Mme. Sana Fathallah Ghenima, PDG de « SanabilMed » : «Ça pourrait aller mieux»





Elue meilleure femme chef d’entreprise en Tunisie pour l’année 2008, Mme. Sana Fathallah Ghenima pense que la Tunisie a réalisé un important progrès en matière d’assistance aux PME, mais il reste encore beaucoup à faire, et que ça pourrait aller mieux.
Ingénieur en génie industriel, Mme. Sana Fathallah Ghenima a lancé, en 2003, sa propre entreprise « SanabilMed » spécialisée dans l’édition numérique et interactive, et a réussi, depuis, à se forger une place importante au niveau du marché des nouvelles technologies en Tunisie.
Commentant la situation et les problèmes des jeunes dirigeants tunisiens actuellement, Mme. Ghenima cite certaines difficultés d’ordre administratif, financier, et même de marché qui constituent des obstacles majeurs pour le développement des jeunes PME tunisiennes.
Elle explique, en effet, qu’au niveau de la création d’entreprises, la Tunisie a réalisé un important progrès avec plusieurs incitations et avantages réservés aux jeunes dirigeants. Mais le problème réside, selon Mme. Ghenima, au niveau de la phase de développement de l’entreprise au cours de laquelle le jeune dirigeant se trouve confronté à d’importantes difficultés de différents types.
   Le premier problème n’est autre que la lourdeur des procédures administratives, source d’une perte de temps énorme pour le jeune dirigeant, en particulier dans le domaine des services.
Et d’ajouter que le jeune dirigeant, lui-même, souffre d’un manque d’information au niveau des procédures administratives, et qu’il a besoin d’une formation administrative afin d’améliorer sa relation avec l’Administration tunisienne.
Mme. Sana Ghenima ne cache pas, dans ce cadre, son rêve de mettre en place un vrai système d’administration électronique en Tunisie, d’autant qu’il permettra aux jeunes dirigeants de réaliser des gains de temps importants et de réduire leurs charges.
Outre les procédures administratives, Mme. Ghenima pense que le système bancaire représente un autre obstacle pour les jeunes dirigeants qui se trouvent obligés à présenter des garanties aux banques tunisiennes pour assurer le développement de leurs entreprises, une fois qu’elles sont créées.
« Les banques tunisiennes, et même la BFPME, soutiennent la création des entreprises, mais elles obligent, après, les jeunes dirigeants à revenir à la case départ, en leur exigeant des garanties réelles, qu’ils n’ont souvent pas, pour leur assurer le financement du développement de leurs entreprises », souligne-t-elle.
Mme. Ghenima pense, en effet, qu’il faut revoir le système de financement des entreprises, notant que les banques doivent accorder des financement aux jeunes dirigeants sur la base de la rentabilité de leurs entreprises et non pas sur la base de certaines garanties réelles.
Notre interlocutrice estime, par ailleurs, qu’il faut aider les jeunes dirigeants à accéder à certains marchés locaux, restés jusque-là réservé aux grandes entreprises.
Mme. Sana Fathallah Ghenima conclut que l’avenir des jeunes dirigeants tunisiens serait certainement bon, et que ça pourrait aller mieux, mais à condition de déployer encore plus d’efforts pour dépasser ces différents problèmes.


Propos recueillis par Mohamed ZGHAL




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com