Cette chine qui pèse sur le monde





La Chine est un pays dont le poids pèse de plus en plus lourd sur la scène internationale, mais qui reste tout de même fragile car à moitié développé, à moitié tiers-mondiste.
La République populaire de Chine, un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, est le pays le plus peuplé du monde avec environ 1.360.445.010 habitants, ce qui en fait le plus grand marché du monde. C’est également le plus grand pays d’Asie centrale et le troisième plus grand au monde après la Russie et le Canada.
Aujourd’hui, si tous les pays essayent de conquérir la Chine, c’est que «l’Empire du Milieu» est classé deuxième puissance économique mondiale, selon le calcul du produit intérieur brut (PIB) en parité de pouvoir d'achat (PPA).
Le poids économique et, surtout, commercial de la Chine  a beaucoup augmenté, avec l’effort d’investissement et les gains de productivité élevés ainsi qu’avec les coûts salariaux faibles.
Ceci conduit à des flux d’investissements directs très importants vers la Chine, un phénomène lié au poids de cette république qui joue actuellement le rôle de locomotive pour la croissance de nombreux Etats, en particulier, le Japon et les autres Etats émergents d’Asie.
Le cas du Japon est édifiant à cet égard: les exportations vers la Chine connaissent une ascension fulgurante et «l’Empire du Milieu» est de loin le marché à l’exportation le plus porteur pour le Japon.
Ainsi, sur le plan économique, la Chine est devenue un partenaire difficile à contourner. Le monde doit compter avec ce géant qui ne met pas de limites à ses ambitions.


Fragilités
Mais malgré son statut de grande puissance, la Chine reste fragile sur plusieurs niveaux tant sur le plan intérieur que sur la scène mondiale.
Sur le plan intérieur, le rapide vieillissement de la population inquiète sérieusement les autorités chinoises. Selon un rapport publié par  l’Office national du vieillissement chinois, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans  pourrait atteindre, en Chine, à la moitié du 21e siècle, le nombre de 430 millions, soit une personne sur trois.
L’autre problème majeur pour les Chinois n’est autre que la dépendance énergétique: l’économie chinoise est, en effet, très consommatrice d’énergie. C’est le deuxième consommateur de pétrole derrière les USA et le premier consommateur de charbon. Mais elle en manque cruellement. La Chine est le 5e producteur mondial de pétrole, mais la production nationale ne suffit pas. Et la part du nucléaire ne représente que 0,5% de la production énergétique du pays.
Cette grande consommation énergétique fait de la Chine un pays très pollué et, donc, sujet à une grave crise écologique.
Le déséquilibre entre les provinces, les tensions sociales, liées notamment à la répartition de la terre et des richesses, la pauvreté en milieu rural - on estime que cent trente millions de Chinois vivent avec moins d’un Euro par jour -  sont autant de facteurs qui freinent l’ascension de la Chine et entravent, entre autres, ses ambitions politiques sur le plan mondial. Parce qu’en matière de politique internationale, la stratégie de la Chine s’apparente à un exercice d’équilibriste.
Si la Chine maintient des relations diplomatiques avec la plupart des pays du monde, elle fait de la reconnaissance de la politique d’une «seule Chine» (Taïwan comme province du pays) une condition sine qua non pour nouer des relations officielles.
En plus de Taïwan, la Chine est impliquée dans plusieurs différends territoriaux, notamment avec l’Inde, et reste en grande partie handicapée par un problème majeur, sujet à controverses et qui fâche à Pékin, en l’occurrence le Tibet .
Mystère
Ainsi, la Chine est un pays qui suscite la curiosité. Il est à moitié développé et à moitié tiers-mondiste.
Si la moitié tiers-monde peine encore à sortir de ses impasses, l’autre moitié développée agit comme une véritable superpuissance dans un monde où la bipolarité opposant les USA à l’URSS est révolue.
Face à une communauté internationale qui semble craindre ce géant asiatique, Pékin œuvre à occuper une place de premier ordre sur l’échiquier international et même à avoir des ambitions coloniales, notamment en Afrique.
S’il s’avère un acteur déterminant de l’économie mondiale, «l’Empire du Milieu» demeure, néanmoins, un monde à part, enveloppé de mystère sur bien des aspects.

Fatma BEN DHAOU OUNAÏS

La chine rang et classement

* 4e en surface avec 9,60 M km2
* 1e en frontières terrestres avec  22 000 km
* 1e en population: avec  1.360.445.010 habitants
* 2e en PIB à PPA: avec un revenu près de 6 000 Milliards de $
* 1e dans les TV: avec une production annuelle de 73,3 M d’unités, soit environ 25% du total mondial.
* 1e dans les jouets: avec 20.000 entreprises de jouets, produisant 70% du total mondial.
* 1e dans  les chaussures: avec 2300 entreprises et une capacité annuelle de 7 M de paires.
* 3e exportatrice de biens: derrière les USA et l’Allemagne
* 2e en réserves de change: avec 769 M de $ de réserves de charge officielles fin septembre 2005.
* 1e en réseau de téléphonie: avec 383 M de souscripteurs à un téléphone portable et 348 M à une ligne fixe.
* 2e en accès Internet: avec environ 103 M d’internautes.

Shanghaï ville de tous les records

Shanghaï traduit l’envol économique de la Chine. Un dollar sur vingt du PIB chinois provient de cette ville et 1/5 des exportations du pays transite par sa zone portuaire.
Shanghaï est la ville la plus peuplée de Chine et une des plus denses avec 2804 habitants au kilomètre carré (en 2006).
Après avoir dépassé le port de Rotterdam  en 2003, celui de Hong Kong en 2004 et celui de Singapour en 2005, Shanghaï est désormais le plus grand port du monde avec un trafic de 443 millions de tonnes en 2005.
Aujourd’hui, la ville est un centre financier de l’Asie. Sa croissance à deux chiffres, sa mutation cosmopolite et son essor culturel l’appellent à devenir une métropole mondiale, aux côtés de New York, Londres ou Paris.
Elle accueillera l’exposition universelle en 2010.

Premier marché automobile mondial

La Chine est devenue en janvier le premier marché automobile mondial devant les Etats-Unis, selon les médias chinois, après l’effondrement du marché américain, jusqu’alors numéro un.
La télévision centrale chinoise a annoncé récemment que la Chine avait vendu 735.000 automobiles en janvier alors que les ventes aux USA n’ont pas dépassé 656.976 unités.
Les ventes chinoises ont été aidées par de récentes mesures du gouvernement qui a décidé entre-autres  de baisser de 10% à 5% la taxe à l’achat de véhicules neufs avec des moteurs égaux ou inférieurs à 1,6 litre à partir de mi-janvier et jusqu’à la fin de l’année.
L’essor a aussi touché le marché des voiture de luxe. Ferrari par exemple vend une centaine de voitures par an.
Deux petits bémols gâchent, par contre, cet essor: le nombre effrayat de morts sur les routes en Chine et la pollution liée au grand nombre de voitures.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com