelligente car le 4-3-2-1 a permis de contrôler l’adversaire et de l’empêcher de s’exprimer pleinement en attaque. N’oublions pas que nos joueurs étaient confrontés à des adversaires très doués et capables d’exploiter la moindre brèche ou erreur. Cette tactique était nécessaire et les Tunisiens ont réussi à l’appliquer presque parfaitement.
J’estime qu’il y a plusieurs satisfactions. Les défenseurs, en particulier Souissi et Jmel ont sorti un grand match, alors que Ragued a fait étalage de ses qualités athlétiques et tactiques. Saïhi et Daâmi ont disputé leur premier match sous les couleurs tunisiennes et ils n’ont pas démérité, même si le second a fait preuve d’une grande nervosité et son remplacement s’imposait. Sur le plan offensif, les Tunisiens étaient timides en première mi-temps malgré la présence de Selliti, Ben Khalfallah et Chermiti. Ce dernier a évolué sur le flanc gauche, là où il ne peut s’exprimer comme il se doit et Coelho qui ne connaît pas encore les qualités de tous ses joueurs aurait dû être mieux conseillé pour placer son attaquant là où  il donne la mesure de son énorme talent. La seconde mi-temps a été très utile au sélectionneur qui a opéré plusieurs changements et qui a constaté que le potentiel offensif de son équipe lui permettait, avec l’apport de Jemâa et Belaïd, de créer plus de danger dans la zone adverse. Durant cette mi-temps, le bloc est monté encore plus haut et l’entrejeu a davantage soutenu la ligne offensive. Ceci prouve que Coelho n’avait pas donné des instructions pour ne pas prendre des risques puisque Yahia, Belaïd et même Saïhi ont été très actifs permettant à Jemâa de jouer beaucoup plus en profondeur.
Ceci dit, pour le rendez-vous de Naïrobi et comme à chaque match sa vérité et… ses hommes. Je suis persuadé que Coelho va compter sur d’autres joueurs beaucoup plus rompus à l’ambiance de la compétition africaine et ayant plus d’expérience à ce niveau. D’ici là, on va oublier ce match contre la Hollande et prendre en considération les caractéristiques d’un match différent à Naïrobi. A mon avis, la suite des éliminatoires dépendra beaucoup du résultat de ce premier match. Tout le monde doit s’y mettre pour bien préparer cette échéance et rentrer avec un résultat positif qui rendra la suite plus avantageuse».


Kamel ZAÏEM


* Ameur Hizem : «Coelho avait raison»


«Je suis totalement d’accord avec le Portugais. Jouer franchement le jeu face aux Hollandais aurait été tout simplement suicidaire. Les joueurs se replient instinctivement quand ils n’arrivent pas à rivaliser avec leurs vis-à-vis à l’entrejeu.
La prudence était donc nécessaire notamment en première période. Le mieux était donc de passer sans dégâts la mi-temps, de ne pas encaisser de but d’entrée. Ceux qui optent pour une tactique offensive se trompent énormément.
Les matches de préparation servent aussi à renflouer le capital confiance. Faire match nul avec la Hollande est encourageant. Imaginez, par exemple, les conséquences d’une lourde défaite mercredi dernier. Tout le monde se serait attaqué à l’entraîneur et aux joueurs, à commencer par les médias.
En conclusion, j’estime que les deux matches joués contre la France, malgré la défaite et la Hollande ont été très utiles. Il appartient maintenant à Coelho d’effectuer les meilleurs choix au niveau de la tactique et des hommes lors du match contre le Kenya qui constituera, peut-être, la clé des éliminatoires de la CAN et du Mondial 2010».


Jamel BELHASSEN


* Mohamed Ali Mahjoubi : «Le recours à Ben Radhia s’imposait»


«Tout le monde s’accorde à reconnaître que Coelho a prôné l’option défensive. Celle-ci a même été sévèrement mise au pilori au vu de son aspect carrément renonciateur. En première mi-temps, le Portugais en a, il est vrai, abusé. Mais, face à un aussi gros calibre que la Hollande, il n’est pas tout à fait à blâmer car il fallait garder, le plus longtemps possible, nos filets vierges.
Les consignes prodiguées aux deux latéraux, Souissi et Jmal, de ne pas s’enhardir devant, vont d’ailleurs dans ce sens.
Cette attitude défensive n’a, du reste, pas concerné uniquement les défenseurs. En effet, les attaquants aussi ont été impliqués, si bien que Chermiti et Ben Khalfallah ont constamment défendu, laissant Selliti, de surcroît peu compétitif, complètement isolé.
En seconde mi-temps, toutefois, les correctifs apportés ont eu pour impact direct de «fouetter» davantage l’animation offensive, le jeu des Tunisiens étant devenu plus aéré surtout avec le concours plus agissant de Wissem Ben Yahia et Belaid.
Je reprocherais, cependant, à Coelho de ne pas avoir aligné Ben Radhia, d’autant plus que le contexte de la seconde mi-temps s’y prêtait. De même, Issam Jemaâ aurait dû se circonscrire, de façon plus prononcée, au couloir gauche. Pour sa part, Chermiti aurait dû avancer d’un cran. Ceci dit, face au Kenya, cette option ne doit absolument pas être  privilégiée de nouveau. Le standing de la Tunisie, ainsi que son ambition de se qualifier au Mondial devraient l’exhorter à être autrement plus conquérante».


Wahid SMAOUI


* Mokhtar Dhouib : «Le flanc gauche de la défense, maillon faible»


«J’estime que l’envergure de l’adversaire, ainsi que l’importance du résultat ont acculé le sélectionneur national à opter pour des choix défensifs, contrairement à ses conceptions coutumières.
En outre, l’impératif de se présenter avant notre rencontre officielle face au Kenya, dans les meilleures conditions, notamment morales, constitue un autre critère que Coelho a pris en compte.
Pour ces raisons bien précises, le Portugais n’a pas tout à à fait tort, surtout à l’entame du match.
Il fallait absolument éviter d’encaisser des buts, en mettant en échec la percussion offensive adverse.
Quoi qu’il en soit, la rencontre n’avait qu’un caractère amical et elle était propice à l’expérimentation de certaines options. Ce fut aussi une belle opportunité pour mettre à l’épreuve le potentiel humain dont dispose, pour l’heure, Coelho. A mon humble avis, c’est le flanc gauche de la défense qui a constitué le maillon faible».


N.B.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com