M. Abdelaziz Darghouth, DG de «Arts&Déco» : «Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir»





Pour M. Abdelaziz Darghouth, un des jeunes dirigeants très actifs opérant dans le secteur du textile habillement, la crise actuelle pourrait être un point de départ pour un nouveau développement du textile tunisien sur des bases solides, mais à condition de tracer un plan stratégique clair et performant pour bien saisir les opportunités qu’elle générerait.
n  Quels sont les principales difficultés actuelles pour l’exportation des produits du textile Tunisien ?
Je crois que la première difficulté pour le textile tunisien est la crise actuelle qui touche les principaux marchés traditionnels de la Tunisie, à savoir les pays européens.
Aujourd’hui, les pays européens souffrent de plusieurs problèmes du pouvoir d’achat, notamment à cause du chômage dont les taux sont en croissance continue, que ce soit en Europe ou également aux Etats-Unis. Dans cette conjoncture, les achats des produits du textile n’intéressent plus le consommateur européen qui se préoccupe beaucoup plus de sa nourriture que de son habit.
Outre cette crise, les professionnels du textile tunisien sont confrontés à un autre problème, celui de la marge de bénéfices qui devrait enregistrer une nouvelle baisse en ces temps de régression de la demande et de la chute des prix en même temps.
Il ne faut pas oublier dans ce même cadre la concurrence internationale, en particulier des pays asiatiques, dont les prix des produits du textile se stabilisent à des niveaux très bas.
Les professionnels du textile tunisiens sont-ils capables de résister face à cette situation de «non-marge»?  C’est là la principale question qui se pose dans cette conjoncture.
L’entreprise tunisienne opérant dans le secteur du textile est confrontée, aujourd’hui, à d’autres problèmes, notamment au niveau de l’assistance financière pour pouvoir relever les défis de la prochaine période.
n  Comment peut-on s’en sortir ?
Je pense qu’il faut suivre de très près les entreprises tunisiennes de ce secteur, pour pouvoir intervenir au moment opportun et les aider à dépasser cette crise.
Il faut préparer, par ailleurs, un plan stratégique pour les dix prochaines années pour assurer le développement du secteur et faire face à d’autres éventuels problèmes.
Je crois également que ce plan doit être focalisé, en premier lieu sur les entreprises les plus performantes et qui peuvent être demain des vrais «champions» et vendre leurs propres marques que ce soit en Europe ou même à l’échelle internationale.
Aujourd’hui, près de 80% de la valeur ajoutée des produits textiles sont réalisés en Europe. Donc si on parvient à aller chercher ce taux de valeur ajoutée, ce serait très important pour le développement de notre textile.
Je pense, par ailleurs, que la conjoncture actuelle oblige les professionnels tunisiens à se regrouper et à agir ensemble, du moins au niveau de la présentation des produits du textile tunisien dans les salons et les foires internationales…
n  Comment voyez-vous l’avenir
du textile tunisien ?
Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Je suis toujours optimiste et je crois qu’on peut sortir de cette crise, même plus fort qu’auparavant d’autant que les opportunités existent encore.
Le textile tunisien existe depuis l’ère des Phéniciens,  et je suis sûr que, durant tous ces siècles, il a connu différentes crises, peut-être plus dures que celle de nos jours. Mais tant que nos ancêtres s’en sont sortis remarquablement, je suis sûr qu’on peut, nous aussi, relever ce défi actuellement.


Mohamed ZGHAL




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com